Aïki Mag n°23 déc 11 à mai 2012
Aïki Mag n°23 déc 11 à mai 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de déc 11 à mai 2012

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,4 Mo

  • Dans ce numéro : Noro Masamichi, 50 ans d'enseignement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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l’artisan du mouvement Noro Masamichi sensei est en France depuis maintenant 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire je ne sais s’il est nécessaire d’énumérer des dates, mais plutôt de se référer à l’enseignement reçu de maître Noro, tout au long de ces cinquante années. Pour ce temps partagé, de nombreux pratiquants lui ont rendu hommage le 26 novembre 2011. Chacun, ayant suivi son enseignement, pourrait en témoigner. Lorsque j’entre pour la première fois dans le dojo de « l’Institut Noro » en février 1978, le silence, l’assise en seiza les uns à côté des autres dans nos tenues blanches, les yeux mi- clos, sont une invitation à descendre en soi-même, à quitter le monde extérieur et son agitation, à se préparer à une autre qualité de mouvement : rituels qui au fil des années préparent notre « corps – cœur– esprit » à entrer dans un mouvement « non ordinaire ». Aujourd’hui, lorsque maître Noro entre dans le dojo, ces premiers temps d’apprentissage sont encore très vivants. C’est vers ce temps de découverte, d’ouverture, cet « esprit du débutant » que je me retourne, garant d’une fraîcheur, fil conducteur pour la répétition, l’affinement des techniques. Pour moi, aujourd’hui, rendre hommage à maître Noro, c’est marquer ma reconnaissance envers le Kinomichi, cet art de vie qu’il transmet à ses élèves par le mouvement. Oui, il s’agit de techniques codifiées, oui il s’agit d’aller vers la libération de l’énergie (le ki), de se remettre chaque jour en chemin (michi) avec une exigence, une attention soutenue. Mais ceci n’est que le terreau pour une recherche plus approfondie vers une meilleure connaissance de soi, dans l’attitude de recherche du mouvement juste avec le KINOMICHI …1961, chargé d’une lourde responsabilité, il débarqua à Marseille, reçu par Jean Zin, grande figure martiale de ce temps. Très vite il enseigna, à Cannes chez Pierre Chassang, puis à Nîmes. Il ouvrit par la suite plus de 200 dojos en France et en Europe. Le 22 septembre 1961, Noro sensei donna son premier cours à Nîmes au Judo-club du Gard créé en 1946 par Charles Toni, judoka très connu à l’époque ; nommé 2 e dan, Charles Noro Masamichi sensei avec son disciple Hubert Thomas. Toni eut le privilège rare de recevoir son diplôme signé par O sensei Ueshiba Moriheï. Dans ce dojo qui accueillait régulièrement maître Abe Tadashi jusqu’en 1960, il mit en place l’enseignement en Aïkido. Dès le mois d’octobre 1961, maître Noro devint le directeur technique du dojo de Nîmes. C’est à cette époque-là qu’il est également nommé directeur technique en Aïkido au Budo Collège de Julien Naessens à Bruxelles. 16 Françoise Paumard, le partage dans l’harmonie. partenaire. Sur le tatami chacun devient tel un alchimiste, s’appuyant sur certains principes (souffle, énergie entre terre et ciel, dynamisme du feu, spirale) et expérimente la transformation de son être. C’est une sensation d’ouverture, de paix, de joie qui en découle, et crée un lien de cœur entre tous les partenaires. Je vois maître Noro comme un artisan du mouvement qui creuse dans la profondeur de l’humain pour en extraire la beauté. « Et si la beauté pouvait sauver le monde ? » (F. Dostoïevsky) ◆ Françoise Paumard En 1962 le futur fondateur du Kinomichi proposa de créer une section féminine qui fut mise en place par Charles Toni. Elle se fit remarquer par les qualités techniques de Jacqueline Villaret. C’est dans ce contexte que la sœur de Noro sensei, Taeiko, rendant visite à son frère, se présenta un jour à Nîmes en grande tenue japonaise, kimono et obi d’une grande beauté. C’était toute l’esthétique et la culture du Japon que nous pouvions admirer. Ceci n’est pas sans rappeler la préoccupation constante de Noro Masamichi sensei dans sa quête d’un équilibre homme/femme dans la pratique du Kinomichi. Très vite, Noro Masamichi sensei fut considéré comme un excellent pédagogue, souriant et très aimé de ses élèves qui apprécient son humour positif, une de ses principales caractéristiques. Il avait déjà, bien que très jeune, par ses qualités de cœur, son charisme, la capacité d’être un rassembleur. Aussi, le 5 mars 1962 un stage fut organisé au dojo de la rue de Beaucaire à Nîmes en présence des plus grands experts d’Aïkido de France. Puis avant l’été 1962, il se rendit, en tant que délégué pour l’Europe et l’Afrique, en Angleterre et en Allemagne dans le but d’unifier l’Aïkido.
Noro Masamichi sensei a toujours eu un esprit d’ouverture. Ainsi, son ami le champion de Judo, Fukami, de l’université Meiji, fut convié à effectuer des démonstrations à Nîmes. En juin 1962, un grand gala fut conjointement organisé par le Judo-club du Gard avec les maîtres Noro et Fukami. Les sections masculines et féminines y firent des démonstrations. 1966, le bouleversement Noro Masamichi sensei s’imposa rapidement par ses qualités techniques et son énergie, comme une référence pour les aïkidoka et les judoka. Le développement de l‘Aïkido se fit ainsi d’année en année, en 1963-1964, en rayonnant à partir du Judo-club du Gard vers Montpellier et Avignon puis dans toute la France. Mes professeurs Jacqueline et Pierre Villaret, formés par Noro sensei, reçurent le 2 e dan, Charles Toni obtint le 3 e dan (grades élevés pour l’époque). En 1965, les trois maîtres, Noro, Nakazano et Tamura se succédèrent en permanence pour donner les cours. En 1966, Noro Masamichi sensei dispensait encore son enseignement dans ces lieux quand, le 4 mai, sa vie fut bouleversée par l’accident qui se produisit en Belgique, à Mons, au retour d’un stage à San Remo via Bruxelles. Gravement blessé, c’est grâce, d’une part, à l’aide indispensable de son ami Asaï Katsuaki sensei, d’autre part, à une énorme force mentale qu’il retrouva peu à peu son autonomie corporelle. Durant ces cinquante années, Noro Masamichi sensei, spontané tout en respectant une direction, a toujours su insuffler la motivation pour une pratique assidue. Sa recherche, constante et l’évolution permanente qu’il induit peuvent parfois créer de l’incompréhension. C’est ainsi qu’en 1977, passant à coté de moi à l’extérieur du tatami, il s’arrêta, se mit face à moi et sur un ton convaincant me dit : « N’arrêtez jamais l’Aïkido » puis s’éloigna. J’avais alors 21 ans. Cependant en 1979, deux ans à peine après cette incitation à continuer l’Aïkido, il lança le processus de création de ce qui aller devenir sa propre voie, le Kinomichi. Je compris, bien des années plus tard, qu’il suffit d’avoir confiance et de pratiquer pour, un jour, comprendre et ressentir le sens de certaines formules de Noro sensei. La voie du Kinomichi et de l’Aïkido est à la fois une mais différente. Le chemin de vie de Noro sensei n’a qu’un seul but : atteindre le niveau de son maître Ueshiba Moriheï, faire évoluer l’art qu’il avait reçu et qu’il devait transmettre. A partir de la fin des années 90, un certain dynamisme apparut de façon croissante dans la pratique du Kinomichi. Noro Masamichi sensei maintenait, par ailleurs, des contacts fréquents avec Ueshiba Kishomaru, le deuxième doshu de l’Aïkido. Être sensitif et de cœur, Noro Masamichi sensei privilégie l’accueil, le contact et n’a jamais hésité pas à offrir l’hospitalité. Il est toujours en recherche et en évolution. En arrivant un samedi matin, en 2001, au dojo à Salins, où ont lieu traditionnellement nos grands stages d’été, je découvris qu’il avait pris la décision de créer une structure d’instructeurs et d’enseignants : la Kinomichi International Instructors Association (KIIA). Je fus élu le soir même président de la KIIA après avoir été sollicité le matin, puis, la même année le Kinomichi est devenu discipline affinitaire de la FFAAA. Il