Aïki Mag n°22 jun à nov 2011
Aïki Mag n°22 jun à nov 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de jun à nov 2011

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre... Hubert Thomas, président de la Kiia

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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KINOMICHI Hubert Thomas un travail subtil du contact. Ainsi, l’acquisition d’un geste juste et réaliste guide le pratiquant dans la recherche d’une relation apaisée. L’intégration corporelle de mouvements se fait avec la notion de spirale. L’écoute de l’autre est développée. Les notions plaisir et sourire contribuent à la relation avec le meilleur de l’autre. La physiologie des mouvements corporels, souci permanent dans la pratique, est respectée. Elle permet de pratiquer à tout âge. Maître Noro Masamichi compare notre corps à un instrument de musique qu’il faut savoir accorder et préserver pour pouvoir jouer juste et toute sa vie. Les initiations élevées comportent les applications avec les notions de ki, de shin et de do. Le do nous rappelle à la dimension spirituelle de la voie. L’art martial, au sens noble du terme, est présent. Le réalisme de l’action sous-tend celui de la vraie relation. Toute action se voulant antagoniste est automatiquement transformée en contact de non-violence et d’harmonie. La manifestation technique est précise. Le geste est pur. Les bases acquises lors des premières initiations doivent être présentes. L’art s’ouvre aux applications et à l’infini des techniques et de la relation. Ainsi, la recherche d’un budo d’harmonie, d’amour et de paix unit les pratiquants de Kinomichi et d’Aïkido par des chemins pouvant apparaître différents. Les débutants de Kinomichi sont très éloignés de ceux de l’Aïkido par leur apprentissage, au point qu’ils peuvent même sans problème s’ignorer. Mais l’expérience des initiations élevées contribue à l’acquisition d’une pratique proche et convergente. Nous faisons l’ascension 14 Les notions de spirale, de plaisir, comme le sourire et le contact, sont fondamentales dans la réalition du Kinomichi. de la même montagne par des faces différentes. Nous nous rapprochons de plus en plus en progressant vers un sommet. L’objectif est la recherche vers l’art idéal. « Il faut connaître la technique car une technique juste est un trésor que l'on partage avec l'élève. Le débutant est d'une grande sensibilité. Il faut lui montrer des mouvements avancés car il goûte la merveille qu'on
lui dévoile comme j'ai moi-même goûté au premier jour les techniques de mon maître Ueshiba Morihei. » maître Noro Masamichi. Noro Masamichi senseï rejoint-il Ueshiba O sensei quand il parle d’harmonie ciel-terre, corps-esprit ? Seul maître Noro Masamichi pourrait vous répondre. Mais à mon sens, je perçois dans son enseignement une même recherche. « Si je pouvais expliquer mon art, je n’aurais plus besoin de l’étudier. » maître Noro Masamichi. Parlez-nous de la pratique du Kinomichi avec armes. Quelle en est l’utilité ? En fait, tout objet peut être « arme ». En pratique, nous n’utilisons pas des armes… mais des outils de construction aidant à la progression. L’utilisation d’une arme a un sens éducatif et sa pratique non violente, bien que réaliste, symbolise particulièrement la transformation de l’être. La nomenclature technique du Kinomichi établie par maître Noro Masamichi comporte l’utilisation seule ou combinée, avec ou sans partenaire, du jo, bokken, tanken (tanto), iaïto ou katana, tessen. Certaines armes ne sont abordées que dans les initiations élevées du Kinomichi. Chaque outil possède ses propres caractéristiques. Les armes sont donc complémentaires dans leur apprentissage et rectifient la pratique. Par exemple, dans les premières initiations, le jo donne une autre dimension à l’espace et le bokken induit une certaine rigueur. Les armes aident donc nécessairement aux progrès d’un pratiquant de Kinomichi. « Le sabre est d'une beauté parfaite. Il est le miroir de l'âme. Il faut le tenir fermement pour qu'il ne tombe pas des mains mais en même temps, il faut sentir toute la lame et au-delà. » maître Noro Masamichi