Aïki Mag n°23 déc 11 à mai 2012
Aïki Mag n°23 déc 11 à mai 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de déc 11 à mai 2012

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,4 Mo

  • Dans ce numéro : Noro Masamichi, 50 ans d'enseignement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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qui compte. Cela se voit, même pour un observateur non pratiquant. Même si le mouvement est fait simplement au boken, on distingue facilement le bon mouvement, celui qui coupe. Il est simple et pur. L’erreur fréquente, notamment chez les débutants, est de mettre de la force et d’utiliser les épaules, les bras pour « frapper fort » ; la vrai coupe vient du hara, du ventre et non des biceps. Cela est plus difficile à sentir. Ensuite le plein contrôle de soi (vous vous rappelez, le Iaï sert à réaliser l’unité de l’être !). Concentration, attention, regard ferme, posture parfaite. D’ailleurs, pour y parvenir, on utilise un cérémonial de salut, assez lent mais très précis qui va permettre d’atteindre cet état, avant de faire jaillir le sabre. De même après l’exécution des kata, qui a permis une explosion d’énergie, le retour au calme se fait par le même cérémonial mais déroulé à l’envers. La quintessence du Iaï, c’est le premier 11 12 13 15 16 17 21 22 23 27 28 29 mouvement. Normalement, il est décisif. Il s’agit de trancher tout en dégainant, sans temps d’arrêt entre les deux. Le mouvement de frappe doit être ample et ferme, le regard (metsuke) fixé sur la position de l’adversaire, même s’il est imaginaire. Dans presque tous les kata, on va passer par une phase appelée furikabute, qui signifie brandir le sabre au dessus du casque et qui permet de prendre une forte énergie en inspirant, avant d’abattre le sabre verticalement sur l’adversaire avec un kiaï libératoire. Le combat est fini ! Lentement le sabre est remonté dans une posture de zanshin (esprit attentif, vigilance), en seigan (garde fondamentale), avant d’exécuter un mouvement destiné à nettoyer son sabre. Il y a de nombreuses façons de faire ce geste selon les écoles. En Katori, le mouvement chiburi, s’effectue en faisant faire un tour très rapide au sabre sur lui-même puis en frappant sèchement du poing droit sur le haut du sabre. Dans d’autres écoles, on fait un grand mouvement de coupe oblique à vide, en l’arrêtant net. Ces actions sont destinées à faire tomber les derniers reliquats du combat sanglant. Dans la réalité, cela n’aurait probablement pas suffi. Or, jamais un samouraï n’aurait rengainé un sabre souillé de sang ; il lui fallait d’abord le nettoyer. On pouvait La quintessence du Iaï, c’est le premier mouvement. Normalement, il est décisif. Il s’agit de trancher tout en dégainant, sans temps d’arrêt entre les deux… 20
14 faire cela avec les vêtements de la victime, mais si on la respectait (cela arrive !), on utilisait plutôt un chiffon personnel. Ce geste se retrouve d’ailleurs dans le premier kata du Iaï Yoseikan ; il s’appelle chifuki. De même pour faire le noto (action de ranger le sabre dans son fourreau), il existe de nombreuses méthodes. Maître Sugino retournait son sabre et venait appuyer le dos du sabre sur son épaule gauche, avant de dégager un peu le fourreau de la ceinture. En revanche, maître Mochizuki préparait le fourreau d’abord et, d’un geste vif, retournait le sabre, appliquait directement le dos du sabre contre le koïguchi (nom 11- Démarrage du kata, les deux pratiquants se font face ; celui en bleu fait le kata, celui en noir et blanc tient le rôle de l’attaquant. 12,13,14- L’attaquant porte la main à son sabre et commence à le sortir pour frapper de haut en bas. Riposte immédiate de l’attaqué au niveau de la jambe avant, interruption de l’attaque initiale par l’agresseur qui est obligé d’esquiver par un grand mouvement de rotation pour sauver sa jambe. 18 19 20 24 25 26 Autre séquence dans le kata : 15 à 22, une attaque sur la tête (menuchi) vient d’être délivrée par les pratiquants de face, mais dans le kata à deux, on voit qu’elle a été parée et contrôlée par celui qui est de dos. Ce dernier a contré immédiatement en une attaque sur la tête, à laquelle il est fait face en bloquant le sabre par une position appelée torii (qui fait référence au portique à l’entrée des temples shinto). L’attaquant cherche alors à enfoncer la défense en poussant sur l’avant. Là, on voit bien la différence entre les deux versions. La version seule, montre une position épurée, le sabre étant en oblique, pointe vers le haut, alors que dans le kumitachi, le partenaire a pivoté sur la poussée, laissant passer le coup dans le vide et en profitant du mouvement de rotation pour porter un coup avec le talon du manche (tsuka) à la tempe de l’adversaire. Dans les deux versions on brandit le sabre au dessus de la tête (furikabute). Dans la version seule, la coupe est conduite verticalement presque jusqu’au sol, alors que la version à deux, achève la coupe sur le cou de l’attaquant. Final : L’agresseur place son sabre sous le niveau de celui qui se défendait 23 à 29- Action de chifuki (essuyer le sang) en forme Yoseikan et simple chiburi lorsqu’on est seul. Note : l’action de rengainer est légèrement différente entre les deux formes ; la forme classique passe par un posé du dos du sabre sur l’épaule alors qu’en style Yoseikan, on le rengaine immédiatement. donné à l’ouverture du fourreau et signifiant la « bouche de carpe »), puis le faisait glisser rapidement sur toute sa longueur avant de le rentrer lentement. Pour le pratiquant aguerri, il faut dépasser la vision extérieure du Iaï pour se concentrer sur l’important, sur l’Etre. L’esprit estil vide d’intention au départ ou est-il concentré sur tous les paramètres de l’exercice ? Le mouvement du sabre est-il fluide, lumineux ou saccadé, heurté ? Une fois dépassé le stade de l’apprentissage du mouvement juste, chacun va interpréter le kata avec sa personnalité, son propre rythme, son souffle intérieur. Le but ultime disait maître Sugino père, c’est de parvenir 21 AÏKIBUDO à l’état de minen mushin (esprit parfaitement clair, absence de pensée), mais que le chemin est long pour y parvenir ! ◆ Christian Brun, 5 e dan Katori shinto ryu, 5 e dan Aïkibudo Pour la partie à deux : attaquant Marc Bensimhon 5 e dan Aïkibudo. *Programme complet de l'école (12 pratiques) et tous renseignements sur l’Aïkibudo et le Katori sur le site internet www.aikibudo.com. Erratum : dans l’article Aïkibudo d’Aïkido magazine de juin 2011, il s’agissait du jubilé pour les 50 ans de ceinture noire d’Alain Floquet.



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