Aïki Mag n°23 déc 11 à mai 2012
Aïki Mag n°23 déc 11 à mai 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de déc 11 à mai 2012

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,4 Mo

  • Dans ce numéro : Noro Masamichi, 50 ans d'enseignement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Depuis plus de 30 ans maintenant, que ce soit en tant qu’enseignant ou pratiquant, quels que soient les dojos et stages que j’ai pu fréquenter, cette quête de l’efficacité en Aïkido revient comme un leitmotiv ! C’est cette expérience que je souhaitais partager à travers la réflexion qui suit. Le thème retenu en dit long sur l’apparente contradiction de ces deux termes. Selon que l’on met l’accent sur telle ou telle technique, que l’on ne retienne que tel ou tel détail, ou, a contrario, que l’on observe l’Aïkido dans sa globalité, le lien entre ces deux mots sera plus ou moins présents, l’un prenant le pas sur l’autre et inversement. Nous touchons là à toute la subtilité de l’Aïkido qui peut parfois nous troubler. La conjonction de coordination « et » a son importance puisqu’elle relie les deux termes. La richesse de l’Aïkido se situe dans ce point de rencontre (saisie ou frappe) autour duquel tout s’organise et se réalise, point de rencontre que l’on retrouve dans la pratique entre uke et tori dont nous pouvons constater la complémentarité et, par là même, de l’envie de construire ensemble. Bien souvent j’entends dire par des personnes qui ne pratiquent pas ou même des personnes pratiquant un autre art martial (ou encore des personnes ayant abandonné l’Aïkido) « l'Aïkido ce n’est pas efficace ! » ou encore « on dirait de la danse ! » et aussi, avec une certaine anxiété dans la voix, « si je suis attaqué dans la rue qu'est-ce que je fais ? » Autre comportement observable : lors de la réalisation d’une technique, le doute s’insinue parfois quant à l'efficacité de l'Aïkido, en particulier pendant des stages où nous rencontrons d’autres personnes, venant d’horizons différents avec qui nous n’avons pas pris d’habitudes. La rencontre nouvelle peut déstabiliser. Il faut donc reconstruire une nouvelle relation, même éphémère RENCONTRE Toutes les générations d’aïkidoka se retrouvent autour de Jean-Jacques Cheymol, à la recherche de l’efficacité sur la voie de l’harmonie. (une journée de stage par exemple). Il me semble que chacun d’entres nous a pu avoir, sans doute à des degrés divers, ce genre de questionnements. Dès lors, pour dépasser ces interrogations, que faut-il faire ? Pour se rassurer, faut-il ne développer son corps que sous l’angle purement musculaire, ce qui reviendrait à assimiler l’Aïkido à une discipline sportive ? Ou bien, pour mieux comprendre l’Aïkido, s’intéresser à son histoire, aux valeurs qu’il véhicule, à son immersion dans notre monde contemporain, à son utilité sociale ? 1- La force musculaire est-elle une condition nécessaire pour être efficace ? 1-1- Pour être efficace, soyez fort ! « Pourquoi je n’arrive pas à passer cette technique, il (elle) est pourtant moins gradée que moi ! » C’est, il faut en convenir, un peu (beaucoup pour certains) vexant ! L’ego est sérieusement touché, l’amour-propre atteint, la remise en question n’est pas loin, l’abandon aussi au prétexte que l’Aïkido, « ça ne marche pas » ! La conclusion commode toute trouvée : ce n’est pas efficace ! Alors, pour garder sa dignité, le pratiquant utilise sa force musculaire pour imposer à uke sa technique (par exemple sur nikyo ura ou shiho nage) ou alors, il prend un air dégagé, voire hautain, avec un sourire forcé mais qui en dit long sur son état d’âme : « mais pourquoi il me bloque ? » Déstabilisé, il compense et mesure son efficacité aux grimaces de douleur de son partenaire ! Schématiquement, on peut dire qu'à l'égard d’un débutant sans hakama, le pratiquant gradé contré (et contrit !, drapé dans son hakama) trouvera, non sans condescendance parfois (c’est détestable), le moyen d’imposer sa technique grâce au petit surplus d’expérience. De la part d’un gradé qui 8 recherche la confrontation physique (ça arrive), le risque pour tori est de vouloir surenchérir, c’est-àdire, développer encore plus de force que l’autre pour pouvoir "passer et imposer". Si je passe en force une technique, j’ai la satisfaction, temporaire, d'« avoir gagné ». C’est ainsi ! Jusqu’au jour où je tomberai sur plus fort que moi et sur lequel je n’arriverai pas « à passer ma technique » et je décrèterai, vexé, que, comme je l’ai entendu, « l’Aïkido, c’est pipeau ! ». Ce sentiment (ce ressentiment aussi) sera d’autant plus grand s’il s’agit de quelqu’un d’apparence plus faible, ou frêle qui contrarie le pratiquant « expérimenté ». A l’évidence, de tels comportements traduisent une méconnaissance des valeurs de l’Aïkido. Ils ne sont pas constructifs car l’efficacité de la technique dépend ici uniquement de la force déployée pour terrasser l’adversaire (et non plus partenaire). 1-2 : Est-ce bien cela que nous recherchons dans l'Aïkido ? 1-2-1 : Le contexte de la pratique. La force des habitudes acquises au fil du temps dans le dojo peut avoir de bons côtés, notamment pour construire les bases techniques dans la durée. efficie Toutefois, elle rencontre vite ses limites lorsqu’on rencontre d’autres pratiquants. Dans un cas, la pratique s’inscrit dans la durée, il est possible de mieux connaître ses partenaires et harmoniser nos pratiques sans nécessairement tomber dans une complaisance excessive. La fréquentation des cours hebdomadaires contribue à cette construction. Dans l’autre cas, c’est-à-dire sur une période très courte (3 à 5h sur une journée), il est plus difficile de tendre à cette harmonisation. Dès lors, à l’inverse de la complaisance trop bienveillante, peut s’exprimer une certaine dureté, un manque de tolérance allant à l’encontre de la définition même de l’aïki (union des énergies) et du do (recherche de la voie).
nce & efficacité de l’aïkido 1-2-2- Une remise en cause salutaire et constructive. Cela doit inciter chacun à se poser des questions sur sa propre pratique. Oser se remettre en question n’est pas toujours chose facile, j’en conviens. Restons humbles pour mieux persévérer dans la recherche de la compréhension de l’Aïkido qui a été qualifié comme un « art martial de la non-violence » dans un article du journal Le Monde. Plus d’une fois, il m’est arrivé de me trouver dans cette situation où je me heurte à un pratiquant sans complaisance mais qui, par sa façon d’être, me montre, consciemment ou inconsciemment, qu’il n’a pas d’intention malveillante à mon égard. Son intention est sincère. A moi à m’adapter, à trouver les moyens physiques et mentaux adéquats, l’attitude juste qui me permettront de réaliser ma technique en déployant le minimum de force et sans porter atteinte à son intégrité physique, de canaliser son énergie. Jean-Jacques Cheymol, 4 e dan DEJEPS, a commencé l’Aïkido en 1979. Il enseigne depuis plus de 10 ans à Montpellier au sein de l’association ESCAL « le Dojo ». Juré aux passages de grades, engagé dans la vie associative, en particulier au sein du Comité Départemental de l’Hérault, il anime tous les ans, au printemps, un séjour d’Aïkido en Auvergne dans un village* dont il est originaire. 9 ligue languedoc-roussillon jean-jacques cheymol 2- Gardons l’esprit ouvert 2-1- Que recherche-t-on dans l'Aïkido ? Sécurité ? Connaissance de soi ? Performance sportive ? Maîtrise ? Élévation spirituelle ? Communication ? Education du corps et de l’esprit ? etc. Je serais tenté de dire qu'il y a presque autant d'objectifs, de motivations, que d'individus, ce qui me fait penser que c'est plus particulièrement à travers le développement de mes connaissances techniques, de mon approfondissement de chaque technique, que je me rapprocherai de ce que je recherche. Tout serait donc contenu dans la pratique ! 2-2- Mais la question de l'efficacité en Aïkido reste posée. Qu’entend-on par efficacité en Aïkido ? Qu'est-ce qu'une technique efficace ? A quoi bon être efficace ? N’est-il pas plus intéressant de rechercher ce qui construit cette efficacité ? Qui donne le plaisir de la pratique ? Dès lors, quelle efficience rechercher ? 2-2-1- Encore une fois, il ne faut pas confondre la fin et les moyens. La fin, contrairement à Machiavel, ne justifie pas les moyens. Si les moyens sont adaptés, la fin viendra d’elle-même et, si elle ne vient



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