Aïki Mag n°9 déc 04 à mai 2005
Aïki Mag n°9 déc 04 à mai 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de déc 04 à mai 2005

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 878 Ko

  • Dans ce numéro : Sylvia Noll, une énergie à toutes épreuves.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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entretien avec robert hanns Robert Hanns 4 e dan pourrait se satisfaire d’être un enseignant comblé dans son remarquable dojo alsacien. Mais non, il a tenu à s’engager plus encore dans la voie de l’harmonie, en assumant, avec discrétion et efficacité, les fonctions de président de ligue et de membre du Bureau Fédéral. Une transmission respectueuse omment le message C de Morihei Ueshiba vous est-il parvenu ? Il me semblerait prétentieux d’affirmer qu’un message de O’Sensei me serait parvenu ; en ce qui concerne « LE MESSAGE ». D’abord, y en a- t-il un ? Moi je ne suis pas un philosophe de l’Aïkido, je suis un pratiquant ; en tant que tel je ne suis pas obsédé par un message qu’aurait transmis O’sensei ; cela ne me paraît pas très intéressant parce qu’un message transmis ne peut être que conjoncturel (Adapté à son temps) ou sclérosant dans la mesure où il fige les valeurs qu’il contient ; maître Nishio, quand nous lui avons demandé, en 1990, pourquoi il n’a pas encore écrit un livre sur l’Aïkido, nous a répondu : « Si j’écris un livre cela voudra dire que je suis arrivé au bout de ma recherche et que ma pratique ne va plus évoluer ; or ma recherche n’est 16 pas terminée et j’ai peur de figer ma pratique en la mettant par écrit » ; O’sensei nous a livré beaucoup plus qu’un message, il nous a donner l’Aïkido, ou plus précisément il nous a indiqué le chemin, la voie que nous devons suivre pour découvrir, vivre et faire vivre l’Aïkido ; plus que philosopher, il nous faut donc pratiquer ; pratiquer avec sincérité, générosité, honnêteté et constance, ainsi nous avons une chance de découvrir le ou plutôt les messages de O’sensei tels qu’ils s’insèrent dans notre époque et notre vie. Vous référez-vous à un sensei plus particulièrement ? Si vous entendez par là, un sensei japonais, je dirai non ; pour la simple et bonne raison que je n’en connaît pas un particulièrement ; j’ai suivi des stages avec plusieurs ; ceux que j’ai fréquentés plus assidûment sont les maîtres Tamura, Nishio et Yoshida ; tous, sans exception sont d’une grande richesse et leur apport est considérable ; plus ponctuellement, les maîtres Endo, Yasuno, Asaï, Saotome. Par contre je me réfère à mon professeur, Paul Muller, et, à travers lui à ceux qui l’ont formé, Nakasono, Noro, Tamura, Chiba ; Je pense aussi, que l’expression « se référer » n’a pas le même sens quand on est débutant et après 20 ans de pratique ; bien sûr, comme débutant, pour « juger » mon propre travail je me réfère à l’image que mon professeur me donne ; si je suis prétentieux (Qui ne l’a pas été dans ce domaine ?) je juge les autres selon ce même critère ; mais au bout de plus de 20 ans de pratique le mot « référence » prend un sens différent ; mes références, je les porte en moi, elles imprègnent mon comportement et guident ma pratique, elles sont, avec mes propres valeurs, les fondations sur lesquelles, avec mon tempérament, je construis mon édifice ; elles ne sont plus le modèle « parfait » que j’essaie d’imiter. La fidélité à un sensei ou à une école vous paraîtelle indispensable ? Par nature et (ou) par expérience, je me méfie plutôt des « fidélités » Et puis, c’est quoi, la fidélité ? Ne faudrait-il pas d’abord la définir, en dessiner les contours ? La fidélité dans le sens, respect de la vérité du maître, respect des engagements pris est certes louable, mais ne me paraît pas essentielle pour la pratique de l’Aïkido ; la fidélité à un sensei ou à une école, prise au sens d’une constance dans ses attachements, ou pire, au sens de fidèle : « Qui pratique une religion », non seulement ne me semble ni indispensable, ni même utile pour la pratique de l’Aïkido, mais, de surcroît, ne serait pas sans danger pour l’évolution de la personnalité de l’individu et de sa pratique. Cette fidélité peut être une solution de facilité : « Je suis fidèle donc pas responsable » ; cette fidélité là peut tendre à un enfermement, une attitude de repli sur soi : « En dehors de mon maître pas de solution », difficulté de s’ouvrir à d’autres valeurs : « Je détiens la vérité » ; cette fidélité là, érigée en système, ne permet pas à une fédération comme nous la voulons, multiforme et riche de ses diversités, de se développer harmonieusement, d’être un lieu où chacun pourra s’enrichir de la différence des autres, une fédération qui fait vivre ensemble toutes les tendances, toutes les sensibilités de l’Aïkido et qui, pour cela, favorise l’expression et l’épanouissement de toutes ; non pas un champ clos où l’on juxtaposerait des cellules imperméables où l’on cultiverait la fidélité au maître, seul détenteur d’une vérité unique jalousement gardée, un lieu sans conflits et sans drames, certes,
