Aïki Mag n°3 nov 01 à mai 02
Aïki Mag n°3 nov 01 à mai 02
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de nov 01 à mai 02

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : entretien avec Gérard Chavineau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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entretien « Sans abandonner les valeurs essentielles de notre pratique telles que la ténacité ou l’engagement, nous devrions nous libérer de notre ego, faire abstraction de soi-même afin de vivre pleinement notre Aïki et d’aller à l’essentiel. » 10 avec le "partenaire", et développé à partir de son propre centre. Que peuvent apporter les techniques d’armes ? Je pense que beaucoup d’Aïkidokas sont attirés par la dimension martiale que procure le travail des armes, notamment pour ce qui est de l’engagement "d’être plus incisif dans l’action", de la vision du "partenaire" afin de rester centré sur lui, et aussi de prendre davantage conscience de la distance relative et des placements à prendre. Ce travail permet aussi d’épurer le geste à sa plus simple expression pour lui donner le maximum de puissance et d’efficacité, résultat d’une pratique souple et sans blocage. Pour moi, le travail des armes est un complément indispensable à la pratique de l’Aïkido, certes pour la compréhension du geste, mais aussi pour les situations dans lesquelles les notions de vision, d’espace temps et de placement sont prédominantes, situations qui permettent aussi "d’affûter" notre vigilance à tout moment par la notion constante du danger. Préconisez-vous un travail spécifique pour maîtriser l’énergie ; le Kokyu ouvre-t-il fondamentalement la porte de l’Aïkido ? Le Kokyu est au centre de l’étude de l’Aïkido et doit être constamment présent dans notre pratique, ainsi que dans notre vie de tous les jours. Pour moi, il n’y a pas de travail spécifique, il est personnel. La recherche du Kokyu doit être le fruit de notre travail, de notre persévérance, sinon, à quoi servirait l’étude d’un Budo si ce n’est pas celle de se surpasser, de s’épanouir et de trouver l’harmonie avec soimême et avec les autres. Le respect de l’Étiquette est particulièrement important en Aïkido, cela doit-il avoir une influence sur le quotidien du pratiquant ? Oui, le respect de l’étiquette est important pour la pratique de l’Aïkido comme pour celle des autres arts martiaux. Il représente tout d’abord le respect au fondateur, au professeur qui vous enseigne, aux anciens qui vous communiquent leur expérience, et au dojo dans lequel vous pratiquez. L’ÉTIQUETTE, c’est de donner une valeur à sa personnalité et d’accepter de se surpasser.
LE RESPECT, c’est de vivre en harmonie avec les autres, de savoir les écouter et surtout de les comprendre. Quelle doit être pour vous la meilleure qualité chez l’Aïkidoka ? La question ne devrait pas être exprimée au singulier, mais au pluriel, car s’il suffisait d’avoir une seule qualité pour être un "bon aïkidoka", l’étude en serait ainsi restreinte. A mon sens, les principales qualités pour un Aïkidoka doivent être : - La sincérité : preuve d’un esprit fort, stable et honnête qui sera le miroir de sa pratique. - La ténacité : qualité "martiale" qui permettra dans les moments de doutes ou de "conflits" de ne pas se décourager, mais au contraire, de se bousculer, de se forcer. - La simplicité : qui doit être à l’image de notre pratique, et qui permet d’être constamment à l’écoute des autres. - La reconnaissance : qui nous évite d’oublier ceux qui nous ont enseigné, aidé ou fait partager leur passion ; qui nous évite aussi de nous oublier nousmêmes dans les moments de faiblesse ou d’incertitude afin de se corriger. Morihei Ueshiba parlait "d’effacement de soi dans la réalisation de l’Aïki", une telle conception est-elle compréhensible par des pratiquants occidentaux ? A mon sens, cette parole de O Sensei, "d’effacement de soi dans la réalisation de l’Aïki" amène à penser qu’à chaque moment de notre pratique, nous devrions mettre de côté nos habitudes, notre obstination à vouloir trop bien faire ce qui nous rend parfois aveugle, ce manque de recul qui nous fait oublier le partenaire et la richesse de cet échange, cette obstination aussi à vouloir être le plus fort ou le meilleur au détriment de la simplicité. Sans abandonner les valeurs essentielles de notre pratique telles que la ténacité ou l’engagement, nous devrions nous libérer de notre ego, faire abstraction de soi-même afin de vivre pleinement notre Aïki et d’aller à l’essentiel. De cela, il est facile d’en parler sur le papier, mais l’application en est certainement plus difficile. Je crois qu’elle demande beaucoup d’expérience et d’ouverture d’esprit, mais elle doit être de toute façon le but de notre pratique et ce concept n’a nullement de frontière. Après bien des années de pratique, vous avez décidé d’enseigner votre art. Quels fondements le maître doit-il transmettre à ses élèves, sur quels points forts insistez-vous ? Sur le plan technique, l’étude des Kihon waza est incontournable et toutes les techniques fondamentales doivent être étudiées intensément, avec beaucoup de rigueur sans en privilégier l’une ou l’autre. Cette étude, sans en négliger les attitudes du corps, doit permettre à l’élève de structurer sa pratique et servir de repère. Les autres points forts sur lesquels j’insisterai, seraient avant tout, la notion d’Étiquette sur laquelle nous devons rester vigilants, car nous devons donner vis-à-vis de l’extérieur l’image d’une discipline "martiale" avec toute sa crédibilité. Un autre point, qui me tient aussi à cœur, c’est celui de l’Engagement, du fait que nous étudions un Budo. Il faut à mon avis, essayer sur le tatami et ceci à chaque moment de sa pratique, de donner autant que l’on reçoit car nous travaillons avec un "partenaire", et cette notion d’échange et de communication doit être sans cesse présente quel que soit son niveau. ❁ « le respect de l’étiquette est important pour la pratique de l’Aïkido comme pour celle des autres arts martiaux. Il représente tout d’abord le respect au fondateur, au professeur qui vous enseigne, aux anciens qui vous communiquent leur expérience, et au dojo dans lequel vous pratiquez. » 11



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