Aïki Mag n°6 juin à nov 2003
Aïki Mag n°6 juin à nov 2003
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de juin à nov 2003

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : le réalisme Aïki d'Arnaud Waltz.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
rencontre avec arnaud waltz pratique. Quand on enseigne, on ne fait pas vraiment de l'Aïkido, on décortique, on fait de l'arrêt sur image. Quand on veut faire de l'Aïkido, on ne peut pas enseigner. On fait une proposition, on fait une démonstration technique, à ce moment-là on n’enseigne plus, on n'explique plus rien. Mais je pense qu'il faut passer par là, alterner les formes. 14 …Transcender son ego, je ne sais pas trop ce que cela veut dire encore. Je dirais autre chose, celui qui est en mesure de trouver ses propres limites, de s'accepter tel qu'il est, celui-là est en mesure de proposer un cours d'Aïkido. Je n'ai pas expérimenté autre chose… Est-ce envisageable d'utiliser les techniques d'Aïkido systématiquement sur toutes les formes ? Il y a sur certaines techniques des impossibilités bio-mécanique. Ce qui est intéressant c'est de varier au maximum ces formes. L'intérêt de la pratique ce n'est pas seulement d'apprendre et de peaufiner une technique, de ne faire que ça. L'intérêt, c'est d'avoir une espèce de disponibilité pour lever les contraintes. Si l'on n’a qu'une manière, on se limite dans l'appréhension et la représentation que l'on a des choses. Je pense donc que oui, il faut varier autant que possible, mais sans jamais se perdre bien sûr. Il faut toujours pouvoir se raccrocher à quelque chose de commun. En l'occurrence les principes qui sont dictés dans les critères d'évaluation des passages de grades, toutes les notions de centrages, de direction, etc. Ce que j'appelle la logique interne de l'activité. Autour de ça, on peut créer ce que l'on veut. D'ailleurs quand on prend les formes d'Aïki de Endo sensei, de Yamaguchi sensei ou d'autres encore, on voit bien qu'il y a une certaine liberté de prise par rapport aux formes de base. Mais il ne faut pas oublier ces formes, c'est le référant commun, c'est ce qui nous fédère, qui nous organise, mais également ce qui nous permet d'en sortir. Varier pour être créatif ou sophistiqué c'est bien, mais attention à ne pas tomber dans un délire non plus. C'est une question de mesure. L'Aïkido est-ce vraiment "10000 techniques, un seul esprit" ? L'Aïkido, c'est plein, plein, plein de formes, et il y a un noyau, des principes, alors 10 000 techniques et un esprit, c'est possible. À partir du moment où on assure la continuité dans les actions en travaillant sur les principes de centrage et de direction, n'importe quel type d'exercice en se terminant par une chute peut devenir de l'Aïkido. C'est l'illustration de ces principes, la mise en forme, l'opérationalisation de ces principes. L'Aïki, c'est la capacité de mettre en forme une philosophie, une manière d'être dans une relation conflictuelle. Existe-t-il des techniques que vous préférez à d'autres ? Je n'y ai jamais vraiment pensé. Je dirais Ikkyo et Irimi nage. Ikkyo parce que tous les principes de contrôle découlent de cette technique. J'ai l'impression que tout ce que l'on fait après Ikkyo, c'est pour comprendre Ikkyo. Et Irimi nage parce qu'il y
a un rapport au corps qui m'intéresse. Il y a une proximité, tout un jeu très riche qui peut déboucher sur beaucoup d'enchaînements. C'est très riche Irimi nage, très ludique. J'aime bien. ça correspond bien à ma manière de faire, de ressentir, de toucher les autres et de près. Je n'aime pas trop les Kokkyu. Kokkyu, quand ça marche on ne sent rien du tout, quand ça ne marche pas on sent vraiment qu'on est mauvais. En fait ce n'est pas la forme qui m'intéresse le plus mais ce que je vais ressentir avec le partenaire. C'est un contact qui permet de jouer sur plusieurs niveaux. C'est très agréable. Préconisez-vous une pratique spécifique des armes ? J'enseigne peu les armes. Il n’y a pas si longtemps, je pensais qu'il fallait absolument faire des armes… c'est indispensable, ça structure, ça organise, c'est la martialité. Maintenant, j'ai évolué, ça aussi, ça s'est transformé. Je pratique toujours les armes, surtout le Kenjutsu, mais là aussi ce qui m'intéresse c'est de faire avec l'autre, de ne pas l'empêcher de travailler, de créer les conditions pour qu'à deux ça se passe bien. Sinon je ne pense pas que les armes soient si intéressantes que ça en Aïki. Ça fait partie du patrimoine technique, il faut le conserver. Ça peut apporter des indications au niveau de l'attitude, de la distance, du timing, c'est sûr. Maintenant, on peut très bien être un bon aïkidoka sans être très bon en armes. Sans compter que les armes nécessitent beaucoup de travail et celui qui n'a pas vraiment beaucoup de temps, ne progresse jamais. Il n'y a pas que les armes pour comprendre l'Aïkido. J'ai fait de la boxe thaïe par exemple, ça m'a permis de comprendre certains aspects de l'Aïkido aussi. Pour vous, l'Aïkido mène réellement au respect de son adversaire ? J'aimerais bien. Je voudrais bien, mais je ne suis pas sûr que ça marche. Certains tendent vers ça, mais j'entends toujours des propos racistes dans les vestiaires par exemple, des choses comme ça. Je ne suis pas sûr qu'on respecte toujours les gens avec qui l'on vit, ou qui ne vous ressemblent pas. C'est terrible à dire, mais je crois qu'on peut être très bon en Aïkido et être un sacré con. Je ne suis pas sûr qu'il y ait vraiment une corrélation. On ne devrait pas parler d'adversaire mais de partenaire. Certains vivent l'Aïkido dans cette voie-là, d'autres ne voient que des adversaires. Les sensei japonais reprennent souvent une affirmation de Morihei Ueshiba "seul celui qui a transcendé son ego peut transmettre l'Aïkido", est-ce votre avis ? S'il fallait attendre ça, je crois qu'on ne ferait pas beaucoup d'Aïkido. Je crois que c'est celui Produire un Aïkido parfait passe par une relation privilégiée et un partage bien consenti avec son partenaire. qui est dans la dynamique de transcender son ego, celui qui est dans cette recherche qui peut à ce moment-là proposer cette dynamique de recherche pour les autres. Transcender son ego, je ne sais pas trop ce que cela veut dire encore. Je dirais autre chose, celui qui est en mesure de trouver ses propres limites, de s'accepter tel qu'il est, celui-là est en mesure de proposer un cours d'Aïkido. Je n'ai pas expérimenté autre chose. À quoi faut-il accorder le plus d'importance ? Être à l'écoute de l'autre. Arriver à se mettre en harmonie avec l'autre comme deux ou trois instrumentistes qui vont faire un bœuf de Jazz. Ne pas jouer plus fort que l'autre, ne pas jouer moins bien, essayer de faire en sorte que tout s'accorde. ça ne peut pas fonctionner en dehors de l'écoute de l'autre et ensuite, il faut donner le meilleur de soi. C'est ce qui me paraît le plus intéressant. t 15



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :