Aïki Mag n°5 déc 02 à mai 2003
Aïki Mag n°5 déc 02 à mai 2003
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de déc 02 à mai 2003

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : l'Aïkido de braise avec Olivier Gaurin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Il s'agit de leur faire prendre conscience que la notion de combat demeure dans l'art d'utiliser la force de l'adversaire pour diriger et canaliser son énergie, afin de l'immobiliser et non le détruire ! Et que pour cela le déplacement et le placement sont fondamentaux en Aïkido. D'où l'art du combat sans combattre. La forme jouée est très intéressante. Un de mes soucis est de fixer les acquisitions de chacun et un des moyens classiques est la répétition. Le jeu est un moyen très efficace pour la répétition d'une séquence car l'enfant de 6 à 9 ans ne répète pas volontiers un exercice. À mon avis, la finalité de l'activité ludique n'est pas d'"apprendre" mais d'"explorer". Mon but est de faire découvrir à chaque enfant des solutions en réponse à une frappe ou une saisie, et par là les grands principes (irimitenkan, irimi-tenkan enka etc.), et ce n'est pas la partie la plus facile. Sur un travail de randori, par exemple, deux enfants attaquent un troisième en shomen-uchi, sans que ce dernier ne fasse intervenir ses bras en protection, mais simplement en utilisant les déplacements. …Cela me fait plaisir que les enfants s'interrogent sur leur pratique. En cherchant à satisfaire leur curiosité, ils montrent qu'ils s'y intéressent et sont motivés… 10 Attention, le jeu n'est qu'un moyen. Je poursuis toujours un but précis (ne pas "jouer pour jouer" trop souvent). Pour cela, je varie le plus possible la composition de mes cours, néanmoins avec des repères fixes, sécurisants et structurants. L'idéal serait de présenter un même exercice de façons différentes. À quel moment l'enfant est-il apte à utiliser les armes de l'Aïkido ? En ce qui me concerne, mes groupes d'enfants utilisent le jo, voire le bokken pour les adolescents, dès la première année, au rythme d'un cours par mois. Le travail avec le jo donne un attrait supplémentaire à la pratique. Son aspect ludique respecte toutefois les points essentiels des arts martiaux, en accentuant le travail des déplacements, de la distance relative avec le partenaire (ma-ai), le travail de coordination, la vigilance, d'autant que la notion de danger apparaît plus importante. Dans la pratique des armes, je mets toujours en avant les règles de sécurité permettant un bon déroulement de la séance : - Tenir et placer son jo correctement le long du corps dans tous les déplacements hors exercices/travail/enchaînements afin de protéger les autres élèves ; - Gérer l'espace ;
- Attendre le signal pour démarrer tous ensemble. En fait, les enfants sont très demandeurs. Cette année, j'ai initié mes groupes au sport Chanbara, nouvelle discipline d'escrime japonaise qui se pratique avec des armes en mousse ; par conséquent, les enfants peuvent s'engager sans danger. Cela a été un réel succès. La notion de grade ne crée-t-elle pas une hiérarchie dérangeante pour l'harmonie du groupe ? J'enseigne aux enfants depuis de nombreuses années, et je n'ai jamais été réellement confronté à ce genre de problème. Les enfants sont conscients de leur travail et de leur niveau technique ; ils ne remettent jamais en question la décision du professeur lors de la remise des ceintures ou de l'hakama. Je pense toutefois que l'enseignant a une grosse part de responsabilité pour que la notion de grade ne soit pas "dérangeante" au sein du groupe. Dans tous mes cours, certains enfants éprouvent plus de difficultés à suivre que d'autres. Je m'arrange toujours pour les faire travailler soit avec les anciens, soit avec ceux qui ont plus de facilités. La prise en charge par les anciens crée alors une harmonie dans le groupe et diminue certaines rivalités. Les jeunes ne sont-ils pas demandeurs d'une forme de compétition ? Je pense que certains enfants sont demandeurs de compétition comme moyen d'évaluer leur combativité, leur résistance, leurs réflexes… Pour satisfaire tout le monde, régulièrement, je propose un travail sous forme de jeux, en organisant des rencontres, en formant des équipes. Cette forme de travail me permet de leur faire prendre conscience qu'être le premier n'est pas le but en soi, mais qu'en revanche la complicité et l'esprit de solidarité dans le groupe donnent autant de plaisir. Quelles sont les grandes interrogations du jeune pratiquant ? Les jeunes ont trois types d'interrogations : d'une part, celles liées à l'histoire et à la philosophie de l'Aïkido, et par extension aux rituels de la pratique ; d'autre part, les questionnements liés à la progression de l'aïkidoka, en particulier le parcours de leur professeur ; enfin les questions liées à l'efficacité de l'aïkido. Par exemple : - Pourquoi le salut au Kamiza ? - Qui a créé l'aïkido ? Quand ? - Quand O Sensei est-il mort ? - Que veut dire AÏKIDO ? - Pourquoi dit-on "dojo" ? - Quels sont la signification et le sens des formules de politesse ? - Quelle est l'efficacité de la pratique par rapport à une autre discipline ? - Combien de temps faut-il pour passer la ceinture noire, pour avoir l'hakama ? - En ce qui me concerne directement : Depuis combien de temps je pratique ? Est-ce que je suis allé au Japon, est-ce que je parle japonais ? - Quel est mon grade ? - M'est-il arrivé d'utiliser l'Aïkido dans ma vie pour me défendre ? Cela me fait plaisir que les enfants s'interrogent sur leur pratique. En cherchant à satisfaire leur curiosité, ils montrent qu'ils s'y intéressent et sont motivés. Le professeur apprend-il de ses élèves ? Incontestablement, le professeur entretien avec Travail sur les réflexes au Jo avant de passer à la technique ci-contre. Un bon entraînement et moins dure sera la chute (page de gauche). apprend de ses élèves et tout particulièrement des enfants. Enseigner aux enfants est une expérience très riche, c'est une perpétuelle remise en questions. En ce qui me concerne, à chaque séance j'apprends beaucoup des enfants, tant sur le plan pédagogique que relationnel. Cela m'apprend à être plus rigoureux, plus précis, c'est-à-dire à décortiquer les techniques et à les expliquer. Je dois savoir répondre aux questions les plus inattendues, donc apprendre à être disponible, imaginatif, créatif. Pour être à l'écoute de chacun, je développe également mon sens de l'observation ; cela fait partie du travail. Les enfants ont une telle spontanéité, une telle sensibilité que l'échange et la complicité entre l'enseignant et l'élève sont indiscutables. Le feedback est essentiel pour que ces échanges enrichissent mutuellement enseignant et élèves. Enseigner aux enfants est à mon avis une très bonne école ! … ❁ 11



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