Aïki Mag n°22 jun à nov 2011
Aïki Mag n°22 jun à nov 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de jun à nov 2011

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre... Hubert Thomas, président de la Kiia

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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AI¨KIBUDO Myrtille, 19 ans, fraîchement promue 1 er dan Pour moi, les stages sont indispensables pour évoluer dans sa pratique. Déjà, on voit les techniques exécutées par son fondateur ou ceux qui ont contribué à construire l'Aïkibudo, c'est « l'essence » de l'art en quelque sorte. Et puis (surtout) on se confronte à d'autres pratiquants et donc d'autres physionomies, d'autres manières de pratiquer qui, Nadine et Myrtille. si elles nous déstabilisent parfois, ne peuvent qu'être enrichissantes. C'est donc un vrai retour sur soi car on est poussé à chercher, à sentir différemment la technique pour se défaire des habitudes qu'on finit par prendre avec les élèves du club où l'on pratique. Bien sûr, la durée des stages est aussi un avantage sur les cours, on peut s'attarder plus longuement sur une technique et en voir des nouvelles. Maintenant que je suis 1 er dan, je pense que les stages vont m'apparaitre encore plus comme des mines d'or ! Enfin, au delà de l'aspect technique, les stages sont le moyen de tisser des liens, de passer de bons moments (c'est vrai ! On mange au resto, on boit un coup ensemble et on rigole bien !) et, pour les grand(e)s timides comme moi, ça permet de surmonter cette timidité justement, mais ça c'est valable pour l'Aïkibudo en général. À Temple-sur- Lot avec Hatakayama senseï, à l’ASPP avec Sugino senseï ou avec maître Floquet, les stages sont toujours riches d’enseignements. 22 À quoi bon prendre son baluchon pour faire 200, 300 kilomètres (parfois plus) pour aller suer pendant quelques heures ? Des moments intensifs qui permettent vraiment de progresser Ça semble être une évidence : si on veut vraiment progresser dans la pratique, les stages sont l’occasion d’une formation accélérée. D’abord on y côtoie des techniciens de haut niveau mais aussi des enseignants qui ont leur personnalité, une façon parfois un peu différente de présenter les choses, de les expliquer. Ensuite, on y apprend des choses nouvelles, on y travaille ce qu’on n’a pas toujours l’occasion de travailler en club (des kata, des techniques différentes), mais aussi les bases. On s’attend à étudier des techniques rarissimes, de haut vol, LE « secret » que les autres n’ont pas et surprise !... te hodoki, éducatifs, wa no seishin. Le responsable du stage va nous titiller là où ça fait vraiment mal : déséquilibre, mauvais placement, mouvement incohérent, on découvre que l’éducatif qu’on pensait si bien posséder est bien plus complexe que ce que l’on croyait. Finalement, on prend le temps, trois heures, un week-end, parfois plus, pour travailler les choses en profondeur. C’est ce temps qui nous permet d’avoir une formation « accélérée » lors des stages car ces nouvelles sensations, on va pouvoir les mettre en œuvre, les généraliser, dans les cours de notre club. Faire un stage, c’est aussi se mettre en danger A l’issue du stage, il reste donc tout à faire : reprendre et appliquer ce qu’on a appris, comme si, à chaque stage, on franchissait une nouvelle étape dans notre évolution et dans notre pratique. Enfin, pour apprendre, progresser, il faut se mettre en danger. Pour cela, il faut se confronter à de nouvelles personnes et de nouveaux contextes. Au sein du club, parfois, notre pratique prend un caractère routinier. Les
Nadine, 2 e kyu, pratiquante depuis quatre ans Mon premier stage, c’était à Lausanne, avec maître Floquet. J’avais une grande appréhension : j'allais rencontrer le « grand maître » ! À quelle sauce allais-je être mangée ? D’autant que mes chutes n'étaient pas mirobolantes et que l'on m'avait dit qu’il fallait que je me relève vite pour ne pas prendre quelqu’un sur la tête ! Lors du voyage, mes compagnons s’inquiétaient de mon mutisme, moi qui suis d’habitude si volubile et bavarde ! J'avais tout simplement la TROUILLE ! Le cours a défilé à une allure incroyable ! J'ai très vite mis mes appréhensions dans un placard pour me concentrer sur les démonstrations de maître Floquet et, même si je ne comprenais pas tous les termes japonais qu’il employait, son corps