Aïki Mag n°25 déc 12 à mai 2013
Aïki Mag n°25 déc 12 à mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 12 à mai 2013

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : l'Aïkido, une philosophie fine et subtile, un art de la relation ... (Céline Froissart).

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dominique Capes, 4 e dan, a gardé de l’enseignement reçu auprès des plus grands senseï une ouverture d’esprit qui témoigne parfaitement de sa conception de l’Aïkido, et dont profitent tous ses élèves de Picardie. Vous êtes un des hauts gradés de votre ligue. Quels ont été vos senseï ? J'ai commencé l'Aïkido en 1972 au Judo Club Daumesnil dans le 12e arrondissement, à Paris. Mon professeur d'Aïkido, Monsieur Pierrard, était très marqué par les maîtres Noro et Mochizuki auxquels il faisait beaucoup référence lors de ses démonstrations et explications. Nous naviguions donc, nous autres élèves, dans deux approches distinctes de l'Aïkido, à travers les techniques qui nous étaient expliquées. Dans mes souvenirs, lointains mais toujours présents, apparaissaient à la fois, chez notre professeur et ses assistants, une recherche de belles techniques et d'efficacité. La notion d'attitude martiale était forte. Dans les années 1970, je participai à toutes sortes de stages. Les professeurs étaient Tamura, Chiba, Sugano, Kobayashi, Nocquet, Noro. Je trouvais indispensable de chercher, aux travers des écrits de référence dont nous pouvions disposer, la connaissance nécessaire de cet art japonais dont la beauté d'exécution me retenait. J'avais acheté, rue la Montagne-Sainte-Geneviève, le livre de O. Ratti et A. Westbrook « Aïkido and the dynamic sphere », très beau livre, format à l'italienne, que j'ai prêté par la suite et jamais récupéré. Je m'efforçai de le traduire de l'anglais. Les dessins des auteurs, par leur beauté circulaire, me paraissaient représenter, à l'époque, ce que devait être l'Aïkido et ce vers quoi il fallait tendre. J’avais vu à mes débuts, présenté par André Nocquet après un stage qu’il avait animé, le film de Michel Random « Les arts martiaux – ou l’esprit des budo ». Il n’y avait pourtant qu’un cours passage sur l’Aïkido. Ce documentaire m’avait donné envie de poursuivre la voie des arts martiaux. Puis, par la suite, j'ai eu l'occasion de suivre des cours dispensés par maître Tissier. La première fois que je l'ai vu, c'était il y a fort longtemps, à Paris, rue Daguerre, dans le 14 e arrondissement. J'avais trouvé sa pratique très dynamique et vivante. J’avais pensé que, dès que possible, après mon service militaire, je suivrais ses cours. Ma vie professionnelle, puis familiale, ne me permettant pas une disponibilité très flexible, je n’ai pu, en définitive, que suivre ses stages, à son cercle, à Vincennes. Je continuai à profiter d’autres stages, animés par des maîtres (Noël, Endo, Ikeda, Yasuno, Osawa, Yamashima, Arikawa). Mais c’est avec maître Tissier que j’ai pu comprendre et apprécier la richesse technique de la pratique. Son enseignement est vraiment intéressant, tant sur le plan de la pédagogie que sur celui du sens de la recherche personnelle, qu’il sait insuffler aux pratiquants. Pouvez-vous nous dire comment s’organise l’enseignement en Picardie ? La ligue construit son enseignement autour de deux axes : 1- l'enseignement dispensé aux pratiquants débutants et confirmés : les clubs, comme partout, ont la charge de préparer chaque pratiquant à pouvoir se présenter, le moment venu et s'il le souhaite, au premier examen (ceinture noire shodan) qui consacre un premier niveau, celui de l’application formelle des techniques. Puis, par la suite, vers les autres niveaux, nidan, etc. Cependant, le club ne peut pas être le seul lieu d'expertise pour y parvenir. La ligue bénéficie de stages (5 par an) animés par le Délégué Technique Régional, en l’occurrence, depuis plusieurs années, Pascal Norbelly, 6 e dan. Ces stages de ligue permettent d'avoir son avis, en plus de bénéficier de son enseignement, sur le progrès technique des pratiquants, de mois en mois et d'année en année. La ligue organise un stage national annuel. Jusqu’à présent, les intervenants ont été, jusqu'à présent, les maîtres Tissier et Palmier. En dehors de ces rendez-vous, il est possible pour les pratiquants et enseignants d'assister aux stages privés des maîtres. La ligue de Picardie (Oise, Somme et Aisne) n’est guère éloignée de la région parisienne où il n’y a pas pénurie de savoir. 2- La formation des enseignants : pour enseigner dans un des clubs de la ligue, il est nécessaire de posséder le BF ou le BE, bientôt remplacé par le CQP option Aïkido. Pour le démarrage d'un nouveau club, une autorisation d'enseigner validée par le président de ligue et le DTR peut être provisoirement suffisante, sous réserve de l'engagement du bénéficiaire de cette autorisation à se former au BF ou au BE/CQP. Les stages de ligue permettent au DTR de se rendre compte de l'évolution des participants et, par voie de conséquence, de la qualité de l'enseignement des clubs. Être peu éloignée de la région parisienne offre la possibilité à une petite ligue, comme celle de Picardie, de pouvoir se rattacher à l'École des cadres de l’Ile-de-France. Les enseignants peuvent s'y recycler, participer, en tant que tuteurs, à la formation au BF. C'est un atout primordial. Autant les stages de ligue, nationaux ou privés, sont un gage de progrès technique et de compréhension, au sens large, de l'Aïkido, autant l’École des cadres est indispensable pour la formation des enseignants à la pédagogie. Quelle que soit la matière ou l'art enseigné il convient, dans un premier temps, de se l'approprier (être un pratiquant confirmé), puis d'apprendre à le transmettre. L’Aïkido ne se 8 La technique doit transformer la confrontation et la contrainte en une forme de résolution du conflit ouvert.
RENCONTRE ligue de picardie dominique capes l’ouverture martiale dispense pas dans un cercle confidentiel d'initiés ; il est offert à tous les publics dont l'intérêt pour la pratique est très diversifié, ainsi que les aptitudes corporelles (l’âge, la corpulence, etc.) C'est pourquoi, la ligue demande à ses enseignants de passer par l’École des cadres auprès de laquelle, grâce à son animateur, Bernard Palmier, et à ses assistants, ils trouvent une méthode pédagogique ouverte et évolutive. En dehors de l’École des cadres, des stages de formation, nécessaires à un enseignement rationnel et objectif sont dispensés. Ainsi, le regretté Jean-Michel Mérit avait-il formé à l'enseignement des jeunes ceux des enseignants de la ligue qui s'y prédisposaient. De même, le stage à l'évaluation des grades est enrichissant, non seulement pour les quelques jurés de passage de grades shodan et nidan, mais aussi pour tous les enseignants qui font passer les kyu en club. Si l’on convient que le dojo est le lieu consacré de l’Aïkido, que doit y apporter le pratiquant ? La première fois que le pratiquant monte sur le tatami, c'est lui-même, novice et dans l'attente, que le club (le dojo) reçoit. La première chose, c'est de ne pas décevoir son attente, quelle qu'elle soit : lien social, sport de combat, loisir, bien-être corporel. Ce n'est pas une mince affaire. L'enseignant imprime l'esprit du dojo, mais il doit être relayé par les pratiquants. Le nouveau venu doit être respecté et pouvoir rapidement être conforté dans son choix. C'est toute la subtilité de l'Aïkido que de répondre à de multiples approches qui, en fin de compte, convergent vers un but unique : la réalisation de soi. Par la suite, par ses progrès, le pratiquant continuera d'être un aspect de la diversité du genre humain qui contribuera à l'enrichissement de ses partenaires, à travers une pratique qui ne s’enferme dans aucune catégorie de poids, de taille, de genre, de forme. Même si, pendant les cours, il est utile, parfois et non pas systématiquement, pour la compréhension de la technique et sa bonne réalisation, de regrouper par catégorie (ex : apprentissage de koshi nage… 55 kg vs 90 kg). 9 Pourquoi cette absence revendiquée de compétition en Aïkido ? Le fondateur de l'Aïkido, Morihei Ueshiba, n'a pas développé un art martial sportif, mais une pratique constructive pour soi-même : « L'Art de la paix commence par vous » et « Il n'y a pas de conflit dans l'Aïkido » disait-il. Cela ne signifie pas qu'il n'y ait pas usage d'une certaine violence maîtrisée dans la pratique, puisque nous avons recours à la confrontation, à la contrainte par des frappes, des coupes et des saisies. De cellesci doivent émerger des techniques de défense : une immobilisation, une clé sur une articulation ou une projection. Mais il n’y a pas de vrai perdant, pas de destruction, pas de hors-jeu, seulement la préservation de l’intégrité de l’un et de l’autre. Il y a réversibilité, que ce soit dans l’action (tori et uke) et dans la finalité (la destruction devient construction). La compétition répond à une autre aspiration : celle de gagner, d'éliminer. C'est la logique du dominant, du meilleur, du plus fort. Elle n'est pas condamnable, elle répond simplement à une autre voie de la réalisation de soi, peut-être plus éphémère que celle que propose l'Aïkido qui peut se poursuivre tout au long de la vie d'un pratiquant qui aurait commencé jeune. Comme elle peut permettre à un autre pratiquant qui aurait commencé bien après le printemps et même l'été de la vie de se réaliser à travers une pratique adaptée. L'Aïkido ne demande pas d'autres qualités corporelles que celle d'être en bonne santé (sans contre-indication médicale). Le handicap, suivant son degré bien sûr, n'est pas un empêchement. Pensez-vous, comme l’affirmait le fondateur, que la vraie victoire c’est la victoire sur soi-même ? Bien sûr ! C'est l'universelle valeur



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