Aïki Mag n°8 juin à nov 2004
Aïki Mag n°8 juin à nov 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de juin à nov 2004

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Philippe Bersani, une passion pour le ken jutsu

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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rencontre avec dany socirat Engagée avec passion dans sa pratique, Dany Socirat, 3e dan, trouve le temps de partager et transmettre son art dans des sphères où on n’attend pas forcément une femme. Rencontre avec une pratiquante hors normes. PARTAGE et TRANSMISSION QUELLES MOTIVATIONS VOUS ONT DÉCIDÉ À PRATI- QUER UN ART MARTIAL ? Les motivations qui m’ont amenée à pratiquer un art martial sont le fruit du hasard. À l’époque, j’avais 19 ans, c’était en juillet 80. J’habitais Sète et la plupart des clubs de sport étaient fermés pendant la période estivale. Un petit encart publicitaire dans le journal local a éveillé ma curiosité : « stage d’Aïkido de quinze jours, débutants acceptés ». Avec une amie, nous avons poussé la porte du dojo et nous avons demandé à assister au cours. Une trentaine de pratiquants évoluaient gracieusement sur le tatami. Le professeur qui dirigeait le stage venait de Toulouse. Il s’agissait de Camille Guiral, précurseur de l’enseignement et de la diffusion de l’Aïkido dans la région Midi- Pyrénées. Il nous a longuement parlé de son art, de ses principes et des bienfaits de la pratique. Face à notre regard dubitatif, il nous a invitées à faire un cours d’essai. Au début du stage, habituée à me battre pour gagner comme dans tous les sports compétitifs, j’étais à la fois déstabilisée et 6 séduite par la facilité avec laquelle les pratiquants déviaient mes attaques. Quand c’était à mon tour de me défendre, j’avais beaucoup de mal à maîtriser mon partenaire. Peu à peu, j’ai découvert une dimension nouvelle, une manière harmonieuse d’évoluer dans laquelle la notion de compétition est remplacée par l’envie d’échanger, de coopérer avec l’autre dans un cadre convivial et chaleureux. UNE TELLE DÉMARCHE A-T-ELLE ENTRAÎNÉ UN CHAN- GEMENT D'ATTITUDE DANS VOTRE QUOTIDIEN ? Cette période correspond à un changement radical dans ma manière de vivre et d’appréhender le quotidien. En fin de stage, il m’apparaissait évident de continuer à pratiquer. Fin août, je décidais de suivre le stage à Temple-sur-Lot sous la direction de Christian Tissier. Cette rencontre fut inoubliable et déterminante dans le cheminement de ma pratique. Ce stage réunissait plus d’une centaine de stagiaires venus de tous les coins de France du simple débutant à l’élève plus confirmé. Maître Christian Tissier dans un élan de générosité et de simplicité naturelle transmettait son savoir à chacun de nous avec la même intensité quel que soit notre niveau de pratique. J’étais subjuguée par l’élégance de son style. Il dégageait un charisme inégalable et une rigueur technique alliant aisance corporelle et pureté du geste. En septembre, après deux mois d’implication assidue dans la pratique, j’étais convaincue de la nécessité de m’inscrire dans un club. Je pris la décision de quitter ma ville natale et de poursuivre mes études universitaires à Toulouse. Dans le même temps, je me suis inscrite à l’École Toulousaine d’Arts Martiaux où enseignait maître Camille Guiral. Aujourd’hui, l’Aïkido fait partie intégrante de ma vie. Avec des périodes d’interruption à la naissance de ma fille aînée en 88, puis de mes jumelles en 91, l’Aïkido est devenu le moteur de mon équilibre personnel, le fruit de mon épanouissement physique, moral et relationnel. Mais je dois dire que l’Aïkido est fait de rencontres et d’opportunités, et je voudrais remercier mon mari Serge que j’ai eu le bonheur de rencontrer, il y a 20 ans, sur le tatami. Il a su guider mes premiers pas de débutante et a largement contribué à ma progression et mes engagements dans ma pratique. Il me communique au quotidien son enthousiasme et son énergie. Son soutien et sa confiance sans faille me permettent en toute sécurité de conjuguer mon métier d’enseignante d’Aïkido et ma recherche personnelle. AUJOURD'HUI, VOUS ENSEIGNEZ, COMMENT ABOR- DEZ-VOUS L'ENSEIGNEMENT DES ARMES ? Je pense que le travail des armes doit apporter au pratiquant une complémentarité dans sa pratique à mains nues. Dans la manière d’aborder mon enseignement, je mets l’accent sur les qualités et le plaisir que procurrent leur apprentissage. Outils amplificateurs du geste technique, ils constituent un moyen intéressant pour éclairer certains principes. L’intérêt majeur du travail des armes est la
