Aïki Mag n°24 jun à nov 2012
Aïki Mag n°24 jun à nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de jun à nov 2012

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1 Mo

  • Dans ce numéro : Marc Bachraty, l'union de l'efficacité et de l'harmonie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Alice Feneyrols, 3 e dan, ne se ménage pas pour explorer, sans relâche, au Japon comme en Ile-de-France, sa discipline préférée, dans laquelle elle puise l’énergie équilibrante pour mener à bien ses missions et engagements. Entretien avec une artiste martiale en béton. alice feneyrols énergie concrète Comment avez-vous débuté la pratique de l’Aïkido ? A l’époque je voulais pratiquer un art martial, un copain avait débuté l’Aïkido avec son père un an auparavant et m’a proposé de venir au club. C’était une reprise pour son père après quelques années d’arrêt et il en a profité pour proposer à son fils de pratiquer avec lui. J’ai fait un cours d’essai et j’ai tout de suite accroché : la convivialité au sein du club, le dynamisme du professeur, l’aspect traditionnel du dojo m’ont immédiatement fait une bonne et forte impression. De plus, certains aspects comme le port du hakama, la variété des types de pratiques (à genoux, contre plusieurs partenaires, aux armes, etc.), et le respect de l’étiquette tranchaient avec les cours pour ados proposés à l’époque dans ma ville (en Judo ou Karaté) qui étaient beaucoup plus axés sur le sport et le jeu que sur la pratique d’un art martial. C’était au club de Carrières-sur-Seine (78), dans lequel je pratique encore actuellement. J’ai débuté avec Fabrice Polteau qui assurait les cours et que j’ai suivi jusqu’au 1 er kyu. Après quelques années, le dojo fut repris par Pascal Durchon qui m’a formée du 1 er kyu au 3 e dan. Le changement de professeur a-til eu un impact sur votre parcours ? Le changement de professeur m’a permis de m’investir réellement dans la discipline. En effet, cela permet de réaliser que, si l’on continue, on peut alors pratiquer pour soi et non pas en suivant le professeur de manière passive. Ce fut l’occasion pour moi de m’inscrire dans la discipline au sens de la discipline de soi et d’interroger les habitudes structurées avec son (ses) précédent(s) professeur(s)... de savoir ce que l’on va garder, ce que l’on veut changer ou améliorer. Le professeur nous accompagne dans cette démarche, mais cela ne doit pas remplacer un travail personnel. Chaque professeur, à travers son parcours, sa personnalité, montre, enseigne, certaines facettes de la discipline, le changement permet d’en appréhender son aspect multidimensionnel. 8 ENTRETIEN Cela vous a-t-il permis un investissement dans la pratique à l’échelle de la FFAAA ? Avant le 1 er dan je n’allais que très peu en stage, et uniquement à des stages privés organisés par mon club. Le fait de devoir aller en stage fédéral m’a poussée à sortir de mon dojo et m’a permis de voir, par le contact avec une grande variété de pratiquants et de techniciens, que la richesse de la FFAAA est d’être une fédération organisée autour de plusieurs formes de pratique, ce qui permet cette pluralité d’expressions au sein d’une même discipline. J’ai commencé, et je continue, à me déplacer en France et à l’étranger pour aller pratiquer en stage, notamment dans plusieurs ligues en dehors de l’Ile-de-France (Centre,
Languedoc-Roussillon, Basse-Normandie, Lorraine, Aquitaine...), j’ai ainsi une vision plus large, plus nationale de la pratique de l’Aïkido en France. Cela a développé chez moi la volonté de m’investir dans l’une de ces ligues. J’avais déjà suivi la formation de l’École des cadres en Ilede-France. Puis, en suivant l’École des cadres de mon professeur, dans la ligue Centre, j’ai appris à apprécier l’Aïkido d’un point de vue technique et pédagogique à une échelle humaine où chacun se connait depuis des années et se respecte, ce qui me convient. Audelà de l’aspect découverte, c’est devenu un lieu d’investissement, de formation continue ce qui m’a permis de préparer et d’obtenir le BE en novembre dernier. De fil en aiguille cela m’a amenée à tisser des liens forts avec cette région et à proposer de créer le site web de la ligue. Vous semble-t-il important de participer à la vie de sa ligue, de son club ? Je crois qu’il est important d’avoir des lieux pour s’investir. C’est, selon moi, l’une des composantes essentielles pour pouvoir avoir une pratique de cœur qui va au-delà d’une logique de consommation. C’est aussi pourquoi cela me semble normal d’investir et soutenir les structures fédérales qui font sens pour soi dans son parcours d’aïkidoka, que ce soit à l’échelle locale, régionale, ou nationale. Participer à la vie d’un club est un investissement différent de celui qui se fait au sein d’une ligue ou à l’échelle nationale. Par analogie à mon expérience professionnelle, lorsque l’on a un diplôme d’ingénieur on aura beaucoup plus de libertés dans une PME, mais l’on doit également faire la plupart des choses soi-même, ou en effectif réduit, et chercher des affaires futures à gérer pour pouvoir continuer à couvrir les charges et dégager un peu de bénéfice. Alors qu’au sein d’un grand groupe, on aura une forme de sécurité, dans le sens où il y a, dans l’entreprise, des personnes dédiées pour chercher de nouveaux projets dont on sera en charge par la suite, cependant la contrepartie est que l’on doit se plier aux exigences du groupe en suivant sa politique. En même temps, cela permet alors de faire une analyse des manques, des besoins et de mettre en place un plan d’actions en accord avec le rapport qu’ont les individus avec leur environnement. C’est donc riche tant sur l’aspect culturel que sur le travail d’adaptation que cela demande ! Et qu’en est-il de la pratique à l’étranger ? Comme à l’échelle régionale, on Pour Alice Feneyrols, au Shiseikan de Tokyo comme dans son dojo francilien, l’art martial doit se pratiquer avec la même énergie. 9 retrouve dans la pratique à l’étranger un aspect multiculturel. J’ai pu voir comment l’enseignant doit s’adapter à des publics différents. L’élargissement du spectre à un niveau international permet de percevoir les écarts d’un pays à l’autre. On ne met pas l’accent sur les mêmes points concernant la pratique en Angleterre, Allemagne ou Pologne... Il en est de même sur les représentations de l’Aïkido, tant sur le plan technique que des valeurs. L’absence de structure fédérale ou leur faiblesse dans beaucoup de pays étrangers est, selon moi, un frein important au développement de la discipline. Vous parlez de l’Aïkido en France et à l’étranger. L’Aïkido est un art martial japonais, vous intéressez-vous à sa culture d’origine ? Effectivement, par l’intermédiaire de mon professeur, Pascal Durchon, j’ai la chance de profiter du contact privilégié qu’il a avec Inaba senseï, maître de Kenjutsu et d’Aïkido, ancien directeur du Shiseikan à Tokyo. Tout en conservant le lien avec l’Aïkido, je m’investis dans la pratique du sabre et l’enseigne depuis cette année au dojo de Puteaux (92) tout en continuant de me former. C’est à la fois une discipline à part entière et aussi quelque chose d’omniprésent dans les enseignements que j’ai reçus. Cela donne également une autre dimension à ma pratique de l’Aïkido. Le sabre crée un autre rapport vis-àvis de son partenaire, qui abolit les rapports de force et de poids. C’est une chance car cela permet en quelque sorte de redistribuer les cartes et de tirer le meilleur parti de l’interaction voire de la confrontation. Il y a tout un travail sur la spontanéité et la prise de décision en sabre qui va influencer fortement la pratique en Aïkido. L’avantage dans la pratique du ken est que l’on développe des qualités de vision et d’anticipation plus rapidement, à mon avis, qu’en Aïkido. Dans une logique d’économie, on a tous intérêt, homme comme femme, à mettre des stratégies en place pour avoir accès à l’enseignement en limitant les coûts. Vous pratiquez l’Aïkido et le Kenjutsu en contact avec des maîtres japonais, avez-vous eu l’occasion de pratiquer au Japon ? Dans le cadre mes études je devais effectuer un séjour à l’étranger pour valider mon diplôme d’ingénieur. Le but de ce type de séjour est, notamment, l’ouverture à d’autres cultures. Naturellement, mon choix s’est porté vers le Japon, ce qui m’a permis d’aller pratiquer tous les jours au Shiseikan à Tokyo durant deux mois.



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