introduit dans les années 2000 les notions de Kishindo réservées aux initiations élevées pour traduire son évolution personnelle et celle du Kinomichi. Noro Masamichi sensei a toujours marqué ses élèves profondément et pour longtemps, souvent comme une empreinte indélébile, par son charisme sa droiture et son sens du respect. Récemment, alors qu’il était venu me rendre visite dans le sud de la France, nous sommes allés, à l’improviste, chez un élève des années soixante qu’il avait gradé 2 e dan. Agé de 80 ans, ils ne s’étaient pas revus depuis près de quarante ans. Après un court instant de grande émotion réciproque, cet élève disparut et revint, habillé en costume et cravate, tenue de rigueur pour certains de ses élèves à l’époque… Ainsi, il a imprégné, par périodes successives, des générations entières de pratiquants. Une même origine Aujourd’hui, à ses côtés, nous fêtons ses 50 années de présence en France et en Europe. Les élèves qui le suivent, pour certains depuis son arrivée en 1961, se sont retrouvés pour ce moment de partage, de joie, au Korindo, son dojo parisien. Noro Masamichi sensei exprime, à chaque occasion, un grand bonheur de les voir rassemblés autour de lui. Aujourd’hui, le collectif des instructeurs enseignants au sein de la KIIA et, plus largement les pratiquants hakama, portent son art, sous son regard toujours vif et bienveillant. Les expressions de chacun sont différentes mais elles ont une même origine, une même base technique et philosophique, comme il aime à le dire : l’Aïkido qu’il a reçu de son maître O sensei Ueshiba Moriheï. ◆ Hubert Thomas Photos : Michel Perrain, Jean Paoli. 17 Stage régional Ile-de-France et remise de diplôme 7 e dan INFOS Le 9 octobre dernier a eu lieu le 1 er stage régional de la saison 2011/2012. Comme tous les premiers stages, beaucoup de stagiaires, plus de 200, foulèrent le tatami du gymnase de l’annexe Carpentier à Paris. Ce stage était animé par Bernard Palmier le DTR de la région Ile-de-France. A ce stage, il y eut également un évènement de taille, la remise du diplôme de 7 e dan au président de la Région Ile-de- France, Michel Hamon par notre président fédéral Maxime Delhomme. Un grand moment pour Michel qui était ému comme pour son 1 er dan, il y a 44 ans. « Jamais je n’aurais pensé recevoir un jour cette haute distinction, qui m’honore, venant de mes paires », déclara Michel en remerciant le président Maxime Delhomme et Bernard Palmier qui avait organisé cette cérémonie, avec d’autres responsables présents à cet évènement. Michel Hamon dédia ce haut grade à tous les stagiaires présents. Après ses remerciements, Michel annonça que ce grade était le couronnement d’un long parcours de près de 50 années, l’aboutissement d’une longue carrière au service de l’Aïkido et des fédérations qu’il a servies avec une passion qui n’a jamais failli. Très ému durant son discours, la larme à l’œil, il salua toute l’assemblée présente sous des applaudissements chaleureux. Michel Hamon dédia également ce 7 e dan à son professeur Guy Lorenzi, « grâce à qui je suis devenu ce que je suis aujourd’hui », nous confia-t-il. ◆ Bernard Palmier et Maxime Delhomme, avec Michel Hamon, nouveau promu 7 e dan (au centre).



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