Aïki Mag n°9 déc 04 à mai 2005
Aïki Mag n°9 déc 04 à mai 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de déc 04 à mai 2005

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 878 Ko

  • Dans ce numéro : Sylvia Noll, une énergie à toutes épreuves.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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entretien avec 18 Photos Marc Basler « …L’Aïkido est un art martial ; en tant que tel il est exigeant, ne souffre pas la compromission et la tiédeur ; il exige une pratique rigoureuse, constante, humble et patiente ; il exige un engagement physique et mental total. La contrepartie nécessaire c’est le respect ; c’est le respect qui doit permettre de préserver « l’intégrité physique et mentale » des pratiquants… » Robert Hanns, pratiquant ici avec Yoshida sensei, reste à l’écoute de toutes formes transmises avec sincérité et respect. tous les arts martiaux, c’est pourquoi il leur est supérieur ». Mais je peux aussi comprendre que, tout simplement, par leur tempérament, on peut avoir besoin de plus de défoulement, de confrontation, de compétition, toutes choses louables quand elles s’expriment dans un environnement de qualité. Aujourd’hui vous êtes un enseignant reconnu, mais vous avez également des responsabilités fédérales, quelles sont-elles ? Enseignant reconnu ? Je ne sais pas ; c’est d’ailleurs sans grande importance ; ce que je sais c’est que j’aime partager le peu que sais de l’Aïkido, que j’aime mes élèves et, de ce fait, les accompagner dans leur progression en Aïkido est un plaisir. Je n’ai pas de responsabilité particulière au niveau de la fédération, en ce sens que je n’ai pas une fonction cataloguée ; je suis, encore simple membre du bureau. À part ça j’enseigne comme titulaire dans mon club de Soufflenheim, comme remplaçant à Strasbourg, je suis trésorier de mon club omnisports et je suis aussi président de la ligue d’Alsace. L’Aïkido est un art en perpétuelle évolution, comme l’a voulu son fondateur. Cela vous convient-il ? C’est certain ; l’Aïkido est en perpétuelle évolution parce que l’Aïkido vit ; c’est comme le langage, une langue qui se pratique évolue ; nous ne parlons plus comme au 19e siècle (pour ne pas remonter trop loin) et dans cent ans on ne parlera plus comme aujourd’hui : c’est une langue vivante ; l’évolution de l’Aïkido est liée, je pense à deux facteurs : Le travail personnel des plus anciens, des plus gradés qu’on pourrait appeler experts et qui ne se contentent plus de reproduire à l’identique ce que leurs professeurs leur ont enseigné et la dispersion de l’Aïkido à travers le monde avec la multiplication des pratiquants et des enseignants. Mais, vivre c’est prendre des risques et en assumer la responsabilité ; l’Aïkido vit et de ce fait est exposé à tous les dangers de perversion, de déviance, voire de détournement à des fins pas toujours louables ; c’est pourquoi il est important de définir ce qu’est l’Aïkido ; quels sont ses éléments fondateurs. Mais il faut aussi une structure solide, organisée, capable de permettre à l’Aïkido de vivre et de s’épanouir, aux individualités de s’exprimer ; mais
aussi, capable de le protéger de toutes les dérives auxquelles il est exposé, de préserver son authenticité et ses fondements. Bref il nous faut une fédération dont les diverses composantes techniques et administratives travaillent en harmonie pour un même but, non pas une fédération que chacun utiliserait pour satisfaire ses propres égoïsmes ou ses propres ambitions ; il nous faut une fédération qui favorise l’expression de la diversité des facettes de l’Aïkido, non pas une fédération qui exalterait la « pensée unique » et la monotonie technique. Quels sont éléments majeurs de votre expérience que vous transmettez en priorité à vos élèves ? Que l’Aïkido est un art martial ; en tant que tel il est exigeant, ne souffre pas la compromission et la tiédeur ; il exige une pratique rigoureuse, constante, humble et patiente ; il exige un engagement physique et mental total. La contrepartie nécessaire c’est le respect. C’est le respect qui doit permettre de préserver « l’intégrité physique et mentale » des pratiquants. Mais