Aïki Mag n°25 déc 12 à mai 2013
Aïki Mag n°25 déc 12 à mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de déc 12 à mai 2013

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : l'Aïkido, une philosophie fine et subtile, un art de la relation ... (Céline Froissart).

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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AÏKIDO céline froissart l’art de la relation Céline Froissart, 3 e dan BE, que l’on a vu uke de Yoko Okamoto sensei à Bercy 2012 ou précédemment aux Combat Games à Pékin dans la délégation emmenée par Christian Tissier shihan, est une aïkidoka très représentative d’une génération. Elle nous fait part de sa vision très moderne de l’Aïkido, dont la richesse se situe, pour elle, à plusieurs niveaux. L’Aïkido, comme discipline, est communément admis comme étant un art martial. Pour certains, la question de la martialité et de l’« efficacité » de l’Aïkido fait débat. Mais il ne convient sans doute pas de rentrer dans ce débat sur un premier niveau d’analyse, pour la simple et bonne raison, tout d’abord, qu’on ne vit pas ou plus de situation « guerrière » à laquelle se référer, dans nos contextes de vie actuelle. En tant qu’occidental et moderne, on est plutôt d’abord amené à vivre l’Aïkido comme une expérience à renouveler et à répéter si l’on souhaite en comprendre le sens. Or, finalement, la pratique technique, à proprement parler, nous enseigne qu’il s’agit davantage d’un art de la relation qu’une tentative de maîtrise des techniques par ellesmêmes, bien qu’on ne puisse, évidemment, pas en faire l’économie. Il semble, en réalité, que la plus grande richesse que fournit la pratique de l’Aïkido 16 Maîtriser la technique pour mieux établir la relation indispensable à la réussite de l’Aïkido. n’est pas tant liée à la connaissance des techniques, qu’à la façon d’aborder la reproduction de ces dernières dans un contexte donné, avec un partenaire donné. Il y a comme un travail permanent de focalisation et de défocalisation par rapport à des points-clés qui sont condition de la réussite ou, au moins, de la réalisation d’une technique. Un ensemble de sensations À titre d’exemple, on peut dire que l’on passe d’abord du temps, quand on est débutant, à comprendre les ressorts mécaniques d’un shihô nage. Puis, alors qu’on pense, après l’avoir reproduit des dizaines de fois, savoir enfin ce qu’est un shihô nage, on se rend compte (à l’aide des partenaires que l’on rencontre et de l’apport des enseignants) que la technique doit s’enrichir d’abord d’un certain placement (qui n’est pas que mécanique ou géométrique), puis d’un timing, puis d’une intention. À cela viendra s’ajouter la faculté à envisager cette technique comme un ensemble de sensations, jusqu’à obtenir une première vision d’ensemble. C’est seulement à partir de cette première vision d’ensemble
qu’on ressent le besoin d’affiner les points techniques permettant d’obtenir une vision d’ensemble plus pertinente. C’est ce processus qui permet sans doute de matérialiser l’idée d’amélioration continue. C’est probablement la raison pour laquelle il est si intéressant et peut-être si nécessaire de suivre l’enseignement de différents sensei. Parce que la pratique de l’Aïkido a pour caractéristique, me semble-t-il, de générer une stimulation intellectuelle, comme moteur de l’amélioration, ce qui a été intégré une fois n’a plus besoin de faire débat, mais s’inscrit dans une expérimentation par le corps. Or parfois, à un instant donné, la démarche pédagogique d’un enseignant ne correspond par forcément à l’endroit où on se trouve dans sa progression personnelle, ce qui fait que l’on ressent bien un décalage entre ce que l’on cherche à obtenir et ce que l’on obtient effectivement. C’est là qu’entre en jeu l’importance de la diversité des enseignements ; ils permettent de prendre la même chose sous un angle différent. Il m’est déjà arrivé, en suivant un entraînement en stage, de me demander pourquoi tel aspect ou telle technique ne nous avait jamais été présenté de cette façon particulière auparavant. En réalité, il n’y a pas forcément une façon plus pertinente qu’une autre de présenter un enjeu technique, mais l’enrichissement que 17 propose une nouvelle façon de présenter une technique ou un point particulier de cette dernière permet de comprendre ce qui a été expliqué d’une autre façon jusqu’alors. Et puis c’est aussi peut-être une question de moment. C’est me semble-t-il cette compréhension intellectuelle qui, paradoxalement (ou pas !), permet de « passer à autre chose », tout en laissant « décanter » la nouvelle acquisition. Le rôle du partenaire est, évidemment, fondamental. On entend souvent dire par des personnes que l’Aïkido ne fonctionne pas s’il n’y a pas de connivence entre les pratiquants. Ce n’est pas juste, in fine. En revanche, il peut être intéressant de tenter de comprendre ce qui conduit des néophytes jusqu’à certains pratiquants fervents, à une telle remarque. Tout d’abord, le concept d’entraînement parle de lui-même : comme il n’y a pas de compétition en Aïkido, il n’y a pas d’occasion véritable de montrer à quel point une technique peut aboutir tout à fait. La réaction la plus appropriée Mais surtout, il est inhérent, semble-t-il, à la pratique de l’Aïkido et au respect de ses principes, que les deux partenaires acceptent de « jouer le jeu » de la discipline. Uke, parce qu’il connaît les enjeux potentiels d’une technique d’Aïkido, une immobilisation par exemple, va « accepter » de chuter, pour signifier à tori que la technique est réussie. S’il décide de « résister », il est obligé de se placer autrement et donc de prendre le risque de sortir du système ; si uke sort du système, il doit accepter que tori en sorte également et, martialement parlant, de prendre le risque de recevoir une sanction proportionnelle à son comportement. C’est pourquoi il est important pour progresser dans sa pratique quotidienne, de comprendre que ce n’est pas tori qui produit telle ou telle chute de uke ; mais, bien au contraire, uke qui doit choisir dans l’instant la chute ou la réaction la plus appropriée à la situation, pour « sortir » de l’action de tori. Il ne s’agit alors, en aucun cas, de complaisance, mais de réponse à une situation donnée. La relation est alors au cœur de la pratique et c’est ce qui rend si intéressant le travail de l’Aïkido. Le travers de l’Occidental et de l’individu « mondialisé » plus généralement, aujourd’hui, consiste à être dans une culture de résultat. Mais notre monde tourne autour de cette notion de résultat et de profit de façon très binaire, sur le mode de « si ça profite à l’autre, ça ne me profite pas à moi. Je



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