Aïki Mag n°3 nov 01 à mai 02
Aïki Mag n°3 nov 01 à mai 02
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de nov 01 à mai 02

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec Gérard Chavineau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
aïkibudo Maître Alain Floquet définit l’Aïkibudo comme « un Art Martial Traditionnel, sophistiqué et pragmatique, particulièrement adapté vers la défense, qui ne saurait être ce qu’il est, s’il n’était étudié en réponse à des attaques précises, sincères, réelles et variées, issues des Arts Martiaux anciens et modernes ». TANTO JUTSU MAÎTRISE DE L’ARME ET BUKI DORI Dans le Japon médiéval, les Bushi étaient porteurs en permanence, et selon leur rang et les circonstances, d’une ou plusieurs ar mes blanches. Le Daisho (Katana, Wakizashi et Tanto) était le symbole de leur devoirs et de leurs droits. Le Tanto faisait partie intégrante de cette parure, car il constituait la dernière arme susceptible d’être portée par un samouraï en présence d’un dignitaire de très haut rang. Un type particulier de couteau était par ailleurs utilisé pour la cérémonie du Seppuku (éventration rituelle en croix). Les femmes de Samouraï étaient dès leur plus jeune âge familiarisées avec les armes blanches spécifiques qu'étaient la Naginata, le Tanto ou le Kaiken (couteau stylet qu'elles portaient soit dans les manches de leur kimono, soit passé dans leur Obi). Elles se devaient de maîtriser le maniement de ces armes pour être en mesure de contrer une agression directe envers elles-mêmes ou leurs enfants, et défendre ainsi leur honneur à défaut de leur vie ! A l’instar de leurs époux, elles étaient susceptibles d’utiliser le Kaiken à l’occasion de la cérémonie du Seppuku, pour laquelle elle devait se trancher rituellement la carotide. Les moines avaient l’habitude de 20 porter un Vajra(1) représentant pour les Japonais un éclair, et pour les Tibétains un symbole de ce qui est indestructible. S’il ne s’agit pas d’une arme à proprement parlée, cet attribut du rang dans la hiérarchie bouddhiste pouvait utilement servir à bloquer un coup, ou à atteindre des points vitaux à l’occasion d’un combat au corps à corps. Différents types de Vajra existaient dont certains comportaient des parties aiguisées pouvant ainsi assimiler son maniement à celui d’un couteau. Enfin, les gens du peuple étaient également porteurs de diverses armes blanches, ce qui impliquait la connaissance parfaite de leur usage pour pouvoir espérer s'en défendre en cas de besoin. Ainsi, la majeure partie des écoles traditionnelles d’Arts Martiaux ont inclus dans leur programme d’enseignement le Tanto jutsu, ainsi que le principe de travail efficace contre ce type d'arme, à mains nues ou à l'aide d'ustensiles particuliers. La logique qui prédominait en l’espèce était que l’expert en Budo devait pouvoir sortir en vie d’une confrontation avec un couteau, arme particulièrement discrète et meurtrière. Maître Alain Floquet insiste sur les composantes historiques traditionnelles de l’Aïkibudo et le lien intime qui relie les différentes pratiques existantes en son sein. Ce
souci ancestral de complémentarité et d’efficacité reste d’actualité dans la pratique évolutive contemporaine ; c’est pourquoi le programme technique de notre discipline comporte un nombre conséquent de techniques, notamment en ce qui concerne le maniement des armes et le travail spécifique de Buki-Dori. 1°/L'APPRENTISSAGE DES ATTAQUES AU TANTO La pratique du Tanto commence dès le début de la pratique Aïkibudo. Les bases techniques relatives aux Taï-Sabaki, de la distance (Ma-aï) et les formes de canalisation sont partiellement intégrés dans le corps et permettent particulière de cette arme L'étude commence par le Tanto no Kata, qui regroupe les huit frappes élémentaires possibles avec un poignard. Ces huit frappes enchaînées sont effectuées tant à droite qu'à gauche, permettant une meilleure coordination motrice, ainsi qu'une sensibilisation au danger réel inhérent à l'usage de cet arme. L'accent est mis sur le potentiel destructeur du couteau qui permet une succession rapide de frappes sur des parties du corps qui induisent une incapacité physique immédiate et très rapide, avec danger réel de décès ! L'apprentissage se poursuivra ensuite par l'étude de frappes complémentaires et d'enchaînements rapides inhérents à ce type d'arme, et faisant l'intérêt pratique de cette arme silencieuse mais terriblement efficace. L'accent sera mis sur le pourcentage élevé de chances d'être coupé lors d'une confrontation réelle au couteau (plus de 60%), et sur les risques certains d'atteintes graves. Dans le cadre du randori, le pratiquant touche du doigt une mise en application pratique de ses connaissances au sein d’exercices réalisés en Kumi tachi (avec partenaire), avec un souci de réalisme et d’authenticité, sans toutefois se départir du contrôle et de la maîtrise imposées par l’utilisation successives de copie d’armes réelles, en bois puis en métal ! Ce travail aux armes fait référence aux combats entre samouraï sur le champ de bataille. Il faut remarquer ici l’importance de la notion de vigilance de tous les instants (Zanshin), et conserver à l’esprit le caractère profondément utilitaire de cet art martial héritier des pratiques guerrières japonaises en vigueur sur les champs de batailles, pour ne pas risquer de tomber dans une pratique dénaturée, sans réalisme. 2°/LE TRAVAIL SPECIFIQUE DE BUKI DORI(2) Le travail de Buki dori contre le Tanto est une composante du programme Aïkibudo abordée dès le 2ème dan. Il faut ici préciser que la maîtrise de cette arme profite directement dans cette partie du programme, dans la droite logique des enseignements traditionnels. Cette connaissance précieuse permet donc directement au pratiquant de pouvoir concevoir les ripostes et les limites de son travail contre un agresseur porteur d'un poignard. Comme toujours en Aïkibudo le pratiquant se trouve projeté dans une dimension particulièrement réaliste, puisque Seme est supposé maîtriser le mieux possible l’arme utilisée pour l’agression. Le souci d’authenticité se retrouve alors tant dans le caractère vraisemblable de l’attaque considérée qu’au niveau la recherche d’une solution technique efficace. Il est évident que seule la connaissance la plus parfaite pos- (1) Arme en forme de foudre ou d’éclair, attribuée au dieu de l’Hindouisme Indra. (2) Buki-Dori : travail spécifique contre la panoplie des armes. 21



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :