Aïki Mag n°4 jun à nov 2002
Aïki Mag n°4 jun à nov 2002
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jun à nov 2002

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,1 Mo

  • Dans ce numéro : le toucher libérateur de Philippe Gouttard.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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point de vue « En effet, lorsqu'on est élève, le professeur est l'unique clef de la réussite. Lorsqu'on enseigne, la réponse vient le plus souvent des élèves, ils sont notre miroir, notre parfum, ils ont pris, ils ont amplifiés nos qualités mais aussi nos défauts. » 10 l'on y met est bon, c'est le contraire qui me gêne et qui détruit la pratique. Je ne connais pas un seul élève qui ait abandonné l'Aïkido pour un Kote-gaeshi mal fait mais plutôt pour cause de mauvaises sensations sur le tatami. Nous venons là au dojo pour devenir plus fort et nous pouvons très bien accepter cette souffrance si elle est justifiée. La question doit être sans cesse posée : pourquoi sommes-nous là ? Pourquoi restons-nous sur le tatami après 20 ans d'efforts qui ne mènent nulle part si ce n'est à nous construire et comprendre un peu mieux la vie ? Pour les élèves aussi cette sensation d'indépendance ou de liberté est très importante. Comment la leur faire passer ? Faire en sorte qu'ils soient libres d'aller s'enrichir ailleurs. Pour ma part si je suis arrivé à mon niveau, c'est en suivant la voie qui me convenait mais avec le responsable de cette voie qui lui m'a laissé cette liberté d'aller m'ouvrir ailleurs. C'est cette sensation que j'ai envie de transmettre. Ne pas donner aux élèves cette idée d'indépendance, c'est la raison qui fait que je ne crois plus au dojo dans lequel seul un professeur enseigne, mais plutôt un dojo où l'enseignement est pluriel.
C'est au cours de l'évolution dans sa pratique que le choix de restreindre les enseignants se fait. liberté et intelligence Pour moi, d'aller enseigner dans plusieurs dojos, de le faire dans plusieurs langues, c'est le vrai Aïkido. Donner tout ce que l'on sait aux gens qui sont venus pour cela m'a donné cette richesse que je ne retrouve pas partout. L'Aïkido appartient à ceux qui le font mais également à ceux dont la pratique nous choque. Je ne suis pas sûr que si les maîtres hélas disparus revenaient, ils seraient d'accord avec la pratique telle que nous la faisons aujourd'hui. Mais lorsque l'on donne de la technique, on transmet également la liberté et l'intelligence et c'est pour cela que je trouve juste et normal que les élèves formés aient une pratique et un mode de réflexion à l'opposé de ce qu'on croyait leur avoir donné. Apprendre à donner la liberté dans le respect voilà ce que j'essaye de transmettre à ceux qui viennent me voir. C'est ce que j'essaye de comprendre des gens qui me donnent leur temps et leur énergie. L'Aïkido m'a appris la solitude, mais une solitude qui laisse la liberté : faire ou ne pas faire, dire ou ne pas dire. Cependant nous n'avons jamais la réponse. Dans la pratique j'ai toujours envie de dire oui tout de suite, que je peux regretter par la suite. Mais l'Aïkido m'a donné cela aussi : "attaquer" quelqu'un veut dire que l’on a confiance en lui, on ne projette personne, on accepte d'être projeté. Je crois qu'il nous faut changer de vocabulaire : prendre le centre, utiliser la force sont pour moi des concepts de domination et de frustration. C'est uké qui offre son corps, c'est uké qui accepte de chuter pour moi. Pour moi, après la pratique, uké et tori doivent avoir échangé leurs qualités et les rôles se sont inversés, le plus faible est devenu plus fort et le plus fort a compris le plus faible. Il nous faut réduire les différences entre nous. On saisit, on attaque un partenaire parce 0qu'il nous plaît, on le projette car on sait qu'il reviendra. Il faut que l'on développe nos sens. La saisie se fait avec les yeux, les oreilles, le nez, c'est cela qui nous attire chez le partenaire et pour le saisir il me faut utiliser les genoux et les coudes, la main elle, va confirmer ou non la sensation que j'ai eue de mon partenaire à travers les yeux, les oreilles, le nez. Notre main a une connaissance de l'autre, elle est notre futur avec lui, nous, nous doutons sans arrêt. Dans la recherche aussi, les réponses pour moi, ne viennent plus toujours de l'autre. En effet, lorsqu'on est élève, le professeur est l'unique clef de la réussite. Lorsqu'on enseigne, la réponse vient le plus souvent des élèves, ils sont notre miroir, notre parfum, ils ont pris, ils ont amplifié nos qualités mais aussi nos défauts. C'est pourquoi il ne faut jamais préjuger d'un élève, mais le laisser libre, laisser la porte du dojo toujours ouverte pour qu'il parte si le besoin se fait sentir, mais surtout pour qu'il revienne et que l'on soit capable d'apprécier les progrès accomplis au contact d'autres professeurs. C'est cela que j'essaye de mettre et de recevoir dans ma pratique quotidienne. Philippe Gouttard L’échange, le partage en Aïkido passe par un contact fort et franc pour que s’établisse une relation sincère entre Uké et Tori. 11



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