Aïki Mag n°4 jun à nov 2002
Aïki Mag n°4 jun à nov 2002
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jun à nov 2002

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,1 Mo

  • Dans ce numéro : le toucher libérateur de Philippe Gouttard.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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aïkibudo Pour Maître Alain Floquet, l’art martial n’a de sens réel que s’il conduit à une vie jusqu’à son achèvement dans la connaissance, le partage, la sincérité et la paix. L’Aïkibudo signifie voie de l’harmonie par la pratique martiale ou utilisation du principe Aïki (union des énergies) dans la voie martiale. Maître Alain Floquet, son fondateur, a voulu souligner les liens qui l’unissent, lui et son Art, avec l’authentique tradition martiale japonaise. Ainsi, l’héritage des écoles historiques que sont le Daitoryu aikijujutsu, le Tenshin shoden katori shinto ryu et le Yoseikan shinto ryu permet aux pratiquants d’Aïkibudo de se ressourcer continuellement aux valeurs et traditions du Bushidô qui ont contribué à la création de ces écoles de vies, si éloignées de simples systèmes de combat 20 L’ESSENTIEL N’EST PAS DE BRILLER MAIS DE DURER, CAR BRILLER EST L’EFFORT D’UN MOMENT ALORS QUE DURER EST CELUI DE TOUTE UNE VIE. » Dans le Japon médiéval, l’espérance de vie n’était pas toujours très importante, compte tenu des aléas de l’histoire japonaise, plus particulièrement avant l’ère Tokugawa. C’est pourquoi les personnes âgées étaient particulièrement respectées, pour des raisons spirituelles, religieuses, et au regard de leurs expériences cumulées au cours de leur longue vie. Dans les écoles ancestrales de Budo, l’âge était tenu en haute estime, et l‘occasion de pratiquer et de bénéficier de l’enseignement de vieux senseï était spécialement honorée. La place des personnes âgées n’a cessé de grandir dans nos civilisations contemporaines, et cette affirmation se vérifie également dans la pratique des Budo japonais, et donc naturellement au sein de l’Aïkibudo. Il reste toutefois évident que leurs différences morphologiques et mentales se traduisent dans leur approche technique : si la force physique pure ne saurait leur être utile, il apparaît que ce « handicap » physiologique constitue leur plus sûr allié dans la pratique, car elles sont obligées de compenser leur « faiblesse » constitutionnelle par un sens aigu du déplacement et de la précision technique qui leur permet de toucher potentiellement plus facilement du doigt la quintessence de la pratique martiale. Et qui mieux qu’un ancien peut comprendre la notion créee par Maître Alain Floquet de Te no michi biki ou de main guide ; cette idée centrale de main guidant l’ensemble des mouvements permet l’évolution autant de la technique que des protagonistes de l’action sur le chemin rigoureux de la Voie… Nous avons choisi, pour illustrer LES DOYENS DE L’AÏKIBUDO notre propos, d’interroger trois pratiquants d’Aïkibudo âgés, élèves de Maître Alain Floquet depuis de « très » nombreuses années : André Saque (77 ans) qui a commencé sa pratique en 1981, Charles Arnault (76 ans) qui a commencé sa pra- Techniques à mains nues par André Saque.
tique en 1986 et Paul Harmant (73 ans) qui a commencé sa pratique en 1973. QUELLES MOTIVATIONS VOUS ONT POUSSÉ À VOUS ENGAGER DANS L’ÉTUDE ET LA PRATIQUE DE L’AÏKIBUDO ? POURQUOI SE DIRI- GER VERS LA PRATIQUE DE L’AÏKIBUDO À L’ÂGE AUQUEL VOUS AVEZ COMMENCÉ ? L’ASPECT MARTIAL EST – IL IMPOR- TANT EN TANT QU’ANCIEN ? André : J’ai commencé le sport très jeune, par de la lutte gréco-romaine entre 1940 et 1942. J’ai continué après guerre par une pratique intensive de la natation, qui m’a conduit à enseigner après avoir obtenu avec succès mon diplôme de maître-nageur sauveteur. Je n’ai commencé l’Aïkibudo (Aïkido Yoseikan à l’époque) qu’à l’âge de 57 ans, une fois à la retraite. C’est par hasard que j’ai pénétré dans le dojo de l’A.S.P.P. et me suis présenté devant Maître Alain Floquet. Mes débuts ont été difficiles, car j’avais du mal à mémoriser toutes ces techniques et je ne tenais pas tout à fait le rythme des entraînements. Maître Alain Floquet m’a encouragé et m’a fait comprendre que l’intensité n’était en rien synonyme de force ou de vitesse, mais de rigueur dans le placement et la technique. L’adaptation aux situations et aux autres est un pan fondamental de notre pratique martiale qui se traduit par la nécessaire harmonie (WA) qui doit émaner de nos agissements. En cela le côté martial de notre Art est fondamental, car il permet de mieux se connaître, de mieux connaître les autres, de se