Aïki Mag n°22 jun à nov 2011
Aïki Mag n°22 jun à nov 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de jun à nov 2011

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre... Hubert Thomas, président de la Kiia

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
AI¨KIBUDO Dès le début de la saison, vos professeurs vous parlent de stages, vous invitant à y participer. Alors, pourquoi y aller ? Qu’est-ce qu’on y apprend ? Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Les stages, à quoi bon y aller ? Il suffit de demander à quelqu’un de vous raconter un stage qui l’a marqué pour qu’une lumière s’allume dans ses yeux et qu’il se remémore des moments qui l’ont manifestement marqué. Certains, ceux qui ont eu la chance de débuter très jeunes, évoqueront des souvenirs d’enfance ; d’autres vous raconteront leur rencontre avec un grand maître ; d’autres encore vous raconteront des moments émouvants, des moments d’entraînement extrêmement intensifs, des aléas dont on rigole après coup (un orage violent qui inonde la tente de camping lors d’un stage d’été) ou encore l’histoire d’une longue amitié née lors d’un stage. Si tous ces souvenirs, ces événements, ces rencontres n’avaient pas eu lieu, beaucoup d’entre nous auraient peut-être cessé de pratiquer, beaucoup de belles histoires humaines qui nous unissent n’auraient jamais vu le jour et dans nos kiosques à souvenirs, le rayon des moments riches en émotions serait peut-être un peu moins fourni. Alors pourquoi faire des stages ? Pourquoi y aller ? 20 Beaucoup de monde sur le tatami lors du stage organisé, en 2009, pour le jubilé des 50 années de pratique de maître Floquet.
André Tellier, 6 e dan, 45 années de stage à son actif Nous sommes à Temple-sur-Lot, dans le dojo du Centre de Lembrun, le vendredi 23 juillet 2010, vers 18 h 30. C’est le dernier cours qui clôt la première semaine de stage et Christophe, 41 ans, me saute dessus...comme s’il voulait dévorer tout cru son vieux maître, 69 ans. Et c’est parti pour un quart d’heure de randori, de chahut, de jeu et de grand plaisir. Les jeunes (et moins jeunes) me regardent parfois d’un œil interrogateur et se demandent ce qui me pousse encore à fouler le tatami lors des stages d’été après tant d’années. J’ai un André Tellier, 6 e dan. peu répondu en préambule et un retour sur mon parcours sur la voie des arts martiaux permettra de mieux le comprendre et l’expliquer. Il y a 50 ans, la notion d’arts martiaux était encore exotique et pouvait relever du fantasme dans ma région natale, la Normandie. Avec mon premier tout petit salaire, je me suis inscrit à un cours de Ju Jutsu... par correspondance ! Ce ne fut pas aussi inutile qu’on pourrait le croire (et en ricaner...) mais ce fut certainement bien insuffisant même si la méditation et la visualisation sont susceptibles d’éveiller des sensations ! Ce n’est qu’à la rentrée de septembre 1964 que je pus enfin ouvrir la porte d’un dojo et prendre ma licence de Judo, puis celle d’Aïkido Yoseikan un mois plus tard, quand mon professeur reçut l’homologation de son 1 er dan. Je m’entraînais tous les jours, je progressais très vite et, en 1966, mon professeur me conseilla de participer au premier stage de Royan qui se tenait du 15 juillet au 15 août. Avec 4 heures de Judo et 4 heures d’Aïkido par jour, je découvris la somme de connaissances que je pouvais emmagasiner pendant une courte période d’entraînement intensif et aussi l’étendue de ce qui me restait à apprendre. J’y retournai les années suivantes. Je passai le 1 er dan le 23 mars 1969 et, l’été suivant, je m’entraînai de nouveau à Royan sous la houlette d’Hiroo Mochizuki qui entreprit de m’amener au niveau du 2 e dan. Quand je revins en Normandie, j’étais en mesure d’ouvrir mon premier club à Malaunay, dans la banlieue ouest de Rouen. L’année suivante fut décisive pour mon orientation et ma progression. La ligue de Normandie FFJDA nous offrit un stage de 3 jours au CREPS d’Houlgate et j’avais souhaité qu’il soit dirigé par un jeune 5 e dan, Alain Floquet, que j’avais remarqué au dernier shodan. Le jeune maître me fit passer le 2 e dan et m’invita à lui rendre visite à son club, l’ASPP. En 1971, je fus le premier inscrit à son stage de Beauvallon, du 4 au 18 juillet. Il entreprit de m’amener au niveau du 3 e dan ! Je fus très vite chargé de diriger mon propre stage d’été, à Dieppe, en juillet 1972, une semaine en avant-propos de celle dirigée par Alain Floquet. Puis les stages s’enchaînèrent, en tant qu’élève ou en tant que directeur technique : Dieppe en 1973, Saint-Raphaël en 1974 et, en 1975, Tarbes en 1977 et le premier stage à Temple-sur-Lot en 1979, au domaine de Lembrun. L’endroit devint un lieu de retrouvailles annuelles quasi obligé avec la venue de maîtres exceptionnels grâce à Alain Floquet. J’y conviais mes élèves et chaque séjour nous enrichissait d’une masse de connaissances à démêler et exploiter durant la saison suivante, elle-même ponctuée de stages de perfectionnement, écoles des cadres et autres stages de formation. Les années ont passé et même si, parfois, le corps accuse les coups du temps, l’esprit n’a pas d’âge et tant que mes pieds me porteront, j’accompagnerai celui que j’appelle affectueusement « mon bon maître », il faut bien que les guerriers de la première heure soient avec lui dans les grandes occasions ! Le stage d’été à Temple-sur-Lot permet en outre un contact unique avec les jeunes générations. Cette courte période de vie intense en communauté est l’occasion inespérée d’ouvrir des contacts privilégiés que ce soit pendant les cours, à l’occasion d’un échange physique (les jeunes pratiquants sont très gentils et ménagent les vieux kodansha !) ou après l’entraînement, au bar, devant une bière. Le soir, la véranda, où je passe beaucoup de temps devant mon ordinateur pour mettre en ligne le compte-rendu de la journée, devient le lieu où se posent les questions concernant notre histoire, où s’expriment les incertitudes, où s’exposent les petits problèmes personnels. Je me sens parfois comme un grand-père recueillant des confidences... C’est tout ça et plus encore que m’apportent les stages. Même si je me complais à évoquer des anecdotes de notre épopée, il n’y a aucune nostalgie dans mes propos. J’ai trop de projets pour me pencher sur mon passé ! 21



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :