Aïki Mag n°6 juin à nov 2003
Aïki Mag n°6 juin à nov 2003
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de juin à nov 2003

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : le réalisme Aïki d'Arnaud Waltz.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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entretien avec pascale girod A la RECHERCHE de L’HARMONIE totale Elle vit l’Aïkido comme une aventure intérieure qui doit mener au dépassement de soi, à la manière d’une course de fond, sur les tatamis, tout en se sentant également concernée par la construction de l’Aïkido en France. Esprit indépendant, elle communique sa passion avec une désinvolture apparente qui ne masque pas totalement une réelle rigueur. Entretien avec Pascale Girod, une aikidokate qui pulvérise bien des clichés en vigueur. 8 J’imagine que l’Aïkido a été une révélation pour vous lorsque vous l’avez rencontré, en quoi a-til influé sur votre vie ? J’ai débuté l’Aïkido en 92 avec Alain Royer comme professeur. J’avais un passé sportif varié (gymnastique, escrime…), avec toujours l’envie de pratiquer un art martial. Lequel ? Spontanément ma nature m’aurait dirigé vers le Karaté… Puis les années passant, j'ai laissé un peu de côté les compétitions pour les études… Le hasard et la curiosité m’ont orientée vers l’Aïkido, par un article lu dans la presse régionale. J’ai donc « foncé » à Royat vers le dojo et les tatamis en question : Sitôt commencé, sitôt adopté ! En cela, je peux donc affirmer que l'Aïkido fut une révélation car jusqu’à ce moment, je trouvais toujours une « faille » ou plus exactement un « manque » dans les diverses activités sportives que je pratiquais, ainsi d'ailleurs qu’à celles que je pratique encore (course à pied, VTT, ski de fond). Révélation aussi de part le fait que l’Aïkido permet « toujours plus » … De la répétition naît l’envie et le plaisir, qui eux, permettent de se perfectionner sans cesse ; sans toutefois être dans une vérité rigide et immuable ! En clair, « le plus beau » est éphémère, le « plus fort » aussi… Et le doute constant… Donc l’humilité présente et par voie de conséquence l’évolution possible pour l’être humain. Ainsi l’Aïkido a influé sur ma vie, dans le sens où jusqu’alors je pensais avoir toujours raison et avoir atteint « mes sommets », sans jamais risquer de devoir les remettre en cause. Aussi depuis une dizaine d’années, j’essaye d’être plus souple, plus ouverte sur le monde et sur autrui ; d’être authentique, sincère avec moi-même, avec les pratiquants mais aussi au quotidien dans ma vie personnelle et professionnelle. La recherche de l’harmonie fait partie intégrante de mon rythme quotidien, mais je sens bien que le chemin est encore long…
L’Aïkido par certains aspects n’est-il pas comparable à une course de fond ? Oui, par deux aspects au moins : la recherche de la pureté et la solitude. Je m’explique : dans les deux cas c’est un « combat » intérieur et extérieur (physique) permanent pour atteindre les sommets et pour se perfectionner sans cesse. Sommets que l’on s’est choisis à un moment donné… L’Aïkido et la course de fond sont comparables sur la forme et le fond car les deux proposent une confrontation avec soi-même, et permettent d’aller à la rencontre de soi… Pour résumer, c’est un dépassement de soi dans un souci constant de perfectionnement et d’amélioration. À qui profite le plus la pratique mixte en Aïkido : à lui ou à elle ? Je pense que la pratique de l’Aïkido apporte à l’homme et à la femme une meilleure connaissance de l’autre, grâce au « toucher » dans la pratique, et donc améliore ainsi la communication entre les deux sexes, opposés et complémentaires. La mixité des tatamis permet peut-être, d’atténuer les « lieux communs » (ex : l’homme est plus fort que la femme, la femme est plus souple que l’homme etc.). En effet, il se peut que certaines femmes ne soient pas souples et que certains hommes ne soient pas forts non plus ! Je pense donc que la pratique mixte profite aussi bien à lui qu’à elle. Toutefois, pour ma part, j’aime cette pratique mixte qui me permet de mieux connaître l’Autre dans son corps et son esprit, car, pour moi, le comportement corporel est lié au mode de penser de l’individu dans l’instant présent. Le développement d’un style personnel d’Aïkido nécessite-t-il pour vous de suivre un sensei plutôt qu’un autre ? Je pratique l’Aïkido avec Alain Royer. Je suis fidèle à son enseignement car dès le début, s’est instauré un climat de confiance réciproque. Je vais aussi voir d’autres experts, bien évidemment, Christian Tissier ainsi que Patrick Bénézi, Philippe Gouttard, Franck Noel et Bernard Palmier… entre autres. Tous ces sensei m’aident à construire mon Aïkido et me permettent d’avoir une vision élargie de la discipline. J’entends par là, qu’au-delà des techniques, je perçois ce qu’est vraiment l’Aïkido. Toutefois malgré mon niveau de 2e dan, je reste persuadée que le style personnel est lié au fait d’être soi-même et non pas de copier tel ou tel autre sensei aussi gradé soit-il ! Cela ne serait alors qu'une pâle et piètre copie… et puis la nature intrinsèque d’un individu lui est propre ! Les techniques existent et doivent être transmises avec rigueur. Le style personnel est celui qui vient du cœur et des « tripes » … Les pratiquantes sont-elles plus naturellement portées vers l’harmonie ? De part la forme de notre corps, plus rond, OUI ! Au travers des comportements sur les tatamis, pas forcément… Les femmes veulent parfois prouver qu’elles sont les égales des hommes. Alors, dans notre pratique, nous en perdons la « rondeur » qui nous caractérise. Pour ma part, je pense que le fait de « guerroyer » reste une étape, indispensable, pour vérifier techniquement et physiquement les techniques. Puis, ensuite, nous devons passer à autre chose afin d’abandonner ce combat inutile et stérile sur le long terme. Je pense aborder cette 2e étape et donc dans ma pratique, je tends à être plus détendue, plus souple, et plus « relâchée ». Mon tempérament, ma spontanéité et mon dynamisme ne m’aident pas vraiment ! Mais je m’efforce de trouver le naturel et donc l’harmonie de la femme. Il faut que nous, les femmes, nous « lâchions prises » … Notre rôle n’est pas forcément de prouver… Soyons en paix avec nousmême ; arrêtons de vouloir nous mesurer et de nous confronter aux hommes, tout simplement ! Ainsi, l’harmonie se dégagera de notre corps et de nos comportements. D’ailleurs, ne dit-on pas que la femme est l’avenir de l’homme ? Aujourd’hui, vous enseignez, comment cette décision a-t-elle été prise ? Comment distinguez-vous l’enseignante que vous êtes de la pratiquante ? J’envisageais d’enseigner mais pas forcément aussi rapidement (pour des raisons professionnelles). Puis, l’an dernier, un ami coureur à pied, m’a mise en relation avec la mairie de Blanzat, qui souhaitait organiser une démonstration d’arts martiaux à la rentrée. J'ai alors convaincu la municipalité du bien-fondé d’ouvrir une section d’Aïkido. L’opportunité a donc pro- Pascale Girod nous montre que le geste juste, libéré de toute contrainte comme le permet l’Aïkido produit une forme aussi efficace qu’esthétiquement parfaite 9



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