Aïki Mag n°24 jun à nov 2012
Aïki Mag n°24 jun à nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de jun à nov 2012

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1 Mo

  • Dans ce numéro : Marc Bachraty, l'union de l'efficacité et de l'harmonie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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piliers d’aïkibudo Quand on parle de vous, vous faites figure de piliers fondateurs de l’Aïkibudo. Vous avez commencé les arts martiaux au début des années 1960 par le Judo, vous vous êtes dirigés vers l’Aïkido Yoseikan, vous avez passé votre 1 er dan en 1969. Comment vous êtes-vous rencontrés ? André Tellier : Nous nous sommes rencontrés en 1969, alors que nous venions tout juste d’avoir notre 1 er dan. Pendant un mois, du 15 juillet au 15 août, je suis allé suivre un stage intensif d’Aïkido Yoseikan avec Hiroo Mochizuki. Parmi les stagiaires se trouvait un petit homme très brun qui deviendra l’un de mes amis les plus chers : Edmond Royo. Edmond Royo : En réalité, je crois que c’est surtout au cours de deux semaines de stage à Beauvallon, en 1971, sous la houlette d’Alain Floquet, que nous nous sommes vraiment liés d’amitié et que nous avons tous les deux senti l’envie d’accompagner celui qui allait être notre senseï. Ensuite, nous avons partagé des moments inoubliables, un nombre incalculable de stages au cours desquels, pendant les pauses, on continuait de pratiquer ensemble dans le camping. C’est d’ailleurs comme ça qu’André m’a fait découvrir le Kendo ! 20 AÏKIBUDO Edmond Royo 6 e dan et André Tellier 6 e dan, difficile d’évoquer l’un sans l’autre tant leurs parcours sont parallèles. Ils ont connu toute l’évolution de l’Aïkibudo, des années 1960 à aujourd’hui, en jouant un rôle actif dans cette histoire. Entretien croisé. Comment êtes-vous venus à la pratique de l’Aïkibudo ? Qu’est-ce qui vous a mené vers cette pratique ? E.R. : Tout jeune, je faisais beaucoup de sport, de la gymnastique notamment. A l’armée, j’ai fait de l’haltérophilie et j’ai découvert le Judo que j’ai continué de pratiquer à mon retour à Tarbes. Malheureusement, une double fracture tibia péroné m’a empêché de poursuivre ce sport et je me suis tourné vers l’Aïkido-Yoseikan. Pour le reste, ce sont les rencontres qui ont été déterminantes, celle de Hiroo Mochizuki d’abord, puis celle d’Alain Floquet auquel je suis resté fidèle. A.T. : C’est mon grand frère que j’admirais qui m’a d’abord initié au Judo quand j’avais huit ans. Ensuite, une rencontre fut déterminante : celle de l’unique poste de télévision dans ma campagne normande, en 1956, au milieu d’une auberge. Un vieux bonhomme barbichu, à genoux sur le toit d’un gratte-ciel, faisait voltiger de jeunes acrobates en jupe noire qui se relevaient apparemment sans dommage et revenaient à l’attaque... J’ai rêvé de ces images pendant huit longues années, jusqu’à ce que je découvre l’Aïkido Yoseikan. Vous avez donc été les témoins et même les acteurs de l’évolution de l’Aïkibudo, de l’Aïkido Yoseikan à notre pratique actuelle. Qu’est-ce qui a évolué, qu’est-ce qui a changé ? A.T. : L’Aïkido Yoseikan que j’ai d’abord pratiqué se limitait aux te hodoki ainsi qu’aux techniques appliquées en chika ma. C’était une pratique très statique. La révélation fut la rencontre avec Hiroo Mochizuki puis Alain Floquet qui pratiquaient un art très fluide, dépourvu de brutalité. Le génie d’Alain Floquet, sa sensibilité, son intimité avec les trois derniers grands maîtres, Minoru Mochizuki, Yoshio Sugino, Tokimune Takeda lui ont permis de créer un art totalement original, l’Aïkibudo. Pour lui, son art original existe très tôt, son « adoption » par les trois senseï en est la reconnaissance. Pour nous, il nous fallait suivre l’évolution du maître, acquérir une perception plus fine des sensations, une
harmonisation de la force physique dans le mouvement... E.R. : Comme le dit très bien André, notre évolution est liée à celle d’un homme, Alain Floquet. Pendant les premières années « nous nous cherchions ». Pour ma part, dans les années 1970, je me rendais dès que je le pouvais à Paris pour pratiquer parfois avec Hiroo Mochizuki, parfois avec Alain Floquet qui lui-même construisait quelque chose, cherchait. Progressivement, autour de ce qu’il avait reçu de l’Aïkido Yoseikan et grâce aux apports extérieurs qui venaient du Katori, du Daïto ryu, du Kendo et même son expérience de terrain en tant que policier, Alain est parvenu à construire quelque chose qui avait une entité particulière. Par exemple, la forme de kamae que nous avons en Aïkibudo est directement liée aux postures que l’on retrouve dans le Katori. Nos formes de corps ont donc évolué, influencées par la pratique des armes. De la même façon, nos immobilisations avec les deux mains libres sont issues de l’expérience d’Alain dans la police où, pour des nécessités de terrain, on doit être capable Bio express de contrôler quelqu’un au sol tout en gardant les deux mains disponibles. Par conséquent, les immobilisations que l’on pouvait voir dans les années 1970 où l’on tenait avec les mains le partenaire au sol ont disparu. On est passé d’une période où les différents courants aïki, même s’ils avaient des identités spécifiques, tentaient de travailler ensemble. Mais c’était contre nature. Progressivement, avec la création du CERA, en 1974, la pratique d’Alain Floquet a vraiment suivi une évolution spécifique, elle a une âme qui lui est propre, un contenu particulier et en même temps, elle continue d’évoluer, d’avancer car avec le temps, les sensations continuant de s’affiner. La vraie force de l’Aïkibudo, c’est qu’Alain Floquet parvient à garder l’unité technique de son groupe, la cohérence technique de sa pratique et emmène l’ensemble des pratiquants dans sa propre évolution. C’est vraiment exceptionnel ! Et aujourd’hui, qu’est-ce qui vous semble essentiel dans la pratique de l’Aïkibudo ? E.R. : Avoir une bonne forme de corps, être droit tout en conservant une attitude naturelle. J’ai toujours dit à mes élèves et je dis toujours : « Regardez-vous travailler ! Quand vous faites une technique, vous devez la pratiquer sans effort, ne pas avoir de contraintes ou des blocages dus à la présence de votre partenaire ». A.T. : C’est la fluidité dans le mouvement qui me paraît essentielle. Les pratiquants perçoivent souvent la technique comme la finalité. C’est en fait le mouvement, 21 la dynamique qui caractérisent notre pratique, non pas des torsions de poignets ou de coudes que pratique, sans le savoir, n’importe quel gamin qui chahute dans une cour de récréation. Le jeune maître Alain Floquet m’avait dit à mon passage de 2 e dan : « Une technique est bonne si elle est belle et efficace. » Y a-t-il des techniques que vous affectionnez particulièrement ? A.T. : Quelle drôle de question ! Elle ferait référence au Judo où chaque compétiteur a un « spécial » qu’il travaille... Quand je pratiquais le judo, j’affectionnais soto maki komi qui m’a permis de marquer de très beaux ippon en compétition. Cette technique m’apportait une sensation de plénitude corporelle, un véritable plaisir éprouvé dans l’exécution de la projection. En Aïkibudo, il n’y a pas de compétition, donc il n’y a pas lieu d’avoir une « botte secrète » ! La richesse de notre pratique tient, entre autres, à sa diversité et selon les étapes de son évolution, on aborde les techniques différemment : à une époque, j’affectionnais toutes les formes de koshi nage que j’appliquais aussi bien en enchaînement sur shiho nage, tenbin nage, yuki chigae et même kote gaeshi qui me posait problème ; à une autre époque, je pratiquais irimi qui était souvent le thème central de mes cours. La pratique du C’est la fluidité dans le mouvement qui me paraît essentielle. Les pratiquants perçoivent souvent la technique comme la finalité. C’est en fait le mouvement, la dynamique qui caractérisent notre pratique… wa no seishin m’a mis sur la voie du mouvement et du te no michibiki, m’a fait percevoir la sensation du ma aï et l’efficacité de la fluidité. Après, j’ai su faire kote gaeshi ! Aujourd’hui, je redécouvre le plaisir de pratiquer et d’enseigner l’art du sutemi. Edmond Royo, né à Tarbes en 1933, 3 e dan de Kendo (1995), 3 e dan de Katori shinto ryu (2001), 6 e dan d’Aïkibudo (1991). Brevet d’Etat 2 e degré, médaillé d’or de la Jeunesse et des Sports (2001) et médaillé de bronze des médaillés de la Jeunesse et des Sports (2008). Actuellement Délégué Technique Inter Régional Aïkibudo Région Midi-Pyrénées et professeur au club de Tarbes. André Tellier, né à Blangy-sur-Bresle en 1941, 1 er dan de Kendo, 2 e dan de Katori Shinto Ryu (1986) et 6 e dan d’Aïkibudo (1991). Brevet d’Etat 2 e degré. Diplôme de lettre de félicitations de la FFJDA (1971), médaillé de bronze de la Jeunesse et des Sports (1992), tsuba d’or, compagnon de la fondation du CERA (2011). Participe au livre d’Alain Floquet Pensées en mouvement en 2006. Actuellement Conseiller Technique Inter-Régional. u



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