le respect c’est aussi ne pas « sous-estimer » le partenaire : « Vous devez considérer que votre adversaire est au moins aussi valeureux, fort et intelligent que vous » (G al Mac Arthur). Il convient Illustration Claude Seyfried de pratiquer avec la même rigueur, le même engagement, la même application que le partenaire soit 6 e kyu ou 6 e dan, qu’il soit uke ou qu’il soit tori, seule l’énergie exprimée doit être adaptée à son niveau. Ce respect là, doit amener l’ancien à travailler avec le moins ancien, le débutant à accepter l’expérience de l’ancien. Le respect de l’étiquette vous semble-t-il absolument nécessaire à la pratique de l’Aïkido dans notre époque moderne ? Il y a plusieurs niveaux de réponse à cette question. Pour moi, avant tout, l’étiquette veut dire « politesse », veut dire « respect » ; en ce sens elle contribue à l’organisation de la vie en commun, dans un temps donné (le cours), dans un endroit donné (le dojo). Ces règles s’inscrivent dans un cadre spécial qui est la pratique martiale d’où un certain nombre de gestes et d’attitudes plus ou moins codés, plus ou moins stricts ; qui se réfèrent à une tradition martiale, d’ailleurs plus ou moins comprise ! Mais, je pense que le plus important, ce qui est vraiment fondamental, c’est que l’étiquette doit faciliter la pratique ; elle doit participer à la démarche pédagogique ; elle doit faciliter la concentration, l’écoute et l’assimilation. De tout temps, les hommes ont robert hanns ritualisé certaines pratiques, ont codifié certaines attitudes physiques afin de mieux atteindre la dimension spirituelle ; Pascal ne disait-il pas : « Si vous voulez prier, commencer par vous mettre à genoux » ; en cela l’étiquette est une notion intemporelle et le monde moderne, où les sollicitations sont fortes et multiples, en a peut-être plus besoin qu’autrefois. Mais c’est comme en toute chose, si nous exécutons les quelques gestes que nous impose l’étiquette mécaniquement ou simplement parce que le « prof » l’a dit, elle ne nous sera pas d’une grande utilité si ce n’est la préservation d’une image destinée au spectacle. L’étiquette doit s’inscrire dans une démarche pédagogique globale C’est ainsi que le salut collectif, par exemple, s’inscrit dans la phase « prise en main » du groupe ; le salut individuel doit exprimer, formaliser le respect dont nous avons parlé précédemment ; le silence durant la pratique doit faciliter l’acquisition du savoir ; récemment en rentrant d’un cours à Strasbourg j’ai écouté une discussion de philosophe français contemporain qui, citant un philosophe chinois, disait en substance : « Parler empêche l’écoute ». Existe-t-il, à votre sens, un travail de l’Aïkido en dehors du dojo ? Je pense, en effet, qu’un entraînement assidu, sincère dans le respect des quelques principes que nous avons évoqués, ne manquera pas d’avoir une influence sur nos comportements ; par exemple, dans la mesure où l’Aïkido consiste, entre autres, à résoudre des conflits artificiellement créés pour les besoins de la pratique, cet exercice, maintes fois répété, peut nous aider à gérer les conflits de toutes sortes que nous rencontrons dans la vie de tous les jours, professionnels, familiaux, etc. Mais je voudrais terminer en insistant sur le fait, c’est mon expérience, que les gens qui viennent pour trouver des solutions toutes faites, des recettes, pour résoudre leur problèmes personnels, ne les trouvent pas, que ceux qui viennent, uniquement attiré par les philosophies orientales, ne persévèrent pas, ceux qui viennent parce qu’ils pensent que l’Aïkido les rendra invincibles, repartent très vite,car l’Aïkido est école d’humilité et de patience ; mais tout cela et d’autres choses encore comme la maîtrise de soi, une certaine efficacité face aux adversités de toutes sortes, peuvent venir en « prime » d’un engagement physique généreux et sincère. Ce qui, par contre est certain c’est que, en tout état de cause l’Aïkido, est une activité physique extraordinairement équilibrée qui, bien conduite, peut être pratiquée très longtemps à tout niveau, avec des partenaires de tout âge et de tout sexe. ❁ 19



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