Aïki Mag n°3 nov 01 à mai 02
Aïki Mag n°3 nov 01 à mai 02
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de nov 01 à mai 02

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec Gérard Chavineau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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entretien gérard chavineau C’est la passion de l’Aïkido qui anime la pratique et l’engagement de Gérard Chavineau, 5 e dan, DTR de la Ligue de Haute Normandie. Il nous parle de ce qui fait le fond de ce qu’il souhaite transmettre, dans la voie de ses prédécesseurs. 8 Vous avez pratiqué à l’Aïkikaï de Tokyo, quelle y était l’atmosphère, avez-vous des anecdotes à ce propos ? J’ai eu cette chance en 1983. J’avais longtemps souhaité faire ce voyage. Pour beaucoup de pratiquants, se rendre à l’Aïkikaï constitue une sorte de rêve. Je garde un exellent souvenir de ce séjour, il régnait sur le tatami un climat de travail intense. Je faisais cinq heures d’Aïkido. Un matin à l’entraînement, je me suis retrouvé seul face à Miyamoto senseï, à l’époque 5e dan. Mon étonnement a dû surpasser ma crainte car le physique de Miyamoto était impressionnant, et son regard encore plus. La séance d’entraînement fût dure et éprouvante. J’ai dû m’engager à fond afin de pouvoir donner une bonne image de moi-même. Il me pressait, cherchait sans cesse les ouvertures, "un vrai rouleau compresseur", mais malgré tout je résistais, me replaçais et restais présent dans l’échange. Oui, cette séance je me la rappelle encore très bien. Elle fût enrichissante pour moi et me fît comprendre que pour recevoir, il fallait donner beaucoup de soimême. Avec quel maître aviezvous le plus d’affinités ? Les maîtres avec lesquels j’avais le plus d’affinités étaient Yamaguchi sensei et Endo sensei. Je les ai connus en France grâce à Christian Tissier et par l’intermédiaire de leurs stages. Ce sont eux qui m’ont donné l’envie de séjour à l’Aïkikaï. Par contre, je voudrais parler de celui qui m’a le plus marqué car des images telles qu’un mouvement fluide, un geste simple, un placement juste, me restent encore gravées dans ma mémoire, la modestie et la simplicité d’un maître incontesté : Kisshomaru Ueshiba, maître à l’écoute de ses élèves, qui par un regard ou un conseil, vous redonnait le goût à la pratique. Quelles motivations vous ont amené à la pratique d’un art martial ? Le jour ou je me suis présenté dans un dojo pour faire du Karaté, avait lieu une scéance d’Aïkido. J’ai tout de suite été séduit par la fluidité et la sensation de liberté qui se dégagaient des mouvements. C’était Mariano Aristin qui dirigeait le cours ce jour là ; je me suis LE GOÛT des AUTRES attardé à observer ce qui ce passait et j’ai rapidement été convaincu. Je me suis lancé, c’était en 1969. Est-ce que pratiquer d’autres arts martiaux peut favoriser la compréhension et la progression en Aïkido ? Pour ma part, je n’ai pas pratiqué d’autres arts martiaux, mais je crois que la recherche du Ki et du Kokyu sont les constantes universelles de la pratique quelle qu’elle soit. La technique est l’outil qui nous permet d’exprimer notre sensibilité et l’échange avec le "partenaire" nous aide à nous découvrir. Elle nous permet ainsi de trouver l’équilibre comme par exemple : recevoir/donner, ouverture/fermeture, inspiration/expiration… La forme neutre de mon propos me permet de dire que la pratique d’un autre art martial n’est pas obligatoirement nécessaire à la compréhension et à la progression en Aïkido, car le but en sera toujours le même : Ki et Kokyu. Quelles sont les techniques que vous
préférez ? Aucune en particulier car elles sont toutes complémentaires. Avant tout, la pratique commence par l’étude des Kihon waza (techniques de base) qui mettent en évidence les principes fondamentaux. Puis lorsque le corps se libère de ses blocages, à ce moment là, l’apport de votre personnalité et de votre sensibilité donneront une perception différente à la pratique, sans pour autant dénaturer ou oublier les principes, mais pour être en phase avec vous-même. Aujourd’hui, dans ma pratique et en ayant plus de recul, je m’efforce d’être en harmonie avec moimême, de trouver cette unité du corps et de l’esprit, d’exprimer ma propre perception de l’Aïkido, de rechercher non seulement la spontanéité du geste mais aussi celle du jugement. L’étude doit être complète et profonde, chaque technique possédant ses particularités, mais l’aboutissement en est le même pour toutes. Il y a certes peut-être des préférences dues à ma nature physique, ma personnalité ou ma sensibilité, mais cela ne doit en aucun cas restreindre ma vision de la pratique, surtout lorsque l’on est enseignant. Pensez-vous comme beaucoup que Ikkyo est le premier principe en Aïkido ? Pourquoi ? Oui, je pense également que Ikkyo est le premier principe dans l’étude des Kihon waza. Son étude est incontournable car il favorise particulièrement la compréhension des Katame waza (techniques d’immobilisations), et met en évidence le centrage quelle que soit la forme, Omote ou Ura, définissant ainsi la capacité à rester unifié dans l’action « Le Kokyu est au centre de l’étude de l’Aïkido et doit être constamment présent dans notre pratique, ainsi que dans notre vie de tous les jours. Pour moi, il n’y a pas de travail spécifique, il est personnel. » 9



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