Quelle est l’importance du ki, de l’énergie ? Où se trouve le point de rencontre fondamental des deux partenaires dans leur pratique, physiquement et psychologiquement ? Les deux partenaires, en étant à l’écoute l’un de l’autre, créent un mouvement. Cette dynamique physique et mentale crée cette recherche du « souffle ». Maître Noro Masamichi a adapté une pédagogie d’utilisation du ki à la pensée occidentale. Il s’agit d’établir une circulation de forces, d’énergie, du bas vers le haut, de la terre vers le ciel. L’appui au sol vers le partenaire est essentiel. Le centre devient autant passage que génération. Un équilibre s’établit entre les forces ascendantes et descendantes gravitationnelles. L’expression corporelle par le mouvement engendre donc le ki, une force, une énergie. Le juste équilibre est le support du ki. La technique permet sa conduite. Le ki soutient le geste. La vision, le son, les formes du corps et notamment du visage, de la main, des doigts… sont ainsi modelés. La progression du pratiquant permet à maître Noro Masamichi de le sensibiliser au shin. La notion de cœur et de mental permet de ressentir profondément l’autre dans le mouvement. L’effet de la technique vaut pour les deux partenaires. L’intention produit l’ouverture. Elle est liée au mental et à la relation de « cœur à cœur ». Le shin module le rythme ce qui permet aux deux partenaires de tendre vers l’harmonie et la fusion dans le mouvement. L’unicité du mental dans l’instant crée cette intention d’ouverture qui englobe et qui entraine paradoxalement l’attraction. Pour maître Noro Masamichi, avec le do, l’association ki et shin est capitale. « Ma technique est amour. » maître Ueshiba Morihei. Le Kinomichi semble devoir être pratiqué dans une sorte d’apesanteur, qu’en est-il ? L’éducation dans le Kinomichi se fait physiquement et mentalement par l’attitude. L’ouverture par le mouvement associé à cette force, à cette énergie, se fait de bas en haut, de la terre vers le ciel ; pour maître Noro Masamichi c’est une action « d’antivieillissement ». La recherche d’une harmonie et d’un équilibre avec le partenaire est créatrice d’énergie. Le contact des premières initiations se fait dans la douceur et l’extrême légèreté. Plus tard, cette dynamique intégrée, le pratiquant doit travailler son enracinement avec souplesse. L’arbre construit doit être solidement implanté physiquement et mentalement tout en gardant une légèreté distale. Ainsi, un équilibre du bas vers le haut et du haut vers le bas s’établit. Les mouvements avec le ou les partenaires sont effectués avec un contact qui manifeste une profondeur de la relation gommant toute forme d’illusion. Que deviendrait un grand arbre aux larges branches, sans racine s’adaptant à un vent violent ? 15 Noro sensei instille de l’humour, voire de la dérision dans sa pratique du Kinomichi, est-ce une dimension caractéristique de son art ? Pour ce qui est de l’humour, maître Noro Masamichi l’utilise avec beaucoup de pédagogie et de pertinence. Quant à la dérision, si elle apparaît de temps en temps sur le tatami, c’est à l’égard de lui-même, comme un message adressé à quelques pratiquants. Comment le Kinomichi peut-il contribuer à la construction de la personnalité ? Le dojo est le lieu d’apprentissage du Kinomichi. L’expression du Kinomichi se veut au delà des portes du dojo. Au-delà de la parité femmes-hommes, le juste équilibre des éléments est recherché en permanence : juste vitesse de déplacement par rapport au partenaire, juste place, justes déplacements dans le dojo, juste relation, juste distance, juste sensation réalisant ainsi l’harmonie tant recherchée du corps et de l’esprit Ainsi l’action est désintéressée. L’attitude corporelle et mentale modèle le pratiquant. Le mouvement doit être effectué avec douceur, volonté, concentration et vigilance. Chaque technique doit être réalisée avec un souci de réalisme, de force, de fluidité et de beauté. Chacun y trouvera le moyen de façonner son évolution personnelle à travers une démarche collective. ● Propos recueillis par Céline Rigodon



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