mais un lieu sans vie et sans dynamisme. Cependant, il existe une forme de fidélité qui est indispensable, mais qui n’est pas propre à l’Aïkido, c’est la fidélité à un enseignement, à une démarche pédagogique, elle est nécessaire pour tout enseignement ; je me rappelle de l’interview d’une violoncelliste de renommée internationale qui, parlant de sa formation, disait : « Dans un premier temps il faut suivre l’enseignement du maître qu’on a choisi ; ensuite, quand on a acquis des bases solides, il faut travailler avec d’autres maîtres ; enfin, il faut chercher sa propre voie et développer son art » ; en Aïkido, comme dans n’importe quelle discipline, la démarche doit être la même ; elle n’est en rien exceptionnelle, elle est, je pense, universelle : Acquisition du savoir, enrichissement, recherche personnelle ; la fidélité qui s’inscrit dans ce schéma est indispensable, permanente, mais pas constante dans sa nature ; comme la vie, comme l’Aïkido elle évolue et se transforme ; mais, comme les références dont nous avons parlées plus haut, elle est toujours présente en moi ; elle est exigeante pour l’élève qui ne renie pas l’enseignement de son maître Photos Marc Basler même si après un long travail il s’en était éloigné ; nous connaissons tous des gens qui ont « oublié » qui leur a donné les premiers rudiments d’un art qu’ils prétendent exercer comme s’il leur était tombé dessus par hasard un beau matin de printemps ; fidélité exigeante pour l’élève, fidélité exigeante pour le maître qui doit l’accepter même s’il voit son élève grandir, progresser, voire le dépasser ; Einstein aussi a eu un instituteur, c’est peut-être grâce à lui qu’il a pu devenir Einstein ? ? ? Fidélité donc, oui, mais vivante, généreuse, libre. La pratique des armes vous semble-t-elle indispensable à la bonne maîtrise de l’Aïkido ? Indispensable ? Je ne sais pas, je les ai toujours pratiquées ; utile ? Oui, toujours, certainement ; très utiles, même, quand, comme c’est le cas de l’enseignement de Nishio sensei, elle fait partie intégrante de la pratique de l’Aïkido, quand elle n’est pas traitée comme un exercice à part. Quels sont les aspects techniques qui vous paraissent incontournables ? Dans son dojo de Soufflenheim Robert Hanns transmet avec rigueur les valeurs de l’Aïkido telles qu’il les a reçues de ses maîtres. Il est difficile de répondre à cette question sans avoir rapidement l’air d’être prétentieux. Yoshida sensei, lors de son récent séjour à Thonon a déclaré : « Il n’est pas nécessaire de connaître un grand nombre de techniques, l’essentiel est de pratiquer avec sincérité et générosité, de pratiquer « avec son cœur » pour un bon Aïkido et un bon enseignement ». Avec ça on n’est pas sauvé ! Je vais donc essayer de tricher un peu ; je pourrais dire tout est incontournable et rien ne l’est ; on n’est toujours pas plus avancé ! Ce qui, je pense, est véritablement incontournable, c’est de travailler, de travailler et encore de travailler ; je dis souvent à mes élèves : « Ça ne sert à rien de discuter pendant des heures, quelque agréable que puisse être l’exercice, il ne sert à rien de dévorer des bouquins qui traitent savamment de l’Aïkido, malgré le réel intérêt que cela puisse avoir, si vous ne travaillez pas ; il faut encore et encore mouiller du kimono ! Cela nécessite non seulement de nombreuses heures de pratique, mais aussi une pratique intense, sincère et généreuse. Pour moi c’est cela qui est incontournable : intensité, sincérité, générosité ; les techniques ne sont que des moyens, des instruments délivrés plus ou moins parfaitement, qui permettent de s’approcher au plus près de ce qu’est l’Aïkido. Vous paraît-il indispensable de pratiquer une autre forme d’art martial ? Indispensable ? Non ; utile sans doute ; encore que, à mon avis il vaut mieux avoir pratiqué un autre, ou d’autres arts martiaux avant d’arriver à l’Aïkido que de le faire concomitamment sauf si on est arrivé à un niveau très élevé, ce que je décrivais plus haut comme la dernière phase de la démarche pédagogique ; je suis, en effet, persuadé que la pratique d’une autre discipline martiale peut être perturbante pour un débutant en Aïkido ; elle risque, à mon sens, de venir polluer la démarche pédagogique entreprise avec son professeur. Par ailleurs, j’ai souvent du mal à comprendre les pratiquants qui abandonnent l’Aïkido pour une autre discipline martiale ; j’ai tendance à penser qu’ils n’avaient pas vraiment compris ce qu’est l’Aïkido, qu’ils n’avaient pas encore perçu ses valeurs et leur modernité ; Nishio sensei disait : « L’Aïkido est un art martial des temps modernes » et encore : « L’Aïkido comprend 17



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