Aïki Mag n°5 déc 02 à mai 2003
Aïki Mag n°5 déc 02 à mai 2003
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de déc 02 à mai 2003

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : l'Aïkido de braise avec Olivier Gaurin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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entretien avec DÉFAIRE UNE IMPASSE "Défaire l'amour", c'est ouvrir l'amour, le déplier, le défroisser au monde. Peut-être faut-il expliciter ici (…), en quoi le "passeur d'orage" est un agent de la concordance. Le passeur est agent de la concordance parce qu'il défait une impasse, il fait passage à "l'agressivité" d'autrui. Le mot "agressivité", ici employé avec des guillemets, à un sens éminemment large, il se peut même que cette agressivité ne soit pas apparemment violente physiquement mais violence latente, fourbe ou même insidieuse. Le passeur alors doit créer de la concordance de passage, une alliance à cette forme de violence, à ces formes autres aussi, donc en être : lucide. COMPRENDRE L’AÏKIDO, page 117. 18 balisage. Ceci afin de ne pas « errer », car il y a tant à apprendre. De plus, un balisage est également nécessaire pour ne pas tomber dans les pièges grossiers de la montagne. La pratique sur le tatami sera très certainement plus juste si l’on sait pourquoi on pratique (du moins pour ceux qui ne cherchent pas un moyen supplémentaire de domination). Ce n’est donc pas une « autre vision » qui est appelée ici, c’est une vision « éclaircie » de ce que l’on fait et pourquoi. Parce qu’il est plus facile d’apprendre, pour nous surtout, occidentaux, ou de faire, quand on sait pourquoi on apprend, ou pourquoi on fait. Ça aussi, c’est une question de culture. Maintenant, cela reste juste un « balisage ». Il ne s’agit pas de dire « changez de vision ». Il s’agirait plutôt de dire : « déployons cette vision, et en même temps affinonsla, devenons quelque chose vraiment, de l’Ai-ki, et pas seulement le membre orgueilleux d’une chaîne d’ouvriers qui ne voit jamais le produit « fini » de ce qu’on lui dit de construire ». Le lecteur ne pourra plus appréhender l'Aïkido de la même façon après avoir lu votre livre, mais vous, votre perception a-t-elle évolué avec sa rédaction ? (sourire) Que répondre en vérité ? Chaque entraînement, chaque partenaire, est pour nous source de découvertes, de limites à franchir, de pas et surtout d’efforts à faire. C’est ça « la voie ». Mais il ne faut pas se leurrer, il ne faut pas mettre en avant juste un contentement intellectuel ou partisan, même si cela « fait plaisir ». C’est au corps de continuer à progresser, c’est lui le véritable acteur sur la voie, pas ce que l’on croit être, un corps en confrontation apaisante AVEC la problématique de relation au corps et au cœur d’autrui. Certes, la rédaction de ce qui est devenu « Comprendre l’Aïkido » m’a permis de mettre certaines idées ou concepts au clair. Ces concepts doivent « passer » dans « mon » (notre) corps, dans « ma » (notre) pratique, les façonner, les stimuler dans leur relation profonde à « l’autre ». La « révélation » me touche bien moins en ce sens que les « découvertes », et ces « découvertes » m’importent encore moins que ce qui les motive : la « recherche de l’expérience vraie ». Cette dernière formule ressemble peut-être à un pléonasme, mais elle signifie, à mon sens, une recherche vers le vrai, qui dévisage le faux, et donc s’efforce d’éviter le faux. Cette recherche, c’est ce qu’on appelle le BU-DO au Japon, le chemin de peine du guerrier, un chemin de vie, « Taï-A » en fait, le sabre de vie. Nous sommes des montagnards, finalement, sur une voie. Ce livre est juste une cartographie précise de la montagne Aïkido sur sa face du « AI » principalement. Beaucoup de choses ne sont pas évoquées directement dans ce texte, parce que ce livre évoque seulement, toujours à mon sens, des conditions réellement premières à réunir pour commencer à vouloir faire, penser ou enseigner de l’Aïkido. Donc, ce n’est pas tant ma perception de l’Aïkido qui a évolué grâce à la rédaction de ce livre, c’est mon amour pour l’Aïkido lui-même. C’est cet amour pour la grandeur et la vie au sein de l’acte physique, cet acte qu’on dit « Aïki ». C’est lui, je crois, que je tente de faire découvrir concrètement et discrètement par ce livre. Par une cartographie, en fait, de cette voie, ouverte autrefois magistralement par O Sensei. ❁ À lire : COMPRENDRE L’AÏKIDO Budo Éditions
L'ÉNERGIE dans la VOIE DE L’ARC Le contenu du kyudo comme tous les budo japonais, est la voie par l'étude et l'on peut gravir les degrés de la connaissance sans un Maître ayant une très longue expérience. Maîtriser sa discipline par une discipline spectaculaire, certes, mais préoccupé que l'on est de se parfaire, ne doit pas faire oublier, un cœur juste et un esprit libre pour éviter les pièges d'une névrose narcissique. Un des premiers points importants éternellement soulevé dans le budo est l'énergie. Dire que l'énergie est le moteur qui alimente notre vie n’est pas une découverte. Le ressentir en revanche est une impression qui donne à toute chose son véritable contour, sa vraie dimension. Il suffit d'un regard pour s'apercevoir que tout ce qui nous entoure a besoin d'énergie pour se maintenir en vie. C'est ainsi qu'à partir de soimême le monde s'organise et kyudo l'on pressent mieux la place que l'on y tient. Curieuse impression, qui dérange d'abord, et qui conduit à faire le tour de ses limites. Sensation d'autant plus pénible que l'on a vite fait le tour du propriétaire ! Quand on est parvenu à maîtriser cette circulation d'énergie, on a l'intime conviction qu'il doit exister un moyen de la maîtriser. Par ce dialogue que le corps entretien avec l'esprit, l'arc dans le Kyudo favorise cette rencontre avec l'énergie. Grâce à sa gestuelle, une profonde respiration du corps, l'observation d'une conscience individuelle par elle-même, le Kyudo irrigue et libère cette vitalité latente qui sommeille en chacun de nous. Pendant le lâcher, la corde résonne, le son qui varie est le témoin du tir, bon ou mauvais. De toute les énergies celle qui nous est immédiatement perceptible est incontestablement "le son". Parce qu'il nous environne, parcequ'il nous rappelle à l'ordre, parce qu'il est aussi bien source de plaisir que de désagrément. Les sons, qui à plus haute fréquence deviennent suprasons et au delà ultrasons, ne sont pour la plupart qu'abstractions que nous aurions du mal à définir, puisqu'ils nous demeurent inaudibles. Ce qui ne veut pas dire que nous n'en sommes pas impressionnés. Nous entrerons lors d'un prochain article dans ce vaste domaine des énergies. Jacques Normand SOSM section Kyudo 14, rue sensier 75005 Paris 01 69 40 91 41 19



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