prise en compte de la réduction des différences physiques entre les partenaires. Faibles gabarits, forts et musclés se retrouvent sur un pied d’égalité. Cette conjoncture va conduire le pratiquant à développer des capacités rigoureusement techniques pour renforcer et structurer son attitude corporelle. La notion de centrage amplifiée par le poids des armes va obliger le pratiquant à relâcher ses tensions de manière à intégrer cet outil harmonieusement dans sa gestuelle corporelle et à en utiliser pleinement son efficacité. La vitesse d’exécution, les qualités d’observation, la vigilance liée à la peur d’être touché sont autant d’éléments clefs de la pratique des armes. Mais pour que l’étude des formes soit efficace, comme l’écrit Philippe Grangé : « Il faudrait y consacrer énormément plus de temps que l’on en possède généralement ». Pour moi, le travail des armes doit être éducatif afin de permettre au pratiquant une meilleure compréhension de certains principes d’Aïkido facilement transposables dans un travail à mains nues. DANS UNE PRATIQUE MIXTE, LA VIGILANCE ET LE CONTRÔLE DE SOI DOIVENT-ILS ÊTRE PLUS REN- FORCÉS ? Notre pratique présente l’avantage de réunir des hommes et des femmes sans distinction de gabarit, d’âge ou de niveau, dans un dojo d’entraînement. Cette particularité représente une richesse dans le sens où la différence de sexe est balayée par la faculté d’adapter sa pratique à son partenaire sans tenir compte de sa force physique. La mixité en Aïkido se vit au quotidien. La vigilance et le contrôle de soi sont des éléments essentiels à la construction de la technique, l’entraînement et la répétition du geste vont naturellement renforcer ces qualités. De plus, la femme, ne disposant pas des mêmes capacités physiques que l’homme, va privilégier la voie de la souplesse et de l’harmonie, mettant ainsi en avant sa finesse et sa douceur au profit de sa féminité. Cette manière d’appréhender la différence va l’aider à développer stratégies d’anticipation, capacité d’analyse et esprit de synthèse. Ceci lui permettant une évaluation rapide de la situation où la recherche permanente d’un mouvement fluide est au centre de la pratique. QUELLES TECHNIQUES PRIVILÉGIEZ- VOUS POUR UNE BONNE PROGRES- SION DE VOS DÉBUTANTS ? Il ne s’agit pas de privilégier des techniques particulières, mais de permettre au débutant de se construire, en étudiant des principes structurants appelés dans notre jargon d’aïkidoka des kihon waza. Ces techniques de bases sont incontournables pour permettre une bonne progression des débutants. Elles doivent être étudiées uniformément sans en privilégier une en particulier. Toutefois, l’enseignant peut proposer une progression pour faciliter l’intégration de ses principes régissant les techniques. Pour ma part, le choix d’un kihon waza va découler de la particularité qu’il va développer à un moment précis. Je choisirai l’étude d’Ikkyo pour favoriser une situation de travail dans laquelle les notions de centrage, de placement, de respect d’intégrité du partenaire seront mis en évidence dans le but d’amener le débutant à se sentir plus à l’aise, plus confiant, plus libre de ses mouvements. Les formes de Shiho nage vont plutôt être abordées pour travailler les changements de direction, comprendre le sens des coupes, sensibiliser le débutant au mouvement circulaire permettant d‘éviter la collision et de dévier harmonieusement l’attaque. La notion d’Iriminage va permettre d’insister sur la capacité de tori à s’engager dans l’attaque, sur sa détermination à s’impliquer au cœur du conflit sans en subir les traumatismes. De ces exemples, nous comprenons plus particulièrement que les techniques de bases ne peuvent être étudiées en les compartimentant puisque leur construction reste assez semblable et répond à des critères similaires. De plus, les kihon waza vont être non seulement l’essence et les racines, mais également le point de départ de la progression d’un débutant, le référant de tout pratiquant soucieux de revenir sans cesse au principe de base, au fondement, pour puiser sa source, son Pratique en famille pour Dany Socirat, avec Serge son mari et sa fille Chloé. 7



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