Aïki Mag n°8 juin à nov 2004
Aïki Mag n°8 juin à nov 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de juin à nov 2004

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Philippe Bersani, une passion pour le ken jutsu

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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itinéraire philippe bersani Chronique d’une passio le Ken jutsu de Kashim De rencontres décisives en rencontres déterminantes, ainsi va la vie de tout budoka. Philippe Bersani, 5e dan d’Aïkido, nous le confirme, lui qui a rencontré une complémentarité de pratique dans le Kenjutsu qu’il partage depuis toujours avec Francine Rambaud 4e dan. Tout à commencé lorsque Christian Tissier, c’était en 1976, nous a montré une première fois Kesa giri. Le ken tournoie au-dessus de la tête, prend de la vitesse et coupe en oblique vers la droite, il remonte sur la même oblique, de nouveau le cercle, de nouveau l’accélération et cette fois-ci il a coupé vers la gauche. Une forme de calligraphie à trois dimensions dans l’espace. C’était clair, lumineux, évident, et nous avons cru, j’ai cru, que c’était simple. Et nous voilà une poignée d’inconscients, deux fois par semaine aux petites aubes sur le tapis du dojo de Vincennes. Notre maître a beaucoup souffert, il lui a fallu véritablement la foi du missionnaire pour persévérer dans cet enseignement. Quelques éléments très peu, étaient doués, mais pour la plupart dont je faisais partie, notre pratique s’apparentait plus au bûcheronnage (et je 16 pense que même un vrai bûcheron se serait moqué de nous) qu’au noble art du Ken jutsu. Et pendant des semaines, des mois, Christian nous a, patiemment construits : les deux pieds sur la même ligne, écartés de la longueur approximative du ken, le pied avant bien ouvert, le pied arrière pas trop, sinon les hanches ne seront pas de face, attitude de fente vers l’avant, le genou de la jambe avant devant être, à l’aplombdu gros orteil, la jambe arrière solide avec un bon appui au sol et non pas le talon levé, les hanches de face, je l’ai déjà dit, les épaules basses, relâchées sur une même horizontale, le regard droit devant. Ceci pour l’attitude du départ de l’action, dite Mugamae. Ensuite, il faut arriver à couper puisque avec un ken en mains nous sommes là pour cela, Ce qui était déjà difficile à l’arrêt devenait presque insurmontable pour les apprentis que nous étions : - on ne remonte pas les hanches lors du changement d’appui ; - la hanche ne part pas avec la coupe ; - on reste constamment sur l’avant ; tendu avec le corps et le regard vers l’objectif (la tête de l’adversaire qu’on doit trancher) ; - la ligne de coupe à respecter épaule/hanche ; - le ken qui doit remonter sur cette même ligne ; - les mains qui ne doivent pas descendre trop tôt au départ de la coupe sinon la ligne épaule/hanche devient hanche/genou ; - la pointe du ken qui doit s’arrêter, relâchée mais maîtrisée à la hauteur du pied avant ; - chaque coupe est dans l’instant unique. DE LENTS PROGRÈS En préambule, je disais des jours, des semaines, en fait ce sont quelques années qu’il m’a fallu pour maîtriser Kesa giri, d’abord sur place, ensuite en avançant, en reculant, sur un pivot à 90° à droite ou à gauche, en se retournant à 180° ou en courant en bout d‘une course sur la longueur du tapis. Les miroirs du dojo renvoyaient nos images peu flatteuses qui avaient souvent le mérite de faire rire le Sensei mais qui quelquefois le désespéraient un peu tant les progrès étaient lents, et je ne parle pas des Kiaï que nous poussions et qui furent un autre motif d’hilarité pour Christian. Lorsque l’on pratique régulièrement et correctement, on s’aperçoit que cette technique est génératrice d’énergie. Nous exécutions couramment de trois à cinq cents Kesa giri au cours d’une séance d’entraînement. Il y eut même le pari un peu fou qui a consisté à l’occasion d’un stage d’été à La Tremblade à enchaîner trois mille Kesa. Parallèlement, il y avait à étudier Shomen. Coupe du haut vers le bas, bien en ligne, les pieds moins écartés et moins ouverts que sur Kesa, le ken qui doit s’arrêter en Seigan pointe légèrement relevée, veiller à ce que les mains soient bien placées sur la garde : main gauche complètement au bout de la garde, main droite contre la tsuba, poignets légèrement tournés l’un vers l’autre pour éviter d’écarter les coudes lors du shomen (mais également du Kesa) les deux mains ne font pas en même temps la même action, pour monter le sabre, la main droite va tirer sur la garde, la main gauche elle, repousse, pour descendre ce sera l’inverse main droite qui pousse donnant la direction, main gauche qui tire avec le coup de poignet qui provoquera l’accélération nécessaire à la coupe. Le shomen se pratique également en Kirikaichi, le sabre au lieu de monter verticalement partira par la droite, la pointe décrivant un demi cercle pour arriver sur la ligne du shomen et ensuite couper, il partira ensuite sur la gauche et de nouveau shomen. Par l’étude et la pratique de ces coupes nos attaques s’amélioraient en Aïkido et nous avions commencé à réaliser que les deux pratiques bien
n partagée : a Shinryu qu’ayant des finalités apparemment différentes : Ken jutsu : sabre réalité, sabre combat ; Aïkido : recherche de l’harmonie des énergies, utilisaient le corps de la même façon. Par exemple, nous retrouvions les acquis de Kesa pour améliorer l’Irimi nécessaire à la réussite de nombreuses techniques d’Aïkido. Cela devenait une autre motivation pour poursuivre le Ken jutsu. Avec le temps nous avons fini par devenir moins mauvais et Christian a pu commencer l’enseignement du premier kata de Kashima comportant 5 figures : Kihon tachi ou les principes du sabre. ESTIMER SON PARTENAIRE Nouvelle découverte, motivation renouvelée, s’il en était besoin, et nouvelles galères pour le maître. Elles paraissaient pourtant si claires ces cinq figures lorsqu’il les montrait et pourtant de nouveau des semaines, des mois pour maîtriser la prise de garde des 2 partenaires. Les deux ken Beaucoup de patience pour Philippe Bersani et des années de pratique pour maîtriser Kesa giri, à commencer par l’attente à l’arrêt de bus à Tokyo en 1982 avec Christian Tissier pour se rendre au dojo du sensei. se croisant légèrement par la pointe, talons joints, pointes de pieds écartées, le corps bien vertical, l’un des partenaires celui qui fera l’action victorieuse avançant la jambe droite, l’autre, réputé attaquant reculant la jambe gauche de la valeur d’un pas et demi, chacun se retrouvant en miroir dans la position de départ d’un Kesa giri décrite plus haut, garde du ken devant le nombril les mains légèrement en avant du corps, le ken vers la droite, tranchant vers l’avant, pointe vers le sol arrêté à la hauteur du pied avant, sans oublier le kiai particulier qui ponctue ce moment. Chacune des cinq figures commencera par cette prise de garde où les deux combattants se jaugent et « s’estiment » le terme pris dans ses deux sens : on essaie de deviner la valeur de son adversaire mais également quelque part on a de l’estime pour lui puisque chacun des deux adversaires à juger l’autre digne de se mesurer à lui. À ce stade lors d’un 17



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