Aïki Mag n°9 déc 04 à mai 2005
Aïki Mag n°9 déc 04 à mai 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de déc 04 à mai 2005

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 878 Ko

  • Dans ce numéro : Sylvia Noll, une énergie à toutes épreuves.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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rencontre avec La réussite de certaines applications techniques demande une bonne disponibilité mentale de uké comme de tori. 14 moins certaine et on peut considérer que la forme de management de mes équipes ou le style de négociations que j’emploie s’appuient sur des principes qu’on retrouve en Aïkido ; une écoute de l’autre dans la gestion de conflit, la construction d’une réponse qui tient compte du potentiel de l’autre, une capacité à décider de façon opportune. Probablement, la pratique de l’Aïkido a participé, d’une sylvia noll manière ou d’une autre, à mon développement personnel en milieu professionnel. VOUS PRATIQUEZ ÉGALEMENT LE KARATÉ, EST-CE PAR MANQUE DE COMBAT EN AÏKIDO ? Non, je considère qu’il y a de vraies sensations de combat en Aïkido si les conditions requises sont réunies. L’Aïkido est un art martial complet, qui se suffit à lui-même. Le système d’éducation qu’il propose est cependant très ambitieux et, par conséquent, très exigeant ; les attaques sont plus ou moins stylisées mais correspondent souvent aux mises en situation les plus difficiles. Je dois reconnaître que, sans l’apprentissage initial de l’Aïkido, je n’aurais jamais suscité un intérêt pour le Karaté et je ne me serais jamais sentie en capacité d’aborder cette discipline. Grâce à l’approche globale de l’enseignement de l’Aïkido de Christian Tissier, cet éveil a pu se produire et que j’ai été tentée d’explorer cet autre art martial qui m’apparaissait, avec beaucoup d’a prioiri, plus rudimentaire et radical et, donc d’autant moins accessible à un élément féminin. La pratique du Karaté relève plutôt d’un parcours personnel et c’est en 1986, alors 2e dan d’Aïkido et toujours assidue, que je m’y suis orientée de manière complémentaire. L’apprentissage du Karaté Shotokan a donc été pour moi, une ouverture sur un monde qui s’est révélé particulièrement riche en termes de diversité de pratiques et d’une variété infinie de techniques. Au delà, j’ai pu accéder à l’enseignement de senseï parmi les plus grands dont notamment Kase senseï qui utilise bien volontiers des attaques main ouverte et effectue, en application katas, des projections impressionnantes avec lesquelles on peut trouver un lien avec certaines techniques d’Aïkido. L’exercice du kumité (combat) est, pour moi, simplement une autre manière, de pratiquer une discipline martiale. Il présente, entre autres, la vertu de travailler davantage sur la relation avec son adversaire-partenaire par une gestion spontanée de la distance, du rythme et du placement. En Aïkido, ces objectifs peuvent largement être atteints par différentes formes de travail (Ju-Waza avec un ou plusieurs partenaires notamment). Ils nécessitent, comme en Karaté, le respect de certaines règles sans lesquelles l’exercice ne peut s’effectuer. Cela dit, je ne conseille jamais
Illustration Claude Seyfried aux pratiquants d’Aïkido de faire un détour par une autre discipline car l’éparpillement s’avère fréquemment nocif. D’autant plus, que nous avons la chance d’avoir en France, un éventail d’enseignants de haut niveau à même de répondre aux attentes des élèves. QUELLE PLACE DONNEZ-VOUS AUX ATÉMIS EN AÏKIDO ? En Aïkido, les atémis ont une fonction de dissuasion ou de désorientation de l’adversaire pour effectuer un déplacement sans laquelle il ne pourrait être réalisé. Ils peuvent aussi provoquer un déplacement de uke, créant ainsi un déséquilibre à exploiter. Il s’agit donc de les effectuer à bon escient, dans le temps et à la bonne distance. Leur usage requiert néanmoins un éveil ou une éducation de son adversaire afin qu’ils créent une réaction juste et conforme aux principes de l’Aïkido. VOTRE MARI, PIERRE BERTHIER, (7 e DAN DE KARATÉ) EST UN MAÎTRE DE BUDO RECONNU. CELA FACILITE-T-IL VOTRE DÉVELOPPE- MENT PERSONNEL ? Mon mari, de part ses qualités humaines, favorise indéniablement mon développement personnel. Il a, par ailleurs, un regard très positif sur l’Aïkido et a suivi pendant un an, l’enseignement d’Aïkido et de Ken-Jutsu de Christian Tissier, lui permettant notamment de participer, en juin 1987 à un stage dirigé par Yamaguchi senseï qui l’a pleinement ébloui. De fait, en tant que budoka, il perçoit plus aisément la place que peut avoir un art martial dans la vie quotidienne d’un pratiquant confirmé, même s’il s’agit d’une pratiquante. En effet, si la société est aujourd’hui plutôt indulgente vis-à-vis des femmes qui choisissent de s’initier à un art martial, cela devient beaucoup plus complexe lorsqu’elles sont pratiquantes confirmées et, de surcroît, mères de famille. La recherche personnelle par une pratique régulière d’un art martial est alors, de mon point de vue, moins reconnue comme légitime dans l’opinion publique. J’ai plusieurs fois remarqué qu’une partie de mon entourage, s’étonnant de mon obstination à encore fréquenter des dojos, n’arrivait pas à percevoir l’intérêt que je pouvais toujours y retirer. Avec Pierre, cet obstacle est levé. Au contraire, je sais et je constate fréquemment qu’il facilite réellement dans ma vie quotidienne, l’exercice de l’Aïkido. LE TRAVAIL AUX ARMES VOUS SEMBLE-T-IL NÉCES- SAIRE POUR UNE MEILLEURE COMPRÉ- HENSION DE L’AÏKIDO ? AVEZ- VOUS UNE PRÉFÉ- RENCE POUR UNE ARME PARTICULIÈRE, POURQUOI ? Les armes constituent des supports de travail qui enrichissent l’apprentissage de l’Aïkido. Ce travail spécifique permet de concrétiser différemment certaines mises en situation. Il facilite effectivement la compréhension de l’Aïkido. Je suis davantage attirée par l’apprentissage du ken en raison de l’aspect fulgurant et définitif qui émane de l’exécution des techniques. IL VOUS ARRIVE D’ENSEIGNER, QUELS SONT LES POINTS ESSEN- TIELS DE VOTRE PRATIQUE QUE VOUS SOUHAITEZ FAIRE PASSER ? Je n’ai, jusqu’à présent, jamais véritablement enseigné ; dans un premier temps, parce que je considérais plus l’Aïkido comme une activité réalisée d’abord pour moi, sans devoir animer un groupe ce que je suis appelée à faire quotidiennement dans mon travail. Ensuite, j’ai préféré utiliser le temps restant à une pratique du Karaté. Et, depuis plus de 10 ans, par l’absence de réelles disponibilités en raison de la priorité donnée à l’éducation de mes enfants. Cependant, j’ai conscience d’un handicap. L’enseignement est une étape indispensable dans sa progression personnelle ; la relation d’apprentissage nécessite non seulement une rigueur technique et une faculté à transmettre à chaque élève le moyen de s’approprier les principes de cette discipline. Elle nourrit également une réflexion globale et permanente sur le sens même et l’épanouissement de sa pratique. Ainsi, tôt ou tard, selon les opportunités, je viendrai à l’enseignement. Alors, je crois que mon objectif majeur, sera simplement, de donner l’envie de découvrir et pratiquer l’Aïkido. ❁ 15



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