Aïki Mag n°4 jun à nov 2002
Aïki Mag n°4 jun à nov 2002
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jun à nov 2002

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,1 Mo

  • Dans ce numéro : le toucher libérateur de Philippe Gouttard.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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entretien avec louis clériot D’une discrétion remarquable érigée en principe, Louis Clériot 6ème dan, est de ceux qui donnent sans rien demander en retour. Son engagement pour l’Aïkido a été déterminant pour notre fédération qu’il a portée sur les fonts baptismaux, et à laquelle il continue de consacrer un temps précieux. Entretien avec un pratiquant qui a joint les actes aux principes fondamentaux de l’Aïkido. METTRE LES PRINCIPES EN CONFORMITÉ… Vous êtes l'auteur d'une histoire de l'Aïkido en France, sa rédaction a dû ranimer bien des souvenirs enfouis ? Je suis effectivement co-auteur avec mon ami Guy Bonnefond aujourd'hui à la FFAB de 50 ans d'Aïkido en France, un historique, édité chez Budo Éditions que nous avons fait bénévolement. Nous avons décidé de ne pas toucher nos droits d'auteurs, les bénéfices des ventes sont distribués à parts égales entre nos deux fédérations. Ça nous a rappelé pas mal de souvenirs bien sûr… Quand j'ai commencé à m'occuper d'Aïkido, qui était au sein de la FFJDA à cette époque, nous n'étions qu'environ 16 600 licenciés, c'est-à-dire uniquement le groupe Mochizuki, connu alors sous l'appellation Aïkido Mochizuki. Petit-à-petit d'autres sont venus se joindre à nous, André Nocquet d'abord, puis la FFATK de Jim Alcheik sous la direction de Charles Sebban avant d'être dirigé par Émile Clément. D'autres ensuite, et plus tard, l'arrivée de l'ACFA de Guy Bonnefond. L'ACFA était le deuxième groupe d'importance à ce moment-là. L'ACFA, c'était la tendance qui venait directement du Japon, c'està-dire de l'Aïkikaï de Tokyo. Tamura Nobuyoshi en était le Conseiller Technique et Guy Bonnefond le Président. Tous ainsi regroupés, nous nous sommes mis d'accord sous l'impulsion de la FFJDA pour travailler ensemble et mettre au point un enseignement unique, la Méthode Nationale d'Aïkido, c'était à 99% ce que faisait Tamura sensei, c'est-à-dire l'ACFA. J'étais à ce moment-là chez Mochizuki Minoru comme assistant, j'ai dû m'adapter, remettre tout d'aplombpour pouvoir enseigner. Ce que faisait Minoru Mochizuki, c'était ce que faisait Morihei Ueshiba quand il avait quarante ans, c'est-à-dire un Aïkido assez dur, avec sutemi, défense sur coup de pieds, coup de poings, etc. Vous êtes à l'origine des Diplômes d'État, mais c'est vous qui avez également déposé les statuts de la FFAAA. En 1973, j'ai effectivement fait mettre en place un D.E. pour assurer une garantie aux futurs pratiquants qui nous rejoignaient. C'était plus que nécessaire compte tenu de la diversité des enseignants. Les premiers D.E. ont été attribués par équivalence à ceux qui remplissaient certaines conditions. D'autres ont reçu un diplôme de moniteur pour enseigner, valable cinq ans, le temps pour eux de se préparer pour se présenter au D.E. En 1983, j'ai déposé les statuts de la FFAAA à la préfecture et nous nous sommes installés dans nos propres locaux au 72, rue des Grands-Champs à Paris. Notre fédération était née, Jacques Abel en était le Président et moi le Secrétaire Général. La FFAAA a été créée un an après la FFLAB, la fédération de Judo ayant autorisé le groupe de Tamura senseï à partir vivre son indépendance. Comment cela s'est-il organisé ? Très naturellement, nous nous sommes réunis chez Christian Tissier avec Jacques Abel et quelques amis pour mettre quelque chose au point. Une fois d'accord entre nous, nous avons officieusement déterminé les tâches, j'ai été confirmé comme Secrétaire Général de la fédération et c'est à ce titre que j'ai participé à la création de la FFAAA. Avant tout ça, à quel moment de votre pratique êtes-vous venu à l'Aïkido ? Ce qui m'a fait connaître l'Aïkido, ce sont les premiers Championnats de Judo à Coubertin en 1951. J'ai assisté à ce moment-là à la première démonstration par Minoru Mochizuki. Il était venu accompagné du fils de Jigoro Kano et a fait une démonstration de cette pratique nouvelle, inconnue pour
