Aïki Mag n°9 déc 04 à mai 2005
Aïki Mag n°9 déc 04 à mai 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de déc 04 à mai 2005

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 878 Ko

  • Dans ce numéro : Sylvia Noll, une énergie à toutes épreuves.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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aïkibudo « En temps de paix, l’essence des arts martiaux c’est l’enseignement. Dans le mot ryu il y a l’idée de courant. Dô, c’est la voie, c’est quelque chose qui passe. Si on arrête d’enseigner, ce n’est plus la voie, c’est seulement une technique. La technique martiale vise uniquement à tuer, alors que le but des arts martiaux est de former la personnalité. » Maître Minoru Mochizuki. LES BASES DE L’AÏKIBUDO (II) LA NOTION D’UKEMI Nous poursuivons ici la série d’articles consacrés aux bases de l’AÏKIBUDO avec ce deuxième volet sur l’étude de la difficile notion d’UKEMI WAZA, soit l’art de réceptionner son corps à l’occasion d’une projection sur le sol, quelle soit volontaire ou non. Cette partie fondamentale du programme n’est certes pas l’apanage de notre Art mais nécessaire pour notre intégrité, et se retrouve pour beaucoup dans la plupart des disciplines martiales japonaises. Toutefois, l’approche de l’UKEMI en Aïkibudo diffère dans la stratégie mise en œuvre et l’exploitation réaliste et utilitaire de cette partie du programme, dont la maîtrise permet, en sacrifiant volontairement sa propre verticalité d’exploiter pleinement la richesse des notions de SUTEMI WAZA et de KAESHI WAZA. 20 1°/LA NOTION D’UKEMI : UKEMI peut être traduit par réception (UKE) du corps (MI), et est improprement transcris en français par le terme réducteur de « chutes ». Il s’agit en fait, par le biais d’un mouvement particulier du corps de se réceptionner au sol à l’issue d’une perte de sa verticalité, consécutive soit d’une projection de son partenaire, soit d’une volonté personnelle de se soustraire - la plupart du temps - à une contrainte articulaire, soit d’un sacrifice volontaire de sa station verticale, afin d’exploiter le déséquilibre ainsi créé, au travers de techniques supérieures issues du SUTEMI WAZA. Cette notion complexe tend à permettre une parfaite maîtrise des mouvements de son corps dans l’espace, à l’occasion d’une action qui rebute instinctivement le pratiquant : passer de la position « stable » sur ses deux pieds, à celle inconfortable et potentiellement dangereuse « coucher » parterre, avec les aléas du contact plus ou moins violent avec un « sol » pas toujours aussi « accueillant » qu’un tatami sur parquet suspendu ! Nul progrès réel n’est possible si l’on ne parvient pas à maîtriser les différentes formes d’UKEMI, à coordonner et à automatiser les différents mouvements qui permettent d’effectuer sans choc ni douleur jusqu’aux « chutes » les plus raides. L’amélioration et la maîtrise de l’UKEMI libèrent le pratiquant d’une appréhension légitime qui aurait tendance à le raidir, avec pour conséquence de lui enlever toute possibilité d’attaquer avec souplesse, rapidité et à propos. Cette étude rationnelle des diverses « chutes » se fait progressivement depuis les formes roulées et accompagnées jusqu’aux formes plaquées de diverses hauteurs et formes. Le principe de l’UKEMI consiste toujours à réceptionner son corps lors d’une entrée en contact avec le sol, volontaire ou non, en veillant à réduire à la plus petite surface possible, et notamment en évitant au maximum que la tête ne soit en contact avec celui-ci. Il s’agit, autant que faire se peut de mettre en contact avec le sol une ligne qui partira de l’extrémité d’un bras jusqu’à l’extrémité de la jambe opposée (mae ukemi) et cette ligne se devrait d’être tangentielle à l’une des vertèbres dans le dos. Le souci permanent de l’Aïkibudo reste, ici encore de maintenir l’intégrité physique tant de son propre corps, que de celui de son partenaire qui ne sera pas toujours aussi expérimenté que soi. Quelle que soit la forme d’UKEMI, les principes communs suivants doivent se retrouver :
- Expiration dans le mouvement pour arrondir le corps (inverse de l’inspiration), ce qui permet de mettre la cage thoracique dans la disposition idéale, - Plaquage systématique du menton sur le haut de la poitrine, ce qui là encore permet de placer la tête dans une position sécurisée, en protégeant les vertèbres du rachis cervical, - Regarder dans la direction de l’UKEMI, pour appréhender la réception et la remise en garde, - Remise de garde (KAMAE) systématique (ZANSHIN) - KIME dans l’action de l’UKEMI (tonicité musculaire, pour tenir compte de l’élasticité naturelle du corps (gainage et non relâchement car sinon risque de blessure). - Bras tonique en forme de cercle ; -Maîtrise et Contrôle de bout en bout de l’UKEMI, qui devra être souple, silencieux, rond et indolore. 