Aïki Mag n°8 juin à nov 2004
Aïki Mag n°8 juin à nov 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de juin à nov 2004

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Philippe Bersani, une passion pour le ken jutsu

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
itinéraire philippe bersani duel il était admis que sans déchoir un des deux adversaires pouvait saluer l’autre et donc « estimer » que ce dernier lui était supérieur. Il faut travailler souvent et avec beaucoup de concentration cette prise de garde où les deux partenaires doivent d’entrée trouver un rythme commun à leurs actions respectives. J’ai eu à plusieurs reprises à prendre cette garde devant Christian Tissier. La force de son attitude est telle que les quelques secondes de cette action suffisaient à me mettre en nage et effectivement j’étais battu avant de combattre. Viennent ensuite les 5 figures : - Kesa giri où Tori teste sa coupe. - Ashibarai Okebune – répertoire très important des attitudes sur lesquelles nous avons et continuons à beaucoup souffrir et transpirer. - Les 3 figures suivants Kiriwari – Warizuki – Kurai-tachi sont des actions de contre où l’on pratique pourrait-on dire en miroir chacun des 2 adversaires accomplissant pratiquement le même geste mais avec une détermination et un engagement tel chez Tori qu’il chassera le sabre de Uke. Toujours la notion d’Irimi que j’évoquais tout à l’heure et la relation avec notre recherche en Aikido. « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage », s’il est une maxime qui peut s’appliquer en Ken jutsu mais aussi à l’Aikido c’est bien celle-là et Christian a pu commencer l’étude du kata suivant. La progression dans l’étude de Kashima Shinryu ne se mesure pas en Dan. C’est la maîtrise correcte du 1er kata qui permet de passer au 2ème et ainsi de suite. LE DOJO D’INABA SENSEI 1982, nouveau temps fort dans notre pratique de l’Aïkido et du Ken jutsu. Nous accompagnons, Francine Rambaud et votre serviteur, Christian Tissier à Tokyo. J’ai dit en titre passion partagée donc cette petite chronique sera à deux voix et je laisse le stylo, ou plutôt, le clavier, à Francine. Connaissez-vous Meiji Jingu Gaien ? C’est un grand parc situé à l’extérieur de Meji Jinku, magnifique jardin célèbre pour ses variétés d’iris, au cœur de Tokyo. Dans cet endroit, Il y a des installations sportives et un dojo… C’est là que Inaba sensei enseigne le ken jutsu de l’École Kashima. C’était au mois de mars, le soir tombait quand nous pénétrâmes dans le jardin où de gros corbeaux très impressionnants voletaient sans doute pour y passer la nuit. Il fallait traverser ce parc, pour arriver au dojo. Déjà il y avait des élèves qui s’entraînaient librement, c’était surprenant si loin de Paris et réconfortant à la fois de voir ces jeunes qui répétaient ces katas qui nous étaient un peu familiers. Nous avons eu de la chance, le Maître était là, et dans cet immense et superbe dojo Inaba Sensei souriant nous reçut. Nous fîmes quelques mouvements d’Aïkido, si je me souviens bien Une motivation plus forte encore quand la passion pour son art de prédilection est partagée, comme pour Philippe Bersani et Francine Rambaud. c’était Shiho nage avec une coupe finale qui était vraiment la direction du Kesa giri, puis il nous équipa de gros bokken avec la tsuba en bois, spécifique à l’école de Kashima. Il nous entraîna dans un autre dojo, il fit venir deux de ses élèves qui firent Kihon-tachi. Le maître nous demanda alors, par l’intermédiaire de Christian, notre avis !!! ! Que pouvions-nous dire ? Nous avions l’impression d’être dans un autre monde dans cet immense dojo, perdus tous les trois assis en seiza, avec Inaba sensei et deux de ses élèves, pour nous c’était bien…, mais pour le Maître cet entraînement manquait de « ki » et à son tour, il prit non pas un Iaito mais un véritable Katana et effectua le kata avec un autre élève et nous, nous avions le sentiment d’être si petits… Quand nous sommes sortis de ce cours, sans avoir vraiment travaillé, nous étions vidés, tellement l’impression avait été forte. Autant que sa prestation, que nous n’étions pas véritablement en mesure d’apprécier à sa valeur, c’est la déférence de Christian Tissier envers Inaba sensei qui nous a fait comprendre que nous venions de vivre un moment privilégié. Le temps a passé. Nous avons continué notre route suivant Christian Tissier, notre maître, pendant toutes ces années qui essayait avec une infinie patience de nous inculquer toutes ces notions de Budo.