nous en France. Ça m'a tout de suite plu, comme à un grand nombre de professeurs de Judo, et c'est par eux par la suite que l'Aïkido a commencé à se développer en France. J'avais regardé cette démonstration avec un grand intérêt, je me disais c'est bien ça, mais à cette époque je faisais de la compétition, j'avais d'autres centres d'intérêt. Disons que j'ai réellement commencé la pratique en 1958, à aller dans des stages, à l'Alhambra notamment où il y avait Nakazono senseï qui donnait des cours, c'est là que j'ai connu Christian Tissier qui devait avoir 16 ou 17 ans, quelque chose comme ça. Je n'étais pas vraiment inscrit, je participais encore de manière irrégulière. Mais très vite je m'y suis mis sérieusement par l'intermédiaire de Charles Sebban dont le club d'arts martiaux se trouvait à Montparnasse, les professeurs étaient Daniel Breton et Michel Berreur. En 1965 j'ai passé mon premier dan. Quels maîtres vous ont le plus influencé ? Celui qui m'a le plus accroché, c'est Hiroo Mochizuki, le fils du maître Minoru Mochizuki qui fut un des élèves favoris de Morihei Ueshiba. C'était assez facile pour moi de travailler avec lui, c'était un ami. Je pratiquais au moins trois heures avec lui tous les deux jours. Je lui servais de uké. C'est également lui qui m'a véritablement montré la pratique des armes, c'est un grand expert. Au moment de la Méthode Nationale, j'ai surtout travaillé avec Maître Tamura, je participais à tous les stages selon mes possibilités. Le Judo-jujitsu vous a-t-il servi pour l’Aïkido ? Le Judo m'a plutôt handicapé qu'autre chose, parce que faisant de la compétition au niveau national je faisais de la musculation pour développer la force physique. Par contre, l'Aïkido est une excellente discipline pour préparer au Judo parce qu'on y travaille en déplacement, tout en souplesse. En fait le Judo n'apporte véritablement qu'un point positif, ce sont les chutes. Un judoka sait chuter, on ne peut pas dire ça de tous les aïkidokas. Esquiver, déséquilibrer, pour Louis Clériot, les techniques les plus simples peuvent être les plus efficaces. À gauche, Louis Clériot lors d’une séance de travail avec Kisshomaru Ueshiba le premier Doshu. UNE INDÉFECTIBLE AMITIÉ Voila près de trente ans maintenant que sa présence amicale, désintéressée et précieuse balise ma pratique. Au regard intrigué et prudent qu'il a posé sur moi à mon retour du Japon a succédé très rapidement une adhésion sans réserve. Entier, fidèle, passionné, Louis n'est pas l'homme des demi-mesures. Si sa rigueur, sa droiture, son sens du devoir et de l'application stricte de la règle le font souvent passer pour un entêté, sa probité, ses connaissances, son ardeur au travail, son honnêteté intellectuelle forcent le respect et ont fortement contribué à l'essor de l'Aïkido en France. Qu'il me soit permis de le remercier pour son accueil chaleureux, ses précieux conseils, sa compétence et sa présence permanente à mes côtés. Louis, ton amitié paternelle m'est très chère, merci pour ce que tu as fait, merci d'être ce que tu es. Merci aussi à Jacqueline ta compagne et ma grande sœur que j'embrasse tendrement. Christian Tissier. 17



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