Aïki Mag n°7 déc 03 à mai 2004
Aïki Mag n°7 déc 03 à mai 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de déc 03 à mai 2004

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : Kinomichi, l'art du mouvement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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transmission Josette Nickels-Grolier est venue à l’aïkido du temps où Le Comité National de l’Aïkido était encore au sein de la FFJDA. C’est à Louis Clériot, son professeur et mentor, qu’elle doit confie-t-elle « rigueur au travail et sincérité sur le tatami ». Aujourd’hui 4e dan, secrétaire de la Ligue de l’Ile de France, Josette Nickels-Grolier enseigne avec une prédilection toute particulière pour la transmission aux plus jeunes, en favorisant « l’accession à l’autonomie du pratiquant », thème qu’elle développa pour l’obtention du Tronc Commun de son BEES 2e degré. L’émancipation par L’AUTONOMIE Ya-t-il un aspect fondamental dans l’aïkido qui retient l’attention plus que tout autre ? L’accession à l’autonomie du pratiquant me tient tout particulièrement à cœur car elle sous-tend l’intérêt que je porte à mon rôle d’enseignante. L’aïkido se développe aujourd’hui dans le monde entier et son expression est multiple car il répond partout aux besoins culturels et éthiques des hommes qui le pratiquent en se colorant des particularismes continentaux, voire régionaux. Cependant, quelles que soient les modalités de ces diverses pratiques, 16 les principes ne semblent jamais dénaturer. Ces principes forment le liant de la relation aïki, les techniques ne représentant alors que les vecteurs physiques permettant de mieux les appréhender. La singularité dans la relation interpersonnelle s’appuie, en effet, sur l’universalité de principes tels que l’harmonie, la sincérité, le respect de l’intégrité, l’unité du corps et de l’esprit. Le rôle de l’enseignant est d’apprendre à décliner ses principes en capacités à développer. En choisissant de développer l’une ou l’autre de ces capacités, l’enseignant se donne des objectifs pédagogiques lui permettant d’organiser ses cours et ses séquences pédagogiques. En faisant participer ses élèves à sa recherche, il les incite à la réflexion et à un retour sur leur propre compréhension des principes, un pas vers l’autonomie. Quand Morihei Ueshiba, le fondateur, dit « L’art suprême en aïki est de gagner le combat sans combattre. » Quel sens lui donnez ? Dans la famille des arts martiaux, l’aïkido se singularise par l’absence de compétition. Il ne s’agit pas pour le pratiquant d’acquérir plus de puissance ou plus de force pour battre un adversaire en combat. Il n’est nul combat si ce n’est contre soi-même. La notion d’adversaire n’existant pas, seul l’entraînement existe et il se fait avec un « partenaire ». Les deux partenaires alternant systématiquement et régulièrement les rôles, ils se trouvent indifféremment confrontés aux états de l’être liés à la victoire, à la défaite. Leur ambition est alors le respect de l’intégrité physique et mentale de l’autre dans une relation où prévaut la recherche de l’harmonie qui sous-tend la nonviolence. Le corps devient l’instrument d’une mise en scène dans laquelle l’interaction entre deux individus vise à une meilleure compréhension mutuelle par la perception de leurs limites relationnelles respectives dans un cadre conflictuel normé. Il est question ici de développement personnel. Cette vision idéale de la pratique ne va pas sans soulever une question fondamentale : Quelle part l’enseignant devra-t-il prendre
dans cette recherche éminemment personnelle pour favoriser la construction de l’individu et son accession à l’autonomie ? En aïkido, les conditions de l’autonomie sont mises en jeu d’autant plus par l’enseignant qu’il demeure lui-même un pratiquant. Il est question de réaliser une solidarité apaisée par une bonne distance avec l’autre. L’imitation initiale des techniques proposées par l’enseignant permet la transmission de la discipline au travers des savoirs-faire qui la construisent. La coopération qui naît de la réciprocité de la relation en aïkido favorise l’émancipation progressive du pratiquant par rapport au modèle de l’enseignant. En lui faisant toucher du doigt les principes au cœur de l’aïkido, l’enseignant participe à l’élaboration de savoirs-être qui assureront la continuité de la démarche au travers de la pratique et de l’évolution de l’élève. Il semble nécessaire pour comprendre le rôle de l’enseignant de s’interroger sur ce qu’implique la relation éducative. L’imitation, accès aux savoirs-faire En aïkido, comme dans tout enseignement, l’accès au savoir est indispensable à l’émergence du pratiquant. L’imitation est nécessaire à l’apprentissage car elle est source de motivation. Elle naît du désir triangulaire inhérent à la relation entre le modèle éducateur, l’élève et l’objet du savoir. On veut ce que l’autre nous montre à désirer, plus simplement on veut ce qu’il veut. On désire ce qu’il nous désigne comme désirable, ce qui nous fait convoiter secrètement l’objet de son désir. On capte chez l’autre ce qui le pousse vers l’objet de son désir, on l’adopte ou on se l’approprie. Trois étapes jalonnent donc le parcours initiatique du pratiquant : imitation des formes extérieures du modèle (l’enseignant), imitation des comportements, des attitudes, imitation de l’autre, c’est-à-dire reproduction du rapport du modèle à l’objet de son désir. Le processus éducatif coïncide pendant un moment avec le processus d’identification à la personne même de l’enseignant dans une relation ternaire élève/enseignant/objet du savoir. Mais avec le temps, le modèle peut devenir un obstacle en lui-même. Il est celui qui enseigne quelque chose à quelqu’un, mais il est aussi celui qui suscite le désir de substitution du moi au modèle. Quand le modèle imité devient obstacle et rival, le désir de substitution est source de conflit. Quand les rivaux sont obsédés l’un par l’autre, ils délaissent l’objet même de leur désir. La médiation, accès aux savoirs-être. Lorsque la distance entre le médiateur (l’enseignant) et le pratiquant est grande (statut, autorité, temps, espace, etc.) aucune rivalité n’est possible. Le contexte est favorable à un apprentissage intensif. C’est le temps pour l’élève de l’acquisition des savoirs. Il est motivé par son développement personnel au travers de l’image d’un modèle avec lequel aucune confusion n’est possible. La distance ne pouvant induire la conformité, l’élève voit son choix limité à la ressemblance. On peut vivre en harmonie avec un « semblable. », tandis qu’on ne peut que souhaiter la disparition d’un « même » ou d’un « double » (théorie de l’ontogenèse). Ainsi lorsque le modèle se rapproche, les partenaires de la relation tirent ombrage de cette 17



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