Aïki Mag n°7 déc 03 à mai 2004
Aïki Mag n°7 déc 03 à mai 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de déc 03 à mai 2004

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : Kinomichi, l'art du mouvement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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rencontre avec marc bachraty atemis on en apprend un peu plus sur le fonctionnement bio-mécanique du corps et de sa propre fragilité. Cela étant dit, l’approche de l’atemi en aïkido me semble toute différente. En effet, pour nous autres aïkidoka l’atemi est conçu comme l’une des composantes à la construction de la technique. En cela il oblige au centrage à travers le placement, à l’attention portée au geste ; il permet de gérer la distance, et de générer et entretenir un déséquilibre, de projeter en donnant un sens de chute ; par ailleurs il permet de dissuader, de donner du rythme à la technique, d’apprécier la qualité des angles donnée à la technique, etc. Il permet aussi de prendre conscience de notre propre schéma corporel. Je crois qu’il est une part importante de l’aïkido. Quelle place faites-vous au Tai sabaki ? Le Tai sabaki est fondamental en aïkido, dans la mesure où il intègre dans sa pratique les notions Ma-ai (la distance) et le De-ai (l’anticipation). Le tai sabaki renvoie aussi aux principes de fluidité, de non opposition, et d’orientation de la force. Il nous force aussi à l’attention et permet d’adhérer au mouvement, de créer une relation, de l’entretenir. D’un point de vue corporel, il développe l’équilibre en apprenant à placer son centre de gravité le plus bas possible. C’est un exercice important 14 pour le placement des hanches, la recherche de l’assise à travers la mobilité. Il oblige à unifier toutes les parties du corps et l’esprit afin de les concentrer pour un geste parfait. Le tai sabaki nous permet de comprendre que le hara, les hanches sont l’un des moteurs du corps humain ainsi que le siège de l’équilibre mais également que les jambes sont des outils qu’il faut énormément travailler pour développer, améliorer nos habiletés motrices. Ces mouvements qu’ils soient irimi, irimi tenkan ou henka, offrent au corps une capacité à trouver de la vigueur, de la vitesse, et d’acquérir une force élastique. Le henka est le point charnière au irimi tenkan. Il est très intéressant à travailler car il oblige un placement correct des hanches ainsi que des angles fins pour laisser passer l’attaque et construire la technique. Les jambes sont les piliers et le soutien du corps humain. Dans mon enseignement, j’y accorde une large place. J’ai toujours été très impressionné par le irimi tenkan de Christian Tissier sur le katate dori Shiho nage Ura. Dans son pivot, il est capable de nous laisser sur place avec une vitesse et une stabilité, qui glacent. Pratiquez vous les armes parallèlement à l’aïkido ? Oui en effet, je pratique le Ken et le jo. En ce qui concerne le travail du Ken, je pratique l’aiki-ken et le kenjutsu que Christian Tissier nous enseigne. Le ken est essentiel à ma pratique car il permet de mieux comprendre l’aïkido et de développer des qualités spécifiques. Ainsi en aiki-ken, on s’efforce de s’harmoniser aux attaques de l’autre et ainsi développer une perception plus fine de la qualité des angles. On apprendra à effacer les hanches, le travail de liaison avec le partenaire. Rapidement, des formes de corps apparaîtront plus claires pour mieux appréhender l’aïkido. En kenjutsu, on insistera davantage sur les postures, les démarrages, la détermination, sur le sens de l’engagement, sur Irimi, etc. Psychologiquement, le kenjutsu l’éveil et forge le mental au danger. Il stimule donc notre attention et oblige à la vigilance. Il nous apprend à contenir nos émotions. Le danger est toujours présent dans le travail au ken. C’est en ce sens qu’il aiguise notre esprit. De plus, en ken la relation martiale est souvent plus forte qu’en aïkido, ainsi il n’y a pas de place pour la tricherie, pour la supériorité de poids, …La technique est un alphabet, un langage qu’il faut s’approprier par la répétition, afin que le corps acquiert des qualités qui avec le temps, prendront tout leur sens et dimension. L’esprit en revanche va animer et personnifier la technique, faire en sorte que chacun va s’approprier la technique, la digérer et la faire sienne…
