Aïki Mag n°6 juin à nov 2003
Aïki Mag n°6 juin à nov 2003
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de juin à nov 2003

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : le réalisme Aïki d'Arnaud Waltz.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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rencontre avec arnaud waltz Technicien très suivi pour les stages de haute tenue qu’il dirige partout dans l’exagone, Arnaud Waltz, 5e dan, est de cette génération d’aïkidokas nourris à la source traditionnelle, confrontés à la réalité du terrain. DU RÉALISME DANS L’AÏKI Où votre parcours vous fait-il situer l'Aïkido dans l'univers des arts martiaux ? Je dirais que l'Aïkido est un art martial à part entière et aussi un art martial entièrement à part. Il contient tous les éléments d'un art martial traditionnel, l'étiquette, les techniques, les formes, etc. Enfin, tout ce qui construit un art martial. En même temps, il est entièrement à part, parce que le projet de l'Aïki en lui-même, à long terme, remet en cause tous les fantasmes des arts martiaux. L'Aïkido, c'est le plus jeune des arts martiaux et en même temps le plus moderne. À la fois ancré dans une tradition et en même temps, par des principes simples, 12 l’Aïkido permet d'avoir une marge de liberté énorme. On pourrait pratiquement ne faire que de la forme, sans s'ancrer dans la martialité. Il faut y faire référence, mais on peut s'en détacher sans dénaturer l'activité. On n’est pas obligé de se matraquer, de déplacer des montagnes, de faire reculer ses limites tout le temps. On n’en est pas là, on peut échapper à ça si on en a envie. Alors que dans d'autres arts martiaux, il y a une espèce d'obligation de résultats. Il faut casser des briques ou casser la figure à quelqu'un ou marquer des points ou même simplement une dimension sportive qui peut être projetée dans la pratique. En Aïki, ce n'est pas possible… et ça, c'est vraiment intéressant. Cependant, la compétition existe toujours, elle est implicite… le combat des frères sur le tatami, il existe, mais pour moi ce n'est qu'un moment de la pratique, plus généralement chez les hommes d'ailleurs que chez les femmes. C'est un moment où on peut se tester, chercher ses limites, mais l'âge venant, la progression technique avec, on finit par trouver d'autres réponses et d'autres sources de plaisir que de massacrer le copain. L'Aïkido est une pratique qui permet de mettre ça en place. On peut vivre l'Aïkido à différents niveaux. Vous dirigez régulièrement des stages de haut niveau, comment vous organisez-vous. Qu'est-ce qui distingue le maître de l'élève ? D'abord, il y a une grande différence entre ce que j'enseigne en stage et mon cours au dojo. En
club, j'ai la responsabilité de mes élèves sur le long terme. Il faut connaître chaque élève, entretenir une progression, comprendre leur demande qui est presque une demande quotidienne, alors que le stage est plus un événementiel. Dans le stage ma priorité va à la construction avec les élèves d'une ambiance de travail, d'une convivialité, un moment où l'on peut apprendre des choses tout en se faisant plaisir. Quand j'ai débuté mes stages, je les préparais à l'avance. Maintenant, j'arrive sans plan établi, je ne sais pas ce que je vais faire, même pendant le salut. En fait c'est pendant l'échauffement que je prends l'ambiance du groupe, parfois de 200 stagiaires, et il faut démarrer quelque chose. Très souvent, je prends un uké, je démarre quelque chose avec lui et ensuite par rapport à ça je vais greffer une progression. Des progressions techniques j'en ai maintenant un bon nombre dans la tête. Je ne commence pas forcément par une progression sur le plan technique, mais quelque chose qui permet par exemple de décoincer une attitude, de travailler l'amplitude, de travailler les atémis etc. ça dépend de ce que je vais ressentir avec le groupe. Je ne peux pas comme ça le préciser, mais à chaque fois que je suis devant des élèves ça devient évident, d'un seul coup. Pour ce qui est des cours au club, c'est différent. Le travail s'enchaîne semaine après semaine, il y a les passages de grades, les échéances. Il faut organiser une progression sur le long terme, plus rigoureuse. Lors des stages, c'est une relation nouvelle qui se crée à chaque fois avec les élèves. Je dois faire en sorte que tout le monde prenne le maximum de plaisir et de bien-être. Je mets un point d'honneur à ce qu'il n'y ait pas de blessé sur le tatami. S'il y en a qui devait se faire mal, c'est qu'il y a de ma part une erreur de gestion du groupe, c'est qu'il y a une proposition mal adaptée. Il est important de faire attention à tous ces détails. Par ailleurs, quand à mon tour je suis élève dans un stage, je me laisse porter par celui qui dirige le cours. Je n'ai rien d'autre à faire que d'exécuter ce qu'on me demande de faire. C'est la position la plus confortable. C'est tellement dur et frustrant d'enseigner que c'est génial quand on peut être élève. J'adore ça. Ah ! si je pouvais être élève plus souvent ! l’efficacité de l’Aïkido se démontre également contre des attaques avec armes L'Aïkido requiert un engagement personnel exigeant. Comment arrivez-vous à concilier à la fois l'enseignement de l'Aïkido et votre propre progression ? Enseigner ne peut pas être un frein à la progression dès l'instant que l'on s'intéresse vraiment à ses élèves. Dès l'instant que l'on essaye de comprendre quels sont leurs blocages, leurs difficultés ; est-ce que ça vient d'eux ou de soi-même, de la manière dont les choses sont proposées ? Il y a forcément un retour sur soi-même de ce que l'on fait. Maintenant, là où ça peut être gênant pour sa propre progression, c'est lorsqu'on s'enferme dans une définition de soi et que l'on ne veut plus rien y changer. Quand on ne met pas son image an péril du regard de l'élève ou que l'on n’accepte pas d'être dérangé dans ce que l'on propose. C'est-à-dire s'enfermer dans la conviction d'être le seul maître, le seul à posséder le savoir. S'enfermer dans cette voie, fabriquer des élèves à son image, bien sûr c'est sclérosant. À partir du moment où l'on prend conscience que dans un cours hétérogène, avec des écarts de niveaux très importants, c'està-dire des 3e ou 4e dan au milieu de débutants, on ne peut pas leur apporter ce qu'ils attendent. Alors je propose aux plus gradés d'aller chercher ailleurs, à Vincennes par exemple, ou dans des stages ou même de voir d'autres professeurs. Qu'ils vivent leurs vies ! Ensuite, quand ils reviennent,, ils m'apportent autre chose et ça devient intéressant de confronter nos points de vue. Ça va m'obliger à me questionner, à me dire que l'on peut voir les choses différemment. J'estime que c'est à ce moment que l'on s'enrichit, que l'on peut concevoir que l'enseignement participe d'une progression. Maintenant, j'en suis sûr, l'enseignement ne remplacera jamais la sueur que l'on dépense sur le tatami quand on chute… parce que l'enseignant lui, ce n'est pas son rôle de chuter. Il est clair qu'il y a nécessité pour lui de rester dans la réalité de la 13



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