et sa mise en mouvement me donnaient les explications nécessaires. Ce stage fut une première inoubliable pour moi. D'abord, on reste entre nous, frères et sœurs de dojo, puis on est sollicité par d'autres kyu plus expérimentés et de suite, on comprend mieux le besoin de travailler avec d'autres partenaires. J'ai surtout le souvenir d'un partenaire un peu costaud et le gotaï qui ne venait pas ! Enfin, le retour au dojo et… la frustration ! J'avais l'impression d'avoir beaucoup appris et j'étais gonflée à bloc, avec l'envie de vite remonter sur le tatami. Mais une fois sur le tapis, j'ai connu une sévère déception parce que je ne me souvenais que de quelques mouvements et l'exécution des techniques était très aléatoire alors que, lors du stage, je pensais les avoir presque maîtrisées. Avec du recul, je suis persuadée que cette frustration est nécessaire et qu'elle m'a beaucoup apportée. Depuis cette première expérience marquante, je suis retournée en stage avec une grande envie de revivre les sensations de Lausanne (l’appréhension et le mutisme en moins !). Progressivement, je me sens plus à l’aise avec les saisies, les déplacements et certaines techniques, et surtout avec la connaissance de leurs noms ! Je sens parfois l'appréhension des débutants qui assistent à leur premier stage et leur désir de rester entre eux et, à présent, c’est moi qui les invite à pratiquer ! Je m’efforce de travailler avec le plus de personnes possible. On rencontre parfois des gens qui surmontent des difficultés incroyables (je pense par exemple à Patricia, une pratiquante non-voyante qui m'a donnée une grande leçon d'humilité). Puis ça fait du bien d'entendre de la part du maître ou du responsable de stage « c'est pas mal ça ! », « c'est bien ! » … ou encore de les voir martyriser, dans la bonne humeur, ceux qui portent le hakama et nous semblent si forts ! On ressort vraiment boostés de ces stages avec une envie d'aller plus loin ! Pour moi, ces stages me permettent de reconstituer un puzzle. Mon professeur joue un rôle essentiel. Il m’accompagne, m’aide à construire ma progression, à affiner mes sensations. En complément, à chaque stage, quelques pièces se rajoutent et il est là pour m’aider à les mettre à la bonne place. Cet été, c’est décidé, je vais mettre en place une très grosse pièce de mon puzzle en allant en stage à Temple-sur-Lot ! Beaucoup de monde sur le tatami pour un stage international, en Egypte, sous la direction de maître Floquet. 23 pratiquants se connaissent, ont leurs habitudes et parfois même, une certaine forme de complaisance les uns vis-à-vis des autres. Les stages n’ont aucun caractère compétitif mais la confrontation à des personnes nouvelles nous oblige à affiner notre technique : le kote gaeshi, que l’on passait sans problème sur son partenaire favori trois jours auparavant dans son club, ne passe plus face à un pratiquant qui vient de l’autre bout de la France. Mais lui non plus n’y arrive pas ! Il faut donc chercher, trouver la solution, comprendre pourquoi. Plus qu’une confrontation, il s’agit en fait d’un partage qui va permettre à l’un et à l’autre de progresser. Pas de bon stage sans… Sans un moment convivial ! Car un stage, c’est aussi – et peut-être d’abord ? – un moment de rencontre, de partage avec son professeur (ou ses élèves), une occasion de côtoyer de nouvelles personnes. Quel plaisir que d’aller en « convoi » à Paris (pour certains jeunes, c’est leur première occasion d’aller dans la capitale), à l’étranger ou en stage d’été. Les stages sont le ciment de liens qui deviennent indélébiles. Après l’effort, le réconfort : un buffet canadien, un repas au restaurant, un apéro (avec une consommation modérée), une soirée dansante, peu importe ! On parle de son club, de sa pratique, de ses expériences… On se rend compte qu’on est souvent confrontés aux mêmes problèmes. Tout y passe : la technique, le nombre d’adhérents, la pub que l’on a faite, la dernière démonstration du club jusqu’au moment où… on échange ses coordonnées pour se donner rendez-vous au prochain stage ! ● Christophe Gobbé, 4 e dan, BEES 2 e degré, DTR Rhône-Alpes Les prochains stages dirigés par maître Floquet : - du 18 au 22 juillet et du 25 au 29 juillet à Temple-sur-Lot, - du 1 er au 5 août à Lagord. Pour tous renseignements : www.aikibudo.com



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