Aïki Mag n°22 jun à nov 2011
Aïki Mag n°22 jun à nov 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de jun à nov 2011

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre... Hubert Thomas, président de la Kiia

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ENTRETIENBruno Gonzalez la force de l’intention Quand vous entendez le mot Aïkido, que vous vient-il instantanément à l'esprit ? Le mot art : liberté à l'intérieur d'une structure. L'aïkidoka, tel l'artiste, est un artisan en recherche, cheminant, qui tente sans cesse de conscientiser sa pratique pour une meilleure compréhension des principes qui la régissent et, cela, pour se rapprocher d'un idéal de communication : l'attitude juste au moment juste. Vous référez-vous à des senseï en particulier ? Christian Tissier pour l'idée évoquée précédement. Bertold Brecht disait : « Qui n'est pas disposé à étudier ne devrait pas enseigner, qui enseigne doit enseigner l'étude ». Autrement dit, c'est ce que nous cherchons que nous enseignons le mieux : Christian Tissier est un chercheur. Il est convenu que le dojo est le Expert très suivi pour la qualité des stages qu’il dirige, Bruno Gonzalez, 5 e dan, membre du Collège Technique de la FFAAA, évoque pour nous le fond de son enseignement, tel qu’il l’a reçu de son senseï Christian Tissier. 6 lieu privilégié de l'Aïkido, que doit y apporter le pratiquant ? Tout dépend de la démarche de chacun bien évidemment. Pour ce qui concerne la vision que j'ai de la formation, il m'apparaît clairement que le dojo est un lieu d'exigences. Ainsi engagement, persévérance me semblent être les premières qualités que le pratiquant doit apporter. La qualité d'écoute, la confiance en son professeur (que l'on a choisi comme guide) sont primordiales car il peut arriver que l'on ne comprenne pas l'enseignement, d'ailleurs, le comprend t-on réellement tant que l'on n’en a pas fait une expérience sensible, un savoir-faire ? Enfin l'élève a une responsabilité immense dans son parcours à long terme, il s'y doit d'y rester actif c'està-dire : faire en sorte, à travers ses expérimentations, ses questionnements, de redécouvrir l'enseignement qu'il a suivi : à son tour devenir chercheur. Autrement dit, réfléchir sa pratique pour s'approprier cet enseignement. A énoncer c'est d'une évidence
confondante, à mettre en pratique ça l'est beaucoup moins. Il peut arriver parfois que l'on ait la sensation de découvrir (mettre en lumière) une technique, un principe... pour la première fois, bien que son professeur l'ait déjà démontré et ce, depuis dix ans. Un célèbre acteur du Kabuki disait : « Je peux vous enseigner le code gestuel signifiant « regarder la lune », je peux vous enseigner ce mouvement jusqu'au bout de votre doigt pointé vers le ciel.mais du bout du doigt à la lune, c'est votre responsabilité ». Quelles références au fondateur de l’Aïkido, Morihei Ueshiba, doit-on maintenir ? « Une écoute de la tradition qui ne soit pas à la remorque du passé mais qui médite le présent ». Heidegger. La notion de respect est très forte en Aïkido, comment faut-il la comprendre ? Comment se traduit-elle dans la pratique ? Le respect est une attitude d'ouverture, une qualité d'écoute, souvent d'ailleurs entravée par nos propres craintes, nos propres certitudes. L'enjeu de notre travail est de supprimer ces craintes... de gagner en liberté. Concrètement, c'est tenter, à travers la pratique, de communiquer afin de s'éduquer mutuellement. En ce sens, la pratique devrait nous rendre de plus en plus respectueux. Pourquoi cette absence de compétition revendiquée en Aïkido ? Par compétition on entend généralement dualité, résultat avec son lot d'effets vicieux mais n'oublions pas ses effets vertueux. Tout d'abord dans une pratique intensive existent des phases d'apprentissage au cours desquelles on a besoin de développer son corps, sa détermination, sa confiance... tant pour uke que pour tori (notre future potentialité martiale, la crédibilité, l'expérience...) Nous savons tous que des rapports de dualité existent entre pratiquants dans ces périodes. On essaye en effet, plus ou moins, d'imposer sa pratique avec l'idée, donc, d'un certain résultat. Ils sont inévitables car notre étude s'appuie sur des situations de conflits. A un certain niveau, normalement, on en voit assez vite les limites tant sur le plan physique que sur le plan même de la mise en perspective de la pratique (celle-ci étant régie entre autres par ce principe anthropologique : le principe d'économie, de simplification qui tend l'homme à optimiser ses actions avec un minimum d'effort). Nous avons aussi des passages de grades La réussite de la technique passe par l’élimination du superflu, de l’inutile. 7 qui sanctionnent un parcours avec à la clé un résultat : l'obtention ou non du grade. C'est une échéance qui motive une préparation, souvent féconde, car elle sort l'élève de son attitude à tendance mimétique, trop souvent de mise lors du suivi d'un cours. C'est d'ailleurs là, à mon sens, son intérêt premier. (Les passages de grades répondant aussi, bien évidemment, à une nécessité organisationnelle d'un système fédéral...) En résumé, les notions de dualité, de résultat existent dans la pratique. Le tout est d'en avoir une réelle conscience, de savoir quoi en faire pour en éviter les effets pervers (problématique d'ego...) qui dénatureraient notre démarche. Il me semble, par exemple, que la pratique de l'Aïkido est, avant tout, un processus où la notion de résultat est à la fois subjective et relative. L'important c'est le processus, le cheminement et la responsabilité que nous avons d'y rester actif (grade ou pas grade). Je ne vois pas à l'heure actuelle quelle modalité de compétition en Aïkido pourrait, outre la réalité de la pratique que nous connaissons déjà, servir nos ambitions. Néanmoins, s'initier à une pratique compétitive (boxe, etc.) peut participer à enrichir notre parcours d'aïkidoka, tout dépend ce que nous en faisons. De quelles manières le combat au sabre est-il présent dans votre pratique de l'Aïkido ? La pratique du sabre, c'est l'esprit de décision, la détermination, le contrôle : l'intention, l'action à l'état pur. Etudier le ken c'est développer en autre ces qualités. C'est, à mon sens, ce qui donne à la pratique de l'Aïkido une grande partie de sa potentialité martiale et de communication (la sanction potentielle et par la même la clémence : le contrôle). Soit on en finit avec l'action, soit cette crédibilité devient un facteur de communication, en ce sens où elle



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