La pratique de Kashima est une école où les actions sont très positives et cette étude est difficile, rigoureuse et très précise, chercher la pureté du geste, que ce soit dans l’exécution des katas ou le travail de Batto jutsu qui fait partie également de l’école de Kashima et que nous travaillons aussi avec des Iaïto. C’est un art martial à part entière et certainement que l’on pourrait s’y consacrer complètement au même titre que nous avons fait le choix de l’Aïkido. Le but final serait d’essayer d’arriver à une pratique plus calme dans le sens de plus de pureté dans le mouvement, et pour que ce comportement par la suite puisse déborder dans la vie de tous les jours. Dans les rapports humains ou professionnels, il y a toujours un moment où des situations de conflits apparaissent, plus ou moins graves bien sûr ; c’est là qu’il faut essayer de mettre en pratique ce que nos maîtres nous enseignent sur le tatami. Plus on avancera dans l’étude de Kashima, plus on trouvera de rapport entre certaines figures des katas et des techniques d’Aïkido. Philippe l’a indiqué plus haut pour le premier kata Kihon tachi mais c’est peut être encore plus évident dans la deuxième série Ura tachi, où l’on va retrouver Ikkyo pour la 1ère et 4e figures, la 3e figure nous apprendra à couper correctement sur le bras du partenaire lorsqu’il viendra saisir Katadori. Avec la 6ème figure, on comprendra mieux l’absorption et le contrôle sur les Tsuki. Christian Tissier nous a dit que O Sensei avait pratiqué Kashima et qu’il y avait fait des emprunts lorsqu’il a créé l’Aïkido. Pour nous aïkidokas, l’étude du Ken jutsu nous apporte un plus et doit enrichir la pratique de l’Aïkido. En Ken jutsu, on va toujours sur l’attaque. C’est une manière de casser la distance que s’était donné l’adversaire. On ne recule jamais sur l’action. LE PLUS ANCIEN ATTAQUE En Aïkido, faire un Yokomen ou un Shomen à mains nues ne donne pas toujours une bonne perception de l’adversaire comme cible surtout lorsque l’on débute, et il est vrai que lorsque l’attaque est portée avec un bokken, on a une perception plus nette du danger. À partir de là, on est Illustration Corinne Hennequin plus attentif ou du moins on devrait l’être. Ce qui n’est pas toujours le cas et par conséquent l’on prend sur les doigts ! Et puis il y a le travail des katas dans l’école de Kashima comme dans toutes les écoles de sabre. En Ken jutsu, c’est toujours l’attaquant qui, a le rôle le plus difficile. C’est pour cette raison que c’est le plus ancien dans la pratique qui attaque contrairement à l’Aïkido où c’est le moins gradé qui porte l’attaque. L’attaque est difficile. Il faut qu’elle soit crédible sans être « suicidaire ». Il y a donc un certain nombre de positions, de coups, de ripostes qui KAMISA ET KAKEMONO Corinne Hennequin, artiste peintre, décoratrice diplômée d’État et pratiquante d’Aïkido propose des créations originales et uniques de kamisa de toutes dimensions, et même de poche qui se plient en deux ou trois selon la longueur. Ils sont fabriqués en carton gainé de papier peint, avec différents thèmes : portrait, ikebana, hakama, zori, etc.Les kakemono, qui reprennent les mêmes thèmes, peuvent faire 40cm x 100cm, sont réalisés en peinture acrylique sur toile tendue sur tige de bambou ou de bois, très facilement transportables quand ils sont roulés. Corinne Hennequin : 01 64 94 46 23-06 20 98 12 85 www.tvdv.net (cliquer sur -images-). sont vraiment codifiés et qui peuvent ainsi se transmettre de générations en générations et de maîtres à élèves, sans qu’il y ait ni déformation, ni déviation. Les katas sont une sorte de conservatoire. Je voudrais avant de laisser à, Philippe le soin de conclure cette chronique citer une nouvelle fois Christian Tissier qui a écrit à propos de l’étude du sabre et plus particulièrement de Kashima : « Aïkido, Kendo et Iaïdo sont des Budo. Ils sont avant tout des systèmes d’éducation ». Je laisserais volontiers par cette citation le dernier mot à notre maître mais il faut prendre ses responsabilités. Aujourd’hui bien modestement nous essayons de faire partager la passion qu’il nous à transmise à de plus jeunes que nous au sein de la section Aïkido du Racing Club de France. Une question revient assez souvent lorsque qu’ils commencent : nous pratiquons l’Aikido, pourquoi le Ken-jutsu ? APPRIVOISER LA VIOLENCE Le Ken-Jutsu c’est un enseignement très riche mais c’est un enseignement du passé. Effectivement s’il est certainement émouvant de penser que nous répétons des gestes mis au point il y a trois ou quatre siècles, ces techniques n’ont plus aujourd’hui de valeur intrinsèque puisque les sabres ne sont plus (devons-nous le regretter ?) les armes du moment. Par contre si nous nous servons des acquis du Ken-jutsu pour améliorer notre pratique de cet Art Martial du présent qui tente d’apprivoiser la violence nous pourrons répondre à la question : Pourquoi le Ken-jutsu ? : parce que l’Aïkido, et quelque part Passé et Présent se rejoindront dans la même recherche puisque déjà à l’époque on savait que : le meilleur sabre était celui qui restait au fourreau… Philippe Bersani Racing Club de France 5, rue Éblé - 75007 Paris Tél : 01 45 67 55 86 19



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :