Aïki Mag n°25 déc 12 à mai 2013
Aïki Mag n°25 déc 12 à mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 12 à mai 2013

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : l'Aïkido, une philosophie fine et subtile, un art de la relation ... (Céline Froissart).

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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aïkido handi-valide magali chambenoit-levy Photos Christian Rocher L’idée n’est pas de « produire des shodan en fauteuil », ni d’imposer des personnes handicapées sous prétexte que ce travail est possible. En revanche, au travers des communications de l’atelier d’Aïkido handi-valide, via Facebook, Youtube et les journées portes ouvertes, nous voulons permettre aux professeurs de trouver de l’information, de l’échange et de la formation, et aux élèves de trouver des professeurs. Tous les professeurs d’Aïkido n’ont pas à s’intéresser au sujet, mais ceux qui le sont ou qui sont confrontés aux difficultés de l’accueil d’une personne handicapée peuvent trouver des réponses ou nous en apporter. De fait, à l’atelier d’Aïkido handivalide, on essaie de faire de l’Aïkido et ce travail permet à des personnes handicapées de réaliser de magnifiques progrès en matière d’autonomie dans leur vie privée. Sur quels points vous appuyez-vous pour développer l’énergie ? Je ne la développe pas, je la canalise à peine… En dix ans, depuis le diagnostic, je suis passée par toutes sortes de centres de rééducation : Centre pour enfants Edouard Rist (Paris 16 e), pour amputés à l’ADPAT 1 de Saint-Cloud, pour lésés médullaires au Centre Héliomarin de Cerbère et au centre René Sabran à Giens, pour traumatisés crâniens à l’hôpital Poincaré de Garches, et même en gériatrie à Saint-Gervais… Ces séjours m’ont appris beaucoup de choses sur le mental des personnes handicapées et sur les contraintes auxquelles elles font face. Aujourd’hui, je me sens capable de faire ce que je fais. J’ai besoin de beaucoup d’encouragement, j’ai besoin de me sentir soutenue, mais c’est une question de confiance en moi. C’est de la volonté et de l’idéalisme. En faisant mon travail de deuil (acceptation de la maladie), j’ai décrété qu’il fallait être digne et exemplaire. Cela me permet de donner un Ci-contre, Sylvie Guillard accompagnée de Fabien Barjon et d’Araï Garcia qui ont créé la LSA. sens à tout cela et à mieux l’accepter : au moins je sers à quelque chose. La commission fédérale présente une organisation et un règlement, quelle est son actualité ? Les avancées sont-elles suffisantes ? Suite à la création de notre atelier d’Aïkido handi-valide, la commission handicap Chaque fois que je laisse mes orthèses au vestiaire et que je monte sur un tatami, je me sens « normale ». Mais souvent, le chemin que je dois parcourir entre le vestiaire et le tatami me rappelle que je viens de loin, c’est souvent une épreuve… de la FFAAA m’a offert un poste de membre consultatif. Ses objectifs sont de trouver des lieux adaptés à la pratique de l’Aïkido, de l’Aïkibudo ou du Kinomichi, avec ou sans tatami, d’aider les enseignants à se former, d’avoir une sécurité au niveau de l’assurance couvrant la pratique, de mettre à la disposition des enseignants des outils pédagogiques, de proposer des stages, des séminaires, des formations, etc. Cette année, la commission a initié un état des 22 lieux visant à savoir combien de personnes sont concernées par le handicap dans la pratique de l’Aïkido, de l’Aïkibudo ou du Kinomichi, combien de clubs, de professeurs sont confrontés à des questions relatives aux objets de la commission. En effet, comment mettre en œuvre des moyens, comment argumenter un budget si l’on ne peut s’appuyer sur des chiffres. Le questionnaire destiné aux clubs est toujours en ligne et nous attendons encore de recevoir des réponses de certaines régions pour pouvoir nous appuyer dessus avec des données quantitatives tangibles. Nous comprenons bien la crainte des personnes handicapées et de certains professeurs, qui se sentent soudainement pointés du doigt, stigmatisés ou marginalisés dans une pratique où jusqu’à présent on les laissait évoluer « normalement ». Il faut bien comprendre que la commission handicap est présente pour faciliter la vie des pratiquants et donner des moyens aux enseignants. Un second questionnaire en ligne est mis à la disposition des pratiquants en situation de handicap, pour qualifier leur ressenti. Je profite de l’occasion pour dire à ceux qui
souhaiterez répondre à ce questionnaire en ligne, que le plus simple est de m’envoyer un courriel à handivalideaikido@gmail.com, en mentionnant si vous êtes un pratiquant en situation de handicap ou un enseignant ou président de club, et si vous faites de l’Aïkido, de l’Aïkibudo ou du Kinomichi. Dans notre démarche de sensibilisation au handicap, l’an dernier, la commission handicap a été partenaire des portes ouvertes de l’atelier d’Aïkido handi-valide. Les personnes qui sont venues, près d’une quarantaine, ont découvert le maniement du fauteuil roulant de ville, réalisant des parcours de la vie courante de personnes en fauteuil roulant. Le comité régional de la FFH et une équipe de basketfauteuil nous ayant prêté des fauteuils roulants, nous avons donné un cours d’Aïkido tel que nous le donnons à nos élèves, en laissant toutefois de la liberté à nos aïkidokas pour qu’ils puissent explorer les possibilités de la pratique en fauteuil roulant par eux-mêmes. A cette occasion, Christian Rocher, photographe, a réalisé des clichés que l’on peut retrouver sur son site internet*. Le 22 avril 2012 nous avons organisé à Rocbaron une journée de sensibilisation au handicap moteur, nous concentrant sur l'utilisation du fauteuil roulant, symbolique du handicap de façon générale. Pour cette saison, l'atelier d'Aïkido handi-valide organise un week-end complet COMMISSION HANDI AIKIDO Responsable : Fernand Azzopardi Membres : Magali Chambenoit-levy, Gérard Clérin, Claude Boyer. Projet de notre commission fédérale : Ouvrir l’Aïkido aux personnes handicapées. OBJECTIFS : w Pour les pratiquants et les enseignants : - lieux adaptés avec ou sans tatamis, - des enseignants formés au handicap. w État de lieux des ressources humaines : Mieux connaitre les aïkidokas handicapés et leurs types de handicaps. w Deux questionnaires à l’attention des présidents de ligues, qui le transmettent aux responsables et enseignants de clubs : - un questionnaire à l’attention des personnes handicapées, - un questionnaire à l’attention des enseignants. Il se remplissent et se valident en ligne (pas besoin de le renvoyer). w Formation des enseignants qui le désirent vers un CQH A, (connaissance générale), CQH B (mise en situation). ENTRETIEN Essai de fauteuil et échauffement pour Claude Boyer avec les participants à la journeé handi-valide du 22 avril 2012. les 27 et 28 avril 2013, où nous aborderons la cécité, la surdité et le handicap moteur. Nous avons également plusieurs nouveautés à faire découvrir, notamment : - le dvd LSA 2, qui propose la codification de la nomenclature de l’Aïkido en langue des signes, créée au sein du club d’Aïkido de Garéoult, avec Fabien Barjon, Araï Garcia et Sylvie Guillard, 4 e dan, notre professeur, sous le regard de Micheline Vaillant-Tissier, - un fauteuil spécifique au travail sur tatami sans les abimer, leur design est pensé pour ACTIONS : Journée de sensibilisation avec l’atelier Aïkido handi-valide le 22 avril 2012, animée par Magali Chambenoit, à Rocbaron dans le Var. La Fédération Française du Handi Sport, a participé à cette journée en mettant à disposition des fauteuils, une personne est venu expliquer les types de handicaps aux participants. PRÉVISIONS : w Mise en place d’une transversalité avec la Commission médicale fédérale, et avec le Collège Technique National, w Mise en place de commissions médicale et handicap dans chaque ligue. préserver l’intégrité de uke en réduisant les surfaces dangereuses et en les protégeant. Quelles mesures faudrait-il prendre en priorité, voire d’urgence ? Il n’y a aucune urgence. Tout problème a une solution. Il est urgent de laisser le temps aux mentalités d’évoluer. Pour cela, il faut juste communiquer, ne pas avoir peur des mots ni des maux. Mais qu’est-ce que le handicap ? Pour moi, le handicap naît d’une situation qui nécessite une adaptation, l’utilisation d’une aide technique ou humaine. De ce fait, le handicap ne se résume pas à un statut MDPH 3, mais à une situation sociale, médicale ou autre. Le handicap n’est pas un problème car le problème n’existe pas sans solution. Il n’y a pas de « solution » au handicap. Quels sont les moments les plus forts dans votre pratique ? Chaque fois que je laisse mes orthèses au vestiaire et que je monte sur un tatami, je me sens « normale ». Mais souvent, le chemin que je dois parcourir entre le vestiaire et le tatami me rappelle que je viens de loin, c’est souvent une épreuve. Ça symbolise une petite victoire… et chaque petite victoire est un moment fort. Il y en a d’autres, plus ponctuelles. Et puis, à présent, quand je reconnais une de ces petites victoires dans le travail de l’un de mes élèves « handi », je suis émue. u Propos recueillis par Albert Wrac’h Fernand Azzopardi. *http://www.rocher-photographe.com/1- Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées qui y sont prises en charge. 2- Langue des Signes Aïkido. 3- Maison Départementale des Personnes Handicapées. 23



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