Aïki Mag n°5 déc 02 à mai 2003
Aïki Mag n°5 déc 02 à mai 2003
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de déc 02 à mai 2003

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : l'Aïkido de braise avec Olivier Gaurin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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entretien avec christian mouza HARMONISER le CORPS et l’ESPRIT L’art de transmettre l’Aïkido aux plus jeunes n’est pas chose aisée. Une méthode appropriée alliée à la réception naturelle de l’enfant permet de bon résultats comme nous pouvons le constater dans la section de Fontenay sous Bois où enseigne Christian Mouza 4e dan. Un entretien préalable est-il nécessaire pour connaître les motivations de l'enfant ? A priori non. En début de saison, une grosse section enfants ne permet pas de connaître les motivations de chacun. Par ailleurs, j'ai remarqué que généralement les enfants de six à huit ans sont inscrits par décision de leurs parents : l'absence de compétition oriente leur choix sur notre discipline. À partir de dix ans, l'enfant est davantage décideur, mais ses motivations premières sont d'ordre social : les copains, club sympathique etc. Les plus grands arrivent par cooptation. En cours d'année, je réalise un petit sondage auprès des enfants, à l'aide d'un questionnaire : je leur demande entre autres ce qui est le plus difficile à leurs yeux en aïkido, et ce qu'ils préfèrent. Naturellement, selon l'âge et le grade, les réponses sont modulées. Mais globalement, leurs réponses confirment mes observations : 8 dans l'ensemble, ce qui leur pose le plus de problèmes au niveau technique c'est le travail de déplacements et de placement avec un partenaire ; en revanche, le plus fréquemment ils préfèrent le travail sur les chutes. Cet outil est très utile pour évaluer et mieux connaître chaque enfant. Comment s'organise la répartition des élèves ? Pour constituer mes groupes, j'ai plusieurs critères : - le grade - l'âge - la morphologie - quand c'est possible, les affinités - parfois il faut prendre en considération les activités annexes des enfants, ce qui ne facilite pas mon organisation. Ma plus grosse section enfants propose six cours différents, de l'enfant débutant de six ans, au perfectionnement adolescent (16 ans). Chaque groupe compte une quinzaine d'enfants. Exigez-vous des aptitudes physiques particulières ? Tous les enfants peuvent pratiquer cette discipline, dans la mesure où il n'existe pas de contre-indication de la part du médecin (seul compétent). Lorsque j'enseigne à des enfants de la tranche d'âges 6-9 ans, je respecte leurs caractéristiques psychologiques et biologiques, avec un travail spécifique. Certains enfants ont plus de difficultés que d'autres. Mon objectif est alors de leur faire prendre conscience de leur corps propre : - latéralisation, - mobilité du bassin et du rachis, - respiration, rôle de la tête - notion de rythme dans le mouvement Les principes d'harmonie ou d'énergie sont-ils accessibles pour un jeune pratiquant ? À mon avis, les principes d'harmonie et d'énergie ne sont pas très accessibles à des enfants. Beaucoup d’attention et de concentration chez les jeunes pratiquants sous le regard et les directives de Christian Mouza.
Personnellement j'aborde rarement le concept d'énergie, trop abstrait pour eux. Mais dans leur pratique, le principe d'énergie est présent de manière inconsciente. En revanche, l'harmonie occupe une place fondamentale dans mon enseignement. Pour cela, j'essaie de faire découvrir la sensation de l'adversaire, et l'élément déclencheur du mouvement : par exemple, au travail d'action de Uke qui est de frapper, saisir, pousser ou tirer, Tori doit répondre en utilisant la force de Uke, dans le sens de son action. Les enfants violents sont-ils facilement adaptables ? Je pense que le terme "violents" n'est pas juste, ou adapté. Les mots "super-actifs" ou "turbulents" me conviennent mieux. J'enseigne l'Aïkido aux enfants depuis une dizaine d'années et je n'ai pas rencontré d'enfants violents ou agressifs. Turbulents ou actifs, c'est une réalité. Il est plus difficile de leur inculquer l'étiquette et le respect des autres, et de leur expliquer les règles et l'attitude à tenir dans un dojo. Généralement je les responsabilise en les mettant en avant pour démontrer. Ensuite une harmonisation avec le groupe se crée et l'enfant y trouve sa place. Je reste toutefois vigilant. J'anime des stages enfants en province régulièrement depuis quelques années et je constate que ces enfants peuvent réellement perturber une séance, lorsqu'ils sont mal "canalisés". Je choisis toujours ces enfants-là pour montrer les jeux de concentration ou de réflexes, et cela fonctionne assez bien. La mixité est- elle évidente ? Il est vrai que tous les ans, je suis confronté à ce problème. En début de saison, dans la mesure du possible, je fais très attention à la composition des groupes, que je cherche à équilibrer au mieux. Entre six et dix ans, les enfants n'attachent pas d'importance au choix du partenaire. En revanche, entre dix et treize ans, cela devient un peu plus difficile de faire travailler les filles avec les garçons (et vice-versa). De ce fait, pour les enfants de cette tranche d'âge plus difficile, je fais changer régulièrement de partenaire. Lorsque je me heurte à certains blocages, je cherche à en connaître les raisons, puis j'explique qu'il est important de travailler avec beaucoup de personnes différentes pour progresser dans de bonnes conditions, chacun ayant des aptitudes différentes, une morphologie différente, un caractère différent etc. Tout ces éléments induisent un travail sur soi très important. Mon expérience m'a révélé qu'il faut toutefois rester vigilant sur ce sujet tout au long de la saison. Sur quels points travaillez-vous principalement ? J'oriente mon travail avec les enfants autour de quatre axes pédagogiques : - Connaissance du corps - Attitude - Relation avec le partenaire Une des difficultés que je rencontre en tant qu'enseignant face à des jeunes, est d'avoir à résoudre l'apparente contradiction de l'Aïkido : l'art du combat sans combattre. - Technique Concrètement, j'essaie de mettre en corrélation tous ces éléments qui apporteront aux enfants la base solide nécessaire à une bonne progression technique, avec une "attitude" et un travail clair et précis. L'essentiel de mes cours repose ainsi sur les thèmes suivants : ß les déplacements : irimi en ayumi ashi (marche normale) ; irimi tenkan (déplacement pivot autour du pied avant) et irimi tenkan henka (changement de posture sans bouger le pied avant) ; -les chutes (avant/arrière) à travers diverses formes d'apprentissage : en ligne sur le tatami, à tour de rôle sur un gros tapis de gymnastique pour ceux ou celles qui appréhendent les chutes enlevées, à deux ou à trois sous forme de jeu ; -la relation avec un partenaire (faire de l'aïkido avec Uke et non contre) : harmonisation dans l'utilisation du contact ; étude de l'échange "action/réaction". Comment faites-vous passer une discipline de comportement essentielle à la pratique ? Une des difficultés que je rencontre en tant qu'enseignant face à des jeunes, est d'avoir à résoudre l'apparente contradiction de l'Aïkido : l'art du combat sans combattre. 9



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