ni même pour la spéculation. On se doit d’être intransigeant et sans concession envers son partenaire. Seul le travail prévaut. Toute la pratique du ken s’attache à améliorer nos qualités techniques. On y développe l’anticipation, la coordination ainsi que la tenue du corps, la position du dos, des hanches, le relâchement des épaules, etc. C’est en cela qu’il est nécessaire à l’étude de l’aïkido. En ce qui concerne le travail du jo, bien qu’il en ressorte les mêmes qualités qu’au ken, il offre une plus grande liberté d’action, de fluidité de mouvement et de souplesse. En jo la notion du uke nagashi (Ukeru signifie recevoir. Nagashi vient du verbe Nagareru qui équivaut à : fluidité. On peut donc le traduire par « recevoir l'attaque de façon fluide) est très importante, dans laquelle la recherche de la défense se fond avec celle de la riposte. L’étude du jo permet de mettre en place l’alternance du jeux de la contraction-décontraction du poignet, ainsi que sa vitesse de rotation. Pour Marc Bachraty, vigilance, anticipation, distance, sont autant de points majeurs à développer pour une bonne exécution des techniques d’aïkido. A quoi faut-il attacher le plus d’importance en aïkido, à l’esprit ou à la technique ? L’esprit et la technique participent tous les deux de manière significative dans la pratique de l’aïkido. La technique est un alphabet, un langage qu’il faut s’approprier par la répétition, afin que le corps acquiert des qualités qui avec le temps, prendront tout leur sens et dimension. L’esprit en revanche va animer et personnifier la technique, faire en sorte que chacun va s’approprier la technique, la digérer et la faire sienne. La technique est un legs que nous ont transmis des générations de maîtres en remontant jusqu’au fondateur, pour nous donner les principes philosophico-spirituels de l’aïkido. L’esprit quant à lui permet de faire évoluer la compréhension de la technique et d’affiner notre interprétation. Il donne du sens à ce que nous sommes et ce que nous voulons devenir. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’aïkido est un art vivant. En fait, c’est comme si vous aviez toujours à lire le même livre. A chaque nouvelle lecture se fait jour une compréhension différente, plus pointue. L’esprit offre à tout le monde l’opportunité d’explorer des pistes de travail, et d’oser entreprendre un chemin. Par conséquent c’est l’esprit qui va donner corps et forme à la technique. Le corps par la technique va permettre à l’esprit de s’incarner et de s’exprimer. Quels sont les aspects techniques qui vous paraissent incontournables pour une bonne pratique de l’aïkido ? En aïkido, il existe de nombreuses techniques mais qui répondent à des constructions assez semblables dans l’ensemble. C’est à dire qu’il faut au delà de la simple technique trouver les principes qui les lient entre elles. C’est peut être a travers cette exigence que l’on comprendra ce qu’est l’aïkido dans son essence. Alors il y a effectivement des aspects techniques à souligner comme : La recherche du placement juste, qui implique une bonne compréhension du ma-ai (cet intervalle d’espace-temps où les deux protagonistes entrent en relation et qui conditionne la mise en œuvre de la technique et sa parfaite réalisation. C’est là aussi que vont se créer le rythme, le mouvement) et du de-ai (ce que l’on appelle l’anticipation, cette capacité à envoyer un stimulus chez le partenaire pour le faire agir ou réagir. C’est le point crucial à ne pas manquer, car c’est lui qui va cristalliser le début de la relation et influer sur le dénouement final) ; La qualité du déplacement par l’exercice des tai sabaki permet la création et la conduite du déséquilibre pour conclure sur une projection ou une immobilisation ; La notion de centrage, qui suppose que l’on puisse contrôler la totalité de l’axe du partenaire. D’un point de vue psychologique il faudra toujours s’efforcer d’être attentif à l’autre pour percevoir ces intentions. Il faut garder une entière maîtrise de soi et être capable de contrôler ses émotions. Nous devons toujours agir avec un maximum de sincérité, de détermination et d’honnêteté pour s’inscrire dans une relation la plus vraie possible. L’engagement doit être total. Il faut faire en sorte de travailler avec esprit ouvert pour entrevoir toutes les opportunités de travail ; ce qui implique une totale disponibilité du corps et de l’esprit pour ne pas générer de raideur, de crispation et de refus (lequel est toujours sclérosant et ennuyeux). Il faut toujours accepter de remettre en cause son savoir à chaque fois que l’on monte sur le tatami, car c’est à ce prix seulement que l’on trouvera les ressources pour progresser et continuer dans cette voie ; Enfin il y a la notion de vigilance (zanshin), c’est à dire de pouvoir à chaque instant de la technique conserver son potentiel physique et émotionnel intact. t Marc Bachraty enseigne au Gymnase du Fort, 56, rue de Fontenay, 92140 Clamart Tèl : 06 71 12 90 03. 15



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