Aïki Mag n°4 jun à nov 2002
Aïki Mag n°4 jun à nov 2002
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jun à nov 2002

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,1 Mo

  • Dans ce numéro : le toucher libérateur de Philippe Gouttard.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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entretien avec « Je n'ai qu'un mot dans la vie : RESPECT. Respect des lieux, respect des gens, des horaires. Respect des principes d'une manière générale. S'il n'y a pas de respect, il n'y a pas de vie en société possible. » 18 Chacun sait que vous êtes pratiquant et professeur, mais quelles sont vos fonctions à la fédération ? C'est vrai que j'ai fait un travail assez conséquent pour le développement de l'Aïkido en France, avec l'aide de Messieurs Bonnefond et Lasselin, notamment à l'époque où j'étais Secrétaire général. Aujourd'hui je suis membre du Comité Directeur de la FFAAA et de l'UFA. J'avais préconisé, il y a bien des années maintenant une Commission de Discipline et de Distinctions, on m'a dit que ce n'était pas une mauvaise idée, alors j'ai pris les textes de la commission similaire du Judo que j'ai adaptés et mis en conformité et en application. Et maintenant me voilà responsable de cette commission. De toutes ces fonctions, laquelle vous semble primordiale ? Je n'en sais rien vraiment, mais pour moi, mes deux principales fonctions ont été Secrétaire général de la fédération, dont j'ai été le premier, à l'époque comme je vous l'ai dit il n'y avait que six cents licenciés, mais également mon travail au sein de la Commission des Grades me semble de toute première importance. Le professeur, le pratiquant et le dirigeant ne se retrouvent-ils pas en opposition quelquefois ? Non pas particulièrement, quand je m'engage dans une voie, c'est que j'y crois totalement. Comment appréhendiezvous l'Aïkido à ce moment là ? À l'époque, la forme d'Aïkido à laquelle j'adhérais était celle de Tamura senseï, telle qu'il l'enseignait dans les années 70. Quand Christian Tissier est revenu du Japon en 1976 il a rapporté une autre forme, très souple, l'Aïkido de Yamagushi senseï. Christian je l'avais connu tout jeune avant son départ pour le Japon, à son retour, quand je l'ai vu pratiquer, rouler comme il le faisait, tout en finesse, j'avais le sentiment de voir une feuille tombant d'un arbre et se posant délicatement à terre. C'était nouveau et parfait. Pourquoi, parce qu'il avait beaucoup travaillé chez Yamagushi senseï où il n'y a pas toujours de tapis mais un parquet. J'en ai fait l'expérience plus tard, on ne se laisse pas tomber comme sur un tapis, il faut travailler les chutes. À ce moment-là, je me suis orienté dans cette voie que je n'ai plus quittée, l'Aïkido développé par Christian Tissier est une forme très souple, assez diffici-
le à faire, très fluide, qui me réussit parfaitement puisque aujourd'hui à soixante-dix-huit ans je pratique et enseigne encore, bien que n'ayant plus la force que j'avais quand je faisais du Judo. J'ai beaucoup appris par cette voie. La pratique des armes vous semble-elle indispensable ? J'ai beaucoup travaillé le couteau quand je faisais du Ju-jitsu. Mais non, ça ne me paraît pas vraiment indispensable, mais absolument nécessaire pour les enseignants, à la rigueur la pratique du bokken et du baton peuvent apporter quelque chose, sachant que la quasi-totalité des techniques viennent de là. J'ai travaillé le sabre, le Katana, avec Hiroo Mochizuki comme je vous l'ai dit, le Ken et le Bokken avec Christian Tissier, mais je ne peux pas dire que cela a été très profitable pour moi. Je n'aime pas les armes, je trouve ça lâche. Privilégiez-vous certaines techniques ? Je ne peux pas dire ça, ou alors des techniques simples dans leurs formes comme irimi-nage par exemple qui enseigne à la fois le déplacement et le positionnement par rapport à l'attaquant. Je crois plutôt qu'il faut adapter son enseignement à chaque personne, en favorisant les techniques simples surtout au début de la pratique. Faites-vous respecter un comportement spécifique dans le dojo ? Oui bien sûr, mais je ne suis pas orienté vers une pratique spirituelle, et il faut bien reconnaître que le cérémonial peut avoir un caractère religieux. Alors j'ai réorienté le principe vers le respect. Je n'ai qu'un mot dans la vie : RES- PECT. Respect des lieux, respect des gens, des horaires. Respect des principes d'une manière générale. S'il n'y a pas de respect, il n'y a pas de vie en société possible. Dans le salut on respecte son partenaire. Le gradé inférieur doit saluer le gradé supérieur pour travailler avec lui, UNE FIDELITÉ EXEMPLAIRE celui-ci ne peut pas refuser de travailler avec lui. Sans respect réciproque, on n’arrive à rien. Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans l'étude de l'Aïkido ? C'est la perfection, on ne l'atteint jamais mais c'est le but. C'est ce qu'il faut chercher à réaliser. La perfection c'est pouvoir répondre à une attaque quelle qu'elle soit en « Je n’étais pas d’accord pour que l’on vous engage, mais puisque vous êtes là… ! ». C’est par ces mots de bienvenue, prononcés par le Secrétaire Général de la Fédération, et cet accueil empli d’aménité que je fis mon entrée au secrétariat fédéral le 12 septembre 1983. L’œil bleu et pétillant, légèrement suspicieux, il me dévisageait, songeant certainement à deviner ce qui pouvait motiver mon arrivée dans les locaux car je devais sûrement être atteinte d’un double handicap : celui de rentrer du Japon après quelques années passées à l’AïKIKAï et surtout d’être l’épouse d’un professeur d’Aïkido. Voilà mon premier contact avec Louis Clériot au milieu d’un minuscule local de 60 m² dans le 20 ème arrondissement de Paris d’où émergeaient deux minuscules bureaux cachés sous un empilement de caisses, cartons, archives, dossiers de toutes sortes. La FÉDERATION FRANCAISE D’AÏKIDO venait de voir le jour après avoir été longtemps une discipline relevant de la Fédération de Judo ! L’ampleur de la tâche était d’importance, pas de place pour un round d’observation supplémentaire : trop à faire, trop à gérer, trop de trop pour savourer nos longs tête à tête, le nez dans les dossiers. Louis a été ensuite appelé à assurer d’autres responsabilités, d’autres fonctions : Secrétaire de la Commission des Grades, par exemple, ou aujourd’hui, à la demande de notre Président Fédéral, Président de la Commission Distinctions. Il a même trouvé le temps d’écrire un manuel sur le Brevet d’Etat et dernièrement l’HISTOIRE DES 50 ANNEES DE L’AIKIDO en France. Louis a participé à tout, infatigable, toujours disponible aussi bien sur les tapis, dans toutes les instances fédérales que dans l’ombre. Il répond toujours présent si on a besoin de lui, d’un « coup de main », comme il le dit. Rien ne le rebute. Derrière cet air bourru de « vieux » ronchon (là je sais qu’il ne va pas aimer !) se cachent un cœur en or, un être honnête et généreux et j’ai la chance d’être son amie. Pour tout cela, merci Loulou. Sylvette Douche Louis Clériot alors élève de son premier sensei le grand maître Minoru Mochizuki, en compagnie de son fils Hiroo Mochizuki (ci-dessus). Ci-contre, avec son amie Sylvette Douche, Directeur administratif de la FFAAA. emmenant l'autre dans un déséquilibre pour pouvoir le maîtriser et le neutraliser sans lui faire mal. Quand j'ai commencé le Judo, il y avait des techniques en vigueur, interdites maintenant, qui étaient très dangereuses. C'est tout l'art de l'Aïkido de parvenir à maîtriser son adversaire souvent plus fort physiquement, par un moyen pratique, une forme non agressive, comme le déséquilibre. C'est ce qui me plaît dans l'Aïki. Après toutes ces années, quelle évolution majeure ressentez-vous dans la pratique de l'Aïkido ? Je ne ressens pas vraiment d'évolution. L'Aïkido que j'ai appris de maître Yamagushi reste pour moi la forme de référence. Il y a eu dernièrement un congrès de la Fédération Internationale au Japon où se sont rendus entre autres, le Président Maxime Delhomme ainsi que Christian Tissier. Lors de ce congrès, Christian Tissier a été le seul représentant non japonais appelé à faire une démonstration devant l'ensemble des congressistes, témoignage de la qualité de l'Aïkido enseigné en France. ❁ 19



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