2°/LES DIFFÉRENTES FORMES D’UKEMI : En Aïkibudo, nous distinguons trois familles d’UKEMI qui se déclinent chacune en cinq formes adaptées selon des paramètres de la situation : -Premièrement, l’UKEMI peut résulter d’une projection volontaire, en phase d’étude et d’apprentissage, sur un tatami, sans vitesse ni violence excessive, et parfaitement attendu de la part de SEME. Cette « chute » d’entraînement, en situation idéale de sécurité (espace – temps d’action et de réaction – surface de réception) présente le maximum de sécurité pour celui qui la subi, sans risques réels : elle permet l’exécution de variantes comme la réception en garde basse à genoux. -Deuxièmement, l’UKEMI peut résulter d’une projection efficace portée dans une forme quasiréelle, avec vitesse et détermination, sur un sol inégal et non propice à cet exercice (extérieur), la plupart du temps non attendue par SEME. Cette « chute » en situation réelle et stratégique (espace – temps d’action et de réaction – surface de réception) présente le maximum de danger pour celui qui la subit, avec de sérieux risques de blessures : elle impose l’exécution de forme stratégique adaptée à la surface de réception et une maîtrise parfaite. - LA NOTION D’USHIRO UKEMI : (arrière) Traditionnellement, il s’agit de la première forme enseignée aux débutants, de par son caractère relativement « confortable » (le pratiquent ne regarde pas la direction de la chute) et riche au plan pédagogique. Plus prosaïquement, elle permet de se dégager d’une poussée directe de face, en retrait de corps, puis remise en garde. À la fin de la roulade, on doit se retrouver pieds joints ou pieds décalés, pour se relever verticalement sur place, ce qui permet une parfaite disponibilité pour la remise de garde, laquelle se fera toujours en arrière (recul de la jambe arrière) pour le cas où le partenaire nous aura suivi dans notre chute, après notre retrait devant sa poussée. La ligne de contact avec le sol part de l’extrémité de la jambe arrière, passe par la fesse correspondante, puis traverse le dos jusqu’à l’épaule du côté opposé avant de terminer à l’extrémité du bras correspondant. La main avant initiale permet une protection de la nuque dans la chute, avant d’aider en poussant à se relever. - LA NOTION DE MAE UKEMI : (avant) Dans cette seconde forme d’UKEMI, il s’agit idéalement de se dégager d’une contrainte articulaire en se projetant vers l’avant, pour se réceptionner au plus loin, en reprenant une garde. Elle correspond à l’action inverse de la chute arrière. La ligne de contact avec le sol part de l’extrémité du bras avant, puis le long de celui-ci jusqu’à l’épaule correspondante avant de croiser dans le dos jusqu’à la fesse opposée, puis jusqu’à l’extrémité de la jambe correspondante. Ushiro Ukemi par Cédric Giroux et Paul-Patrick Harmant. La principale difficulté dans cette forme réside dans l’appréhension importante qui résulte de la sensation de tomber dans le vide ; cette crainte salutaire devra être surpassée par une prise de conscience du danger somme toute relative, et de la maîtrise prudente mais certaine que cette technique apporte. Cette confiance mesurée s’acquiert en quelques années de pratique… - LA NOTION DE YOKO UKEMI : (latérale) Dans cette ultime forme d’UKEMI, il s’agit de se libérer d’une contrainte particulière qui ne permet qu’une « chute » latérale, sur la ligne des épaules. La ligne de contact avec le sol part de l’extrémité du bras avant, qu’elle suit le long des épaules avant de rejoindre l’extrémité du bras opposé. Tout se passe comme si le corps était attaché, dans un plan vertical à une immense roue. Cette chute est difficile et nécessite de nombreuses années de travail. Compte tenu de la vitesse importante de rotations et de la verticalité du mouvement, la réception est particulière, et s’effectue en croisant les deux jambes, la jambe arrière du départ devenant celle avant à la fin de la réception, dans une position bien connue des pratiquants de KENJUTSU, le CHIDORI. Cette position permet un arrêt immédiat, en sécurité, puis une reprise de garde instantané en effectuant une rotation ENKA (pivot sur place). Après l’apprentissage élémentaire de ces trois familles d’UKEMI, il restera au pratiquant à intégrer les cinq formes de chacune d’elle, à utiliser selon les opportunités de travail et les circonstances ; l’UKEMI pourra ainsi être : - En forme ROULÉE : la plus pratique, la plus sécurisante, et permettant le moins de choc possible. Elle permet en outre une reprise de garde immédiate en se relevant. Il convient de privilégier ce type de chute chaque fois que la situation le permet. Elle reste la moins traumatisante. - En forme PLAQUÉE : indispensable sur une projection violente et rapide, qui impose, une 21



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