bonifier et de mieux supporter la Vie et ses aléas. Charles : J’ai commencé la pratique martiale dans les années 60 avec la famille Pariset. Mes débuts en Judo et Ju-Jitsu ont été difficiles, mais m’ont ouvert des horizons nouveaux, insoupçonnés. Après 14 ans de Judo, j’ai profité de l’occasion d’une mutation professionnelle pour commencer l’Aïkido et participer aux stages de Maître Tamura. Lors de mon départ à la retraite en 1986, j’ai changé de dojo et suis entré à l’A.S.P.P., au sein des sections Judo et Ju-Jitsu avant d’intégrer celles d’Aïkibudo et de Kobudo avec Maître Alain Floquet ; nouveaux horizons, nouvelles approches martiales, et découverte d’une nouvelle composante le Kobudo de l’Ecole Katori Shinto Ryu. Les années qui passent m’ont conduit à privilégier le Kobudo et à quitter, avec combien de regrets, la pratique manuelle. Je profite toutefois de l’expérience et de l’occasion de côtoyer les policiers de nos sections pour participer aux cours plus orientés vers les applications professionnelles où je retrouve des pratiques débutées il y a si longtemps, avec Tonfa, Tanto, Tambo… En ces premiers jours de 2002, avec 15 ans d’A.S.P.P., doyen d’âge de la section, c’est avec une joie toujours renouvelée que j’essaie de transmettre aux jeunes mes quelques connaissances de l’Art Martial, avant de les avoir oubliées, mais surtout de leur faire partager le plaisir que j’éprouve toujours sur le tapis au dojo avec tous mes excellents camarades…. Paul : J’ai toujours été intéressé par les activités sportives que j’ai commencé à pratiquer durant la guerre en 1942 à l’âge de 12 ans. Depuis, je n’ai eu de cesse de m’investir, tant pour ma pratique personnelle que pour permettre à mes deux fils, Daniel et Paul-Patrick, de s’épanouir dans ces pratiques sportives puis martiales dans lesquelles je les ai précédés ou parfois suivis. Mon engagement a toujours été indéfectible pour leur permettre de se réaliser pleinement. S’ils m’ont suivi dans la gymnastique, j’ai emboîté le pas pour la pratique Aïkibudo. Mon engagement s’est traduit par la prise de responsabilités d’enseignement puis fédérales afin de faire vivre et développer cet Art dans nos régions. Je reste d’ailleurs particulièrement impliqué au plan local en ma qualité de professeur du Club de Jœuf et de Président du Comité Départemental de la F.F.A.A.A. de Meurthe et Moselle depuis 1989 et Vice-Président du Comité Régional Lorraine F.F.A.A.A. Pour ma part, mon engagement est à l’image de celui des Bushi dans les antiques ryu (écoles) japonaises de Budo. A l’instar du Keppan que chacun devait signer de son sang, je considère mon engagement dans l’Aïkibudo comme un investissement de tous les instants, qui m’ont permis de parvenir à une meilleure connaissance de moi-même et des autres, au travers des trois composantes qui font l’Aïkibudo ! Maître Alain Floquet nous offre, au travers de son expérience personnelle, l’opportunité extraordinaire de nous former sur les plans technique, physique et surtout mental, en adéquation avec les principes ancestraux représentés par le port symbolique de la ceinture noire et du hakama. Ces principes attachés à la pratique d’un Budo, directement inspirés des impératifs de survie du Japon féodal, permettent de se connaître et de se conduire en Homme dans l’ensemble des activités humaines. Pour ne donner qu’un exemple, je me suis mis à la pratique du billard français depuis deux années, et je parviens à « battre » des « adversaires » beaucoup plus jeunes que moi à l’occasion de compétitions officielles, non pas parce que ma technique est supérieure, mais seulement par l’application des principes ancestraux en question qui m’offrent une meilleure maîtrise de mes gestes, de ma respiration et en définitive de l’ensemble de la « pression » liée à ces évènements ! Je retrouve et comprends mieux ici le message de Maître Alain Floquet qui précise toujours que l’Aïkibudo doit être une authentique École de Vie. LA PRATIQUE DANS LA MIXITÉ DE L’AÏKIBUDO VOUS SEMBLE-T-ELLE CONVENIR À L’ÉTUDE D’UN ART MARTIAL ? LES PERSONNES D’ÂGES DIFFÉRENTS N’ONT-ELLES PAS UNE INTERPRÉTATION SPÉCIFIQUE DE LA DÉMARCHE PROFONDÉMENT HUMAINE DE L’AÏKIBUDO ? André : Pour moi, la mixité est fondamentale, mixité tant en ce qui concerne le sexe que l’âge. Elle n’est que l’illustration de la Vie, et je la ressens avec une acuité d’autant plus grande que j’ai vécu la première partie de ma vie avec une certaine barrière entre les sexes : j’ai grandi dans une école de garçons, Travail aux armes par Charles Arnault. 21



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