Aïki Mag n°21 déc 10 à mai 2011
Aïki Mag n°21 déc 10 à mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de déc 10 à mai 2011

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre... Gérard Méresse et la ligue de Bourgogne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
LIGUE DE BOURGOGNE Gérard Méresse Que conseillez vous aux jeunes aïkidoka pour progresser dans leur Aïkido ? Je ne sais pas si on peut donner des conseils aux jeunes. Ils doivent forger leur propre expérience. Je leur dirai simplement prenez du plaisir sur le tatami, soyez persévérants et volontaires. Ne vous inquiétez pas, si vous n’avez pas tout compris aujourd’hui, vous comprendrez demain. Allez en stage et ditesvous que l’Aïkido est un art de vivre, celui de toute une vie. Quelles sont les attitudes à développer dans le dojo ? Le dojo est un lieu d’éveil, d’éducation et de transformation. Les apprenants se doivent de respecter le lieu et de mettre en pratique les valeurs développées. Nous sommes des animaux sociaux et en tant que tels nous développons de vilains défauts comme la cupidité, la colère, la vengeance, la jalousie, l’instinct de pouvoir, la xénophobie et surtout la La technique doit engendrer le déplacement. grosse tête avec un ego démesuré. Tout cela doit nous contraindre à nous ouvrir, à nous dépasser, à grandir en discernement, en raison, en moralité, en bonté, en douceur, en amour. Chacun a le droit de réussir, mais a le devoir d’assumer ses responsabilités avec maîtrise de soi, à chaque étape de sa progression pour donner 8 le meilleur de lui-même et le dojo est certainement un des lieux les plus propices pour développer cette prise de conscience. L’Aïkido est un art martial de tradition, ce n’est pas un sport,
... La technique donne à l’Aïkido toute sa puissance en mettant l’accent sur la diversité de ces forces ainsi que sur leur imbrication permanente. Elle propose des situations de combat où l’Aïkidoka doit réagir immédiatement pour sauvegarder son intégrité symbolique... cela exclut-il toute forme de compétition ? C’est la grande question car lorsque Morihei Ueshiba a créé son école les compétitions étaient nombreuses, elles étaient le garant de l’art martial enseigné. Sur le tatami l’autre c’est l’adversaire qui va aider par sa présence, son physique, voire sa dureté à nous resituer, à nous définir, à nous affiner, en un mot à nous connaître. Le dojo, « lieu d’étude et de combat », permet donc cette forme de compétition sur soi-même. En effet, à travers l’autre, c’est une rencontre permanente avec soi qui aide à préciser les différences, à fixer les niveaux, à dépasser les appréhensions pour tendre vers une meilleure adaptabilité. Cette situation adversive entre deux individus est donc une source de progrès qui sera d’autant plus importante si l’harmonie se crée entre les deux. Privilégiez-vous certaines techniques dans votre enseignement ? Non, ce serait réduire l’Aïkido à peu de chose, même si je me sens plus en accord avec certaines. Je me dois de les diversifier pour ne pas appauvrir mon enseignement. C’est par la technique que nous façonnons nos apprenants. La technique est un outil pour arriver à l’homme. Elle doit naître de l’attaque et engendrer un placement adéquat. Je dirai donc que j’utilise la technique et non des techniques car tous les principes d’Aïkido se retrouvent dans chaque technique. Sans la technique on ne peut rien trouver mais, une fois qu’on a trouvé, celle-ci n’a plus beaucoup de sens. L’Aïkido propose un cheminement qui doit permettre une adaptabilité aux changements de notre société, c’est par la technique que nous pouvons nous élever vers un autre monde, fait de moralité, de paix et de 9 valeurs, en transposant dans la vie de tous les jours l’ensemble des qualités acquises. C’est, modestement, ce que j’ai compris du message d’O sensei. Quel aspect fondamental vous motive particulièrement dans la transmission ? J’ai un peu répondu à cette question précédemment. Mon bonheur n’est pas de former des gradés, même si cet aspect ne doit pas être occulté, l’esprit occidental est fortement motivé par les distinctions obtenues. Non, mon bonheur c’est d’aider l’autre à trouver un épanouissement dans l’Aïkido et l’amener à trouver un ailleurs qui lui soit bénéfique. Quelles qualités de corps et d’esprit le pratiquant doit-il développer ? Dans sa pratique, l’apprenant est impliqué dans toutes ses dimensions aussi bien physiques que mentales ou émotionnelles, c’est dire si le chantier est difficile et c’est pourquoi nous n’aurons sans doute pas assez de toute une vie pour faire le tour de la question. Mais, s’il développe ses qualités d’écoute, d’observation et s’il ne faiblit pas dans sa volonté d’aller jusqu’au bout de lui-même, il aura parcouru une grande partie du chemin. En quel sens les techniques d’Aïkido sont-elles transposables dans le quotidien ? Ce ne sont pas les techniques qui sont transposables dans le