Aïki Mag n°9 déc 04 à mai 2005
Aïki Mag n°9 déc 04 à mai 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de déc 04 à mai 2005

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 878 Ko

  • Dans ce numéro : Sylvia Noll, une énergie à toutes épreuves.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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rencontre avec sylvia noll Une disponibilité à toutes épreuves Certaines nous montrent avec brio qu’il est possible de concilier vie professionnelle et vie familiale... Sylvia Noll, 5e dan, nous prouve que l’on peut, à ces deux existences, associer avec bonheur celle d’une pratiquante exigeante. QUEL EST VOTRE PARCOURS EN AÏKIDO ? En 1979, lorsque j’étais étudiante à la Faculté de Droit de Strasbourg, je cherchais à pratiquer une activité sportive. En venant assister au cours que Paul Muller dispensait au Club Universitaire, je dois avouer que j’ai été immédiatement séduite par la complétude des exercices proposés ; toutes les parties du corps semblaient sollicitées lors des mouvements réalisés tant avec tonicité que souplesse. J’ai été, dès le début, très assidue à ses cours, surtout pendant les périodes d’examen où, 12 rapidement, la pratique de l’Aïkido me semblait si essentielle pour retrouver un équilibre physique et intérieur. En tant qu’élève de l’École Nationale de la Sécurité Sociale à Saint-Etienne, j’ai ensuite suivi l’enseignement de l’Aïkido de Philippe Gouttard qui m’a inculqué un goût certain de l’entraînement. En 1984, j’ai obtenu mon premier emploi à Paris et, c’est sciemment, que j’ai choisi de fixer mon domicile à proximité de Vincennes, lieu du Dojo de Christian Tissier dont j’avais découvert précédemment la personnalité et les principes d’enseignement à l’occasion de plusieurs stages. Ce choix de résidence a été alors privilégié, jusqu’à ce jour, afin de me donner le maximum de possibilités, quelles que soient les contraintes de la vie, d’apprendre encore et de pratiquer l’Aïkido. Cette appétence pour cette discipline m’a également amenée à élargir mon expérience en effectuant plusieurs séjours au Japon entre 1985 et 1993 afin de suivre les cours proposés à l’Aïkikaï. LA MIXITÉ DANS LA PRATIQUE DE L’AÏKIDO EST-ELLE UN FACTEUR FAVORABLE POUR UNE BONNE PRO- GRESSION ? Je crois que la mixité hommefemme, quel que soit le domaine dans lequel elle s’applique, est facteur de progrès pour la communauté concernée. La mixité dans la pratique de l’Aïkido, me semble-t-il, n’y échappe pas. L’ouverture de cette discipline à la gente féminine a d’abord permis de répondre à une attente tout à fait légitime de la part des pratiquantes. Depuis, les hommes des dojos ont certainement dû adapter leur attitude générale et y ont finalement gagné dans leur propre pratique. Des mouvements appliqués en s’appuyant surtout sur la force naturelle ne leurrent aucun des deux partenaires. L’enseignement a nécessairement dû évoluer et faire progresser la technique en tenant davantage compte des capacités et des aptitudes de ces élèves bien différentes. Dans le cadre de la pratique de l’Aïkido, la relation qui peut être établie entre deux personnes de sexe opposé n’est pas factice. Elle a du sens, sur le plan martial, si chacun, de part et d’autre, développe une action sincère et adaptée aux qualités et aux capacités de l’autre. Ce principe énoncé dépasse la différence de sexe pour s’appliquer à toutes les différences (les enveloppés et les maigres, les petits et les géants, les adolescents et les seniors…). Aujourd’hui, les femmes sont bien présentes dans la pratique de l’Aïkido ; certaines enseignent, d’autres participent aux instances fédérales et quasiment, dans tous les dojos, les anciennes créent naturellement le lien social qui facilite l’intégration des nouveaux pratiquants et la vie commune des membres du
club. Elles favorisent d’autant le rayonnement de l’enseignant de leur club qui peut, ainsi, établir une relation d’apprentissage dans un cadre privilégié. PEUT-ON OPPOSER LA « SOUPLES- SE » DE LA FEMME À LA « FORCE » DES HOMMES DANS LA RÉUSSITE DE CERTAINES TECHNIQUES ? La « réussite » de certaines techniques nécessite tant la disponibilité physique et mentale qu’une détermination de tori. Sont donc sollicitées tant des qualités de flexibilité que celles créant une impulsion dégageant de l’énergie. Celles-ci sont donc bien complémentaires. Les hommes comme les femmes doivent donc tenter de trouver, à l’occasion d’une chaque technique à réaliser la meilleure alliance, entre leur souplesse et leur force qu’ils puiseront au plus profond d’eux-mêmes ! VOUS ÊTES UNE MAMAN COM- BLÉE PAR TROIS ENFANTS. COMMENT VOUS ÊTES –VOUS ORGANISÉE POUR RENDRE TOUT ÇA COMPATIBLE AVEC VOTRE PRATIQUE ? Il est vrai que la maternité a véritablement transformé mon entraînement. Si j’ai voulu un arrêt total pendant la grossesse (notamment la première qui était gémellaire), j’ai cependant repris dès le mois suivant la naissance des enfants. Mais désormais, plus question d’y Pour Sylvia Noll, dans la pratique de l’Aïkido, la maîtrise de la technique offre des réponses aux « conflits » sur le tatami comme à l’extérieur du dojo. passer plusieurs soirées par semaine… Il y a donc moins d’heures d’entraînement qu’avant, mais chaque cours est encore davantage apprécié et investi de manière différente. Le retour au dojo a été probablement facilité par l’expérience déjà acquise (j’étais 4e dan avant la naissance des enfants) mais il a fallu, dans un premier temps, déjà me réapproprier mon propre corps. La régularité de mes entraînements m’a donc permis, également, de rester en contact avec la discipline qui est un art vivant et qui évolue selon la recherche de l’enseignant suivi, notamment Christian Tissier, qui propose à ses élèves des approches très diversifiées et en permanence renouvelées, ainsi que les senseï qui reviennent régulièrement en France. L’organisation au quotidien vise donc, comme toutes les mères de famille, la recherche permanente d’une conciliation entre la vie familiale, professionnelle et sociale (cette dernière incluant la pratique de l’Aïkido). Cet équilibre fragile est sans cesse remis en cause par les évènements de la vie. Il n’y a pas de recette, mais en tout cas, l’enthousiasme pour cette discipline est toujours présent en moi et constitue le moteur principal. L’AÏKIDO EST UN BUDO. PEUT-IL ÊTRE RÉDUIT À UN SEUL ART DE DÉFENSE ? Si l’objectif de non-violence a présidé à la conception des principes fondateurs de l’Aïkido, celui-ci est bien un art martial à part entière. Au demeurant, quelquefois, la prise d’initiative et la sollicitation de l’adversaire s’avèrent être la meilleure forme de défense. VOUS ÊTES ACTUELLEMENT DIRECTRICE-ADJOINTE À LA CAISSE D’ALLOCATIONS FAMILIALES À NANTERRE. EN QUOI, VOTRE PRA- TIQUE DE L’AÏKIDO, INFLUENCE-T- ELLE VOTRE MODE DE RELATIONS PROFESSIONNELLES ? J’ai longtemps pensé qu’il n’y avait aucun impact, hormis que mon besoin intarissable de pratiquer l’Aïkido devait largement répondre à une impérieuse nécessité de retrouver un équilibre intérieur après des journées de travail génératrices de stress. Aujourd’hui, j’en suis 13



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