Aïki Mag n°7 déc 03 à mai 2004
Aïki Mag n°7 déc 03 à mai 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de déc 03 à mai 2004

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : Kinomichi, l'art du mouvement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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transmission …En aïkido, les conditions de l’autonomie sont mises en jeu d’autant plus par l’enseignant qu’il demeure lui-même un pratiquant. Il est question de réaliser une solidarité apaisée par une bonne distance avec l’autre… promiscuité. L’élan vers l’objet est l’élan vers le médiateur. Lorsque l’enseignant décide de briser cet élan ou que l’élève tente de répudier ses liens à l’enseignant, la relation passe de la vénération à la rancune. Le modèle choisit bientôt d’être un obstacle pour ne pas être déformé, spolié, remplacé ou évincé par celui qui voulait l’imiter. Il peut aussi, à l’inverse, vouloir impérativement induire de la part de l’élève une dépendance en exigeant une sorte de réverbération de son enseignement. Il refuse toute influence autre que la sienne, condamne les divergences, barre les issues propres à l’élève. Le médiateur qui empêche de satisfaire le désir qu’il a suggéré devient L’équilibre subtil de l’aïkido passe par une relation sincère entre Tori et uké comme entre l’enseignant et l’élève. 18 objet de haine. L’enseignant qui exige de l’élève qu’il corresponde à un idéal projeté et imposé par lui ne souhaite que de se voir confirmer dans sa propre voie. Comment s’articule cette relation éducative dans le cadre particulier de la pratique de l’aïkido ? Le rôle de l’enseignant L’enseignant doit se placer comme médiateur entre l’élève et le savoir en lui permettant d’y accéder sans se situer comme un obstacle. Il ne peut être question de confronter l’élève à une injonction paradoxale qui voudrait que : « je t’enseigne mais n’espère pas devenir comme moi sinon tu me perdras ! » Cependant, le rôle de l’enseignant qui consiste à transmettre des savoirs, savoirs-faire étroitement liés aux savoirs-être, afin que l’élève se construise et évolue dans un cadre rigoureux mais ouvert, se trouve cependant très souvent dénaturé par l’envie, si ce n’est la volonté d’être et de demeurer le modèle, la référence technique qui donne notoriété et pouvoir. Il n’est plus question alors de libérer l’élève du piège de la rivalité dans la relation éducative mais au contraire de la construire autour d’une identification impossible. En distillant les savoirs-faire avec parcimonie, en détachant les techniques des principes ôtant ainsi toute cohérence à la pratique, l’enseignant met l’élève devant une alternative douloureuse, la dépendance ou la rébellion. Telle n’est pas la finalité de l’aïkido. L’enseignant se doit d’identifier les principes, les structures et les relations pour qu’à terme l’élève puisse réaliser la même identification. Il doit se comporter comme un intermédiaire dans la transmission du savoir. Il a pour fonction d’enseigner des contenus et ne doit en aucune manière « s’enseigner. » Il doit renoncer à être le « modèle/obstacle », voire même le modèle tout en assumant au mieux les obligations de l’enseignement tant sur le plan technique que sur le plan éthique. La relation n’est pas de disciple à gourou, mais d’élève à
maître. La fonction de l’enseignant en tant que modèle sera de disparaître, là se situe le « maître. » De plus, comme il est un enseignant mais n’en demeure pas moins un pratiquant, il se doit de poursuivre sa propre évolution, un processus qui pour lui aussi deviendra source de créativité et donc d’autonomie. L’accession à l’autonomie du pratiquant Pour le pratiquant, l’autonomie passe par la capacité de se séparer de son désir de s’approprier la personne de l’enseignant. L’élève doit se détacher de l’autre pour n’être mobilisé que par le savoir. Il lui faut acquérir les connaissances de manière à ce qu’elles deviennent siennes afin de pouvoir construire son parcours personnel, son do. L’autonomie est alors conquête. Elle est le résultat d’un processus de libération des liens à l’autre, enseignant et/ou partenaire. Le pratiquant peut faire usage de sa liberté pour choisir ses modèles et tenter de les vivre dans une dynamique relationnelle apaisée. Son autonomie passe par l’aveu du lien et de la ressemblance puis par l’affranchissement progressif de la relation avec son ou ses enseignants, son ou ses partenaires, le ou les gradés de référence. Il assume l’héritage en reconnaissant l’imitation. Il s’émancipe en trouvant son désir propre. Il peut alors accéder techniquement à une créativité critique qui lui est personnelle tout en ne renonçant pas aux principes fondateurs de l’aïkido. Morihei Ueshiba affirmait : « Chacun d’entre nous doit ouvrir son propre chemin, ouvrir sa propre porte sur la vérité. » « Les techniques d’aïkido changent constamment ; chaque rencontre est unique et la réponse appropriée devrait émerger naturellement. Les techniques d’aujourd’hui seront différentes demain. Ne vous laissez pas prendre à la forme et à l’apparence. » Ce que nous proposait Morihei Ueshiba, c’est la liberté, non pas une illusoire « indépendance absolue », mais l’autonomie qui nous autorise à choisir nos modèles, à nous libérer des liens à l’autre, à trouver nos propres réponses aux fluctuations qui caractérisent les relations interpersonnelles, à évoluer pour nous construire en tant que pratiquant, mais surtout en tant qu’être humain. L’autonomie nous permet d’être partie prenante de notre devenir et du devenir des autres. Josette Nickels-Grolier Gymnase Langevin -Wallon 9, rue Gatinot Chatillon sous Bagneux L'ESSENCE PURE DU BUDO kyudo Nous sommes à la recherche d'un accord de tout notre être mais nous ne poursuivons pas les raisons qui justifient cet accord, par manque de savoir, par orgueil, par fainéantise. Pour beaucoup, le Budo est une démarche philosophique qu'ils entrevoient de manière bien simpliste, d'autres détournent la tête, la philosophie pour eux sentant le moisi et restent alors devant la porte sans jamais pénétrer ni comprendre l'essence propre à ces arts. Le propos n'est pas de vouloir ressembler à un samouraï, ce qui serait bien naïf, car de plus le code d'honneur qui régissait leur existence, parfois météorique, ne s'adaptait qu'à une caste bien particulière. Cependanr, morale, art de vivre, sont les buts du Budo qui enseigne une autre conception de la dignité, une autre notion du dépassement, une autre façon d'évaluer la vie. Bien connu et insuffisament réfléchi, le dicton "quand l'élève est prêt le maître arrive" bien sûr et c'est grandement souhaitable, d'autres chercheront encore de multitudes définitionsau Budo, au Kyudo, mais il faudra d'abord se débarrasser de certains artifices pour ne mettre en lumière que l'essentiel. Le chemin est long et ce n'est qu’à force d'expériences toujours sans cesse renouvelées, que le disciple verra un jour l'idéal et la lumière. Jacques Normand. 19



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