Aïki Mag n°23 déc 11 à mai 2012
Aïki Mag n°23 déc 11 à mai 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de déc 11 à mai 2012

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,4 Mo

  • Dans ce numéro : Noro Masamichi, 50 ans d'enseignement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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…de s'intéresser à d'autres visions, à des pratiques et des sensibilités différentes. Vous parait-il nécessaire et souhaitable de pratiquer d'autres formes d'arts martiaux ? Je crois que tout ce qui peut élargir le regard, donner accès à une meilleure compréhension des fondamentaux du combat enrichit notre intelligence des situations que l'Aïkido doit nous permettre de gérer. J'ai longtemps pratiqué l'escrime à un niveau honnête, je l'ai enseigné un peu aux débutants : il y a des fondamentaux identiques à ceux du Kenjutsu malgré la différence des armes. Le tir, que je pratique aussi, permet de mieux saisir l'importance de la concentration, du centrage, du relâchement et des déplacements par exemple. Je pense cependant, qu'en dessous d'un certain niveau de pratique, permettant de relier d'autres pratiques martiales à l'Aïkido, l'intérêt pour la pratique de l'Aïkido est limité. Comme pratiquant, qu'attendezvous de l'Aïkido ? Initialement, je recherchais une self-défense (découverte dans un roman policier) moins fondée sur la force et la violence et moins vulnérante pour l'agresseur. Avec le temps, c'est devenu un moyen de modeler mon comportement pour gérer de façon aussi peu conflictuelle que possible ma relation à l'autre, parfaitement compatible avec ma foi chrétienne. Par ailleurs, en tant qu'ancien militaire un peu historien, je suis parfaitement placé pour comprendre que toute violence superflue, même légale, peut mener à une escalade aux conséquences incalculables à long terme. Vous référez-vous à Morihei Ueshiba pour ce qui concerne le fond de l'art, la recherche de l'harmonie ? Je ne pense pas qu'il soit possible de pratiquer l'Aïkido de façon durable et saine sans se référer et adhérer à la pensée de maître Ueshiba, telle qu'elle est présentée entre autres dans Takemusu Aïki. Seul l'esprit vivifie. Elle doit imprégner la pratique. Quelques citations choisies peuvent aider à faire passer un message, à éclairer l'apprentissage et l'étude, à donner un sens à des efforts parfois arides. Quels points faudrait-il développer au plan national pour faciliter votre tâche de président de ligue ? C'est un vaste sujet et il est bien difficile d'y répondre après seulement trois années en fonction. Il me semble que ce serait d'abord une réflexion générale au sein de notre fédération sur les missions de celle-ci. Quel que soit le résultat de cette réflexion, il devrait déboucher sur un plan d'action national recueillant l'adhésion du plus grand nombre. Il serait alors facile aux présidents de ligue et à leur CODIR de décliner ce plan au niveau ligue, en tenant compte, bien sûr, de leurs particularités. Je trouve qu'en général le dialogue fédération-ligues est trop restreint et que beaucoup de pratiquants de tous niveaux se sentent sevrés d'informations. La mixité dans la pratique de l'Aïkido est-elle un facteur favorable pour un bon développement de votre ligue ? La mixité est une richesse particulière pour la pratique de l'Aïkido en général puisqu'elle offre à chaque pratiquant une infinie variété de partenaires et le contraint à entrer dans une démarche d'adaptation permanente à une approche différente, au cours de laquelle les uns doivent accepter de renoncer à l'usage de leur force et les autres utiliser la leur plus limitée pour en contourner une plus grande. Nous faisons une place très importante aux plus jeunes en soutenant la formation de nos enseignants, ce qui a conduit à l'ouverture de nouvelles sections « jeunes » … 6 RENCONTRE De nombreuses enseignantes animent aussi des sections jeunes avec un enthousiasme et un dévouement remarquables, obtenant d'excellents résultats. Le pourcentage de pratiquantes oscille autour de 26, 27%, ce qui est insuffisant ; nous gagnerions beaucoup à le remonter. Il nous reste à voir quelles mesures nous devons prendre pour y parvenir. Quels sont les aspects fondamentaux qui vous paraissent incontournables à transmettre aux débutants notamment ? D'abord le respect absolu de l'intégrité physique du partenaire. C'est la spécificité de l'Aïkido. Comment puis-je espérer faire facilement la paix avec quelqu'un que j'ai blessé plus ou moins gravement ? Ensuite les convaincre que leurs progrès dépendront essentiellement de leur application et non de leurs qualités physiques naturelles ; qu'il n'y a pas d'autre limite à ces progrès que leur volonté. Enfin que tous les autres pratiquants plus anciens qu'ils rencontrent au dojo ont été des débutants et qu'ils sont prêts à les aider à avancer. Comment la transmission technique est-elle organisée dans votre ligue ? De façon très classique par l'organisation du stage national, des stages validants de ligue et des CODEP, celle de l'École des Cadres. Nous maintenons l'attrait et l'efficacité de cette dernière en en facilitant l'accès. Nous y avons ajouté des stages de préparation aux passages de grades auxquels sont associés les membres des jurys.
