Aïki Mag n°7 déc 03 à mai 2004
Aïki Mag n°7 déc 03 à mai 2004
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de déc 03 à mai 2004

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : Kinomichi, l'art du mouvement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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rencontre avec marc bachraty Technicien exemplaire de la génération montante de l’Aïkido français, Marc Bachraty, 4e dan, a suivi un formation pluridisciplinaire qui donne à son enseignement un attrait particulier. GÉNÉRATION PLURIELLE Vous avez une pratique du budo assez complète, quelles écoles vous ont le plus marqué ? En effet, j’ai pratiqué pendant 5 ans le judo, comme beaucoup d’enfants qui souhaitent commencer un art martial. Ce n’est qu’à l’âge de 16 ans, en 1985 que j’ai découvert l’aïkido. C’est dans le dojo de Mariano Aristin que j’ai fait mes premiers pas. J’aimais la dynamique et le sérieux qui se dégageaient de ses cours. Mariano Aristin nous donnait aussi une fois par semaine un cours d’armes essentiellement basé sur l’étude de l’aiki-ken et de l’aiki-jo. Après quoi l’on pratiquait le iaido de l’école seitei-iai. Assez rapidement, les anciens du club m’ont poussé à faire des stages et c’est ainsi que j’ai fait mon premier stage avec Endo sensei en 1987. Il y avait présents tous les hauts gradés 12 qui font aujourd’hui la fédération. Et c’est là aussi que j’ai fait la rencontre de Christian Tissier, qui passait parmi les élèves pour nous aider à décrypter les techniques que nous enseignait Endo sensei. Depuis ce jour je n’ai cessé de participer aux stages de ligues et à ceux de Christian Tissier. Plus tard je suis allé rejoindre le Cercle Christian Tissier à Vincennes. Par ailleurs, sur les bancs du lycée on échangeait nos techniques respectives avec des amis qui pratiquaient le karaté. c’est ainsi que je me suis rendu compte qu’il fallait que j’améliore ma compréhension des frappes pour rendre ma pratique de l’aïkido plus pertinente. J’ai découvert le karaté Goju-ryu d’Okinawa par l’intermédiaire de Zenei Oshiro. Pendant des années, j’y suis allé deux fois par semaine dans un petit dojo du 12è arrondissement de Paris. Ce style de karaté très sobre et très pragmatique s’utilise sur des distances courtes. Les positions sont plutôt hautes et naturelles ; on y cherche à concentrer toute la puissance dans le hara afin d’être stable et enraciné. Ce style accorde une place importante au travail à deux et il y a même des exercices qui s’apparentent au travail des mains collantes du Tai-chi chuan que je pratique un peu. Par ailleurs Zenei Oshiro qui a été l’élève de maître Matayoshi aussi un expert du Kobudo d’Okinawa. Alors parallelement au karaté je pratique aussi cette discipline, depuis maintenant une dizaine d’années. C’est ainsi que je perçois le budo comme une voie initiatique qui vise à la formation physique et spirituelle de l’individu, dans un engagement sur le long terme. Il y a dans le budo cette volonté constante de faire de sa pratique un lieu de vie et d’éveil en considérant notre corps comme un moyen d’aller à la rencontre de nousmême et des autres. Il faut s’efforcer par un travail corporel de comprendre les principes qui donnent du sens à la vie. La pratique du budo exige de la volonté, de la conviction, de l’humilité pour accepter de remettre sans cesse en cause son savoir ou ce que l’on croit posséder. Pourquoi avoir choisi l’Aïkido comme pratique centrale aujourd’hui ? L’une des compréhensions fondamentales du budo est sa relation étroite avec les questions existentielles que l’on peut se poser. Il nous permet chaque jour qui passe d’apprécier intensément la vie en respectant les autres, la nature et de se connaître davantage, pour trouver la sérénité. L’Aïkido est ce moyen d’y parvenir, et
peut se définir par ces deux mots : l’empathie et la clémence. Dans la relation que l’on établie, il y a toujours cette volonté d’écouter, de sentir, de comprendre les intentions du partenaire. Toute la pratique de l’aïkido doit tendre à nous harmoniser ; faire que l’on assure notre devenir dans la rencontre avec l’autre, en trouvant les principes qui animent toute rencontre.On s’efforcera de respecter sans cesse l’intégrité du partenaire en assurant sa propre sécurité. Je crois que le pouvoir de contrôler ses émotions a d’énormes répercussions sur la façon dont on organise sa pensée, et sur la façon dont on exécute une technique. L’aïkido, est aussi le seul art martial où il est fait cas du travail de uke. Celui-ci nous rappelle sans cesse que des évènements imprévus peuvent arriver à tout instant, nous obligeant à s’adapter aux circonstances. L’Aïkido, c’est aussi avoir un esprit présent, vigilant et attentif à tout ce qui nous entoure. Enfin, j’aime l’esthétique de l’aïkido, son raffinement lorsqu’il est animé par la fluidité et la dynamique. Suivez vous un sensei particulièrement ? En aïkido, je suis l’enseignement de Christian Tissier depuis de nombreuses années maintenant. Christian Tissier est une personnalité à part dans le monde de l’Aïkido. C’est un être brillant que j’ai la chance de côtoyer un peu. Son attitude est exemplaire et de toutes les rencontres que j’ai faites c’est certainement la personne qui influence le plus ma pratique. Dans ses cours, il a toujours le désir de nous transmettre un enseignement rigoureux et profond, faire en sorte que nous puissions comprendre ce qui est important dans une technique, et aller directement a l’essentiel. Sa façon de concevoir et d’expliquer un geste est sans nul autre pareil. Il est toujours très pur et le plus simple possible dans ses démonstrations. Mais nous savons tous que la conception simple, sans superflu d’un geste technique demande une longue maturation et des années de travail et de recherche. C’est ainsi que du débutant au plus gradé, chacun pourra trouver les outils nécessaires à sa compréhension pour améliorer sa technique. Ce qui me marque le plus en lui, c’est cette capacité à renouveler sans cesse sa pratique et à nous apporter de la nouveauté. Il est en constante recherche. Par sa clairvoyance et son discernement, sa constance et sa rigueur, il est capable de nous pousser loin dans nos objectifs afin d’élever notre niveau. Il y a également Zenei Oshiro, qui avec patience et gentillesse dispense ses cours avec un rare enthousiasme. Il me permet de comprendre un peu plus la pensée japonaise dans la conception du karaté et les valeurs humaines qu’exige cette discipline. C’est aussi une personnalité discrète et rayonnante. Merci à eux deux. À vous voir pratiquer, il semble que la vitesse d’exécution soit un facteur primordial dans la technique ? La vitesse est une qualité qu’il nous est offerte de découvrir, aussi je pense qu’elle est utile. C’est une des expressions de la vitalité. Personnellement, j’ai toujours été impressionné par cette qualité chez les kendoka, qui dans leur concentration extrême et leur apparente tranquillité extérieure, sont capable de faire jaillir en une fraction de seconde, une frappe incisive et déterminante en clouant littéralement sur place l’adversaire. Mais bien sûr, la vitesse rime avec lenteur et ce sont ces deux expressions de l’énergie qui vont donner le rythme à la technique. J’aime cette capacité à être vif, tonique et dynamique. Du reste le travail des armes nous donne l’occasion d’exprimer cette notion. La vitesse n’est possible que si le corps est suffisamment relâché pour laisser fuser le geste. En d’autres mots le relâchement peut être la mesure de la vitesse. Pour ma part et en rapport à mon âge, je pense que cela correspond à une étape qu’il faut expérimenter pour voir ce qu’il y a derrière. La vitesse est inscrite dans l’esprit des arts martiaux japonais. Il y a toujours cette volonté d’optimiser un geste pour le rendre le plus spontané et le plus pertinent possible à l’instar de l’archer qui n’aurait qu’une seule flèche dans son carquois pour atteindre une cible mouvante. La vitesse fait aussi appel au mental, où il lui est demandé de prendre une décision juste, claire et immédiate sans tergiverser. Vous utilisez beaucoup les atemis, dans quelles phases sont-ils le plus efficaces ? En première analyse, il convient de faire une différence entre les atemis portés en karaté et en aïkido. En effet, en karaté on étudie l’atemi comme un geste optimal qui permet de neutraliser un individu. Aussi se forge-t-on une arme avec toutes les parties du corps. Cela permet d’accroître une relative confiance en soi et de comprendre quels sont les points faibles du corps. De ce fait la notion d’altérité est importante, car à travers le travail spécifique des Beaucoup de relâchement dans une grande rigueur technique produit une qualité d’aïkido exemplaire. 13



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