Nous avons aussi organisé deux stages de formation « enseignants jeunes » gratuits, d'un format proche de celui du stage national, auxquels ont participé environ 25 enseignants de la ligue et quelques extérieurs. Enfin, nous soutenons financièrement la participation de nos enseignants aux formations BF et surtout BE et « enseignants jeunes » nationales. Nous allons ensuite mettre sur pied un Collège Technique Régional qui, au delà des missions qui pourraient lui être confiées par le CTN, aura pour rôle de rapprocher les enseignants et de mieux les intégrer dans la définition et la conduite de la politique de la ligue. Certains CODEP ont mis sur pied ou envisagent de mettre sur pied une « commission enseignement » agissant en complément et de façon plus ciblée au profit des pratiquants du département. Ces efforts faits sur la formation et le perfectionnement des enseignants, nous sommes passés de 53 enseignants diplômés fin 2008 à 74 fin 2011, se sont traduits cette année par une hausse de 12% du nombre des pratiquants, suite notamment à la création de nouveaux clubs. Nous avons rencontré une grande disponibilité des enseignants de tous niveaux qui ont soutenu notre action avec enthousiasme et nous les en remercions. Nous disposons d'un groupe dynamique, dominé par la figure de Mariano Aristin, appuyé par Alain Tendron, formé de 4 e dan BE1 engagés, dont Jean-Jacques Cheymol, Gilles Dupèbe, Michaela Fernandez, Serge Grissi, Georges Parmentier, Dominique Peinturier et Marc Senzier, qui est toujours prêt à animer des activités de formation. Deux anciens présidents de ligue, Michel Coulon et Sylva Tscharner s'y associent en fonction de leur disponibilité. Nous souhaitons, par ailleurs, que la fédération déconcentre un certain nombre de formations pour en faciliter l'accès et en élargir l'audience afin de former et perfectionner ainsi un plus grand nombre d'enseignants. Nous nous sommes portés volontaires pour accueillir régulièrement l'une ou l'autre de ces formations. Cela donnerait un élan nouveau et tous les pratiquants devraient y trouver leur compte. De plus, notre DTR Marc Bachraty, 5 e dan, vient diriger des stages toujours très suivis. La pratique avec armes vous semble t-elle une démarche pédagogique d'un intérêt majeur ? La pratique avec armes me semble importante pour plusieurs raisons : elle exige un surcroît de vigilance et de contrôle de soi et induit une tension, propre à tout conflit, qu'il faut s'efforcer de dominer. Elle favorise une meilleure compréhension des fondamentaux de l'Aïkido, centrages, gestion de la distance et déplacements/placements, et de sa cohérence profonde. Elle donne aussi à la discipline une crédibilité martiale plus visible. 7 ligue languedoc-roussillon marc allorant Avec armes ou à mains nues, avec un débutant comme avec un partrenaire confirmé, la maîtrise de soi est au cœur de la pratique. Quelle place fait votre ligue à l'enseignement aux plus jeunes ? Nous faisons une place très importante aux plus jeunes en soutenant la formation de nos enseignants, ce qui a conduit à l'ouverture de nouvelles sections « jeunes » ; lors de la saison qui vient de s'écouler nous avons eu 533 moins de 14 ans sur 1465 licenciés (458 en 2009/2010) soit + 14%. Nous soutenons aussi l'organisation de stages jeunes par les CODEP. Certes, il y a un fort taux de renouvellement, dû en partie à la tendance actuelle de la société à pratiquer le zapping, mais nous considérons que l'Aïkido est une école unique de la relation saine avec l'autre, très importante pour les enfants d'aujourd'hui pour lesquels la violence est devenu une banalité. Ce que nous avons semé portera ses fruits dans leur vie et nous donnera les hauts gradés du futur. Où se trouve d'après vous, la véritable efficacité de l'Aïkido, dans sa martialité ou ailleurs ? A court terme, avec une pratique régulière, l'Aïkido confère une efficacité martiale indéniable. Mais son objet véritable est la résolution pacifique des conflits pour le plus grand bien des protagonistes : si les gouvernants européens avaient eu la sagesse de se rencontrer pour régler l'affaire de Sarajevo en juillet 1914, ils nous auraient peut-être épargné le suicide collectif des deux Guerres Mondiales. L'efficacité de l'Aïkido c'est d'allier sa force à celle d'un adversaire potentiel pour parvenir à une action commune bénéfique aux deux parties. Le kimochi* trouve en grande partie sa source dans la satisfaction de se rapprocher de cet objectif. ◆ Propos recueillis par Albert Wrac’h Photos : Y. Ben Barek, T. Vion, G. Cholet *Kimochi : en japonais, agréable, d'où sensation de bien-être et de plénitude dans la pratique et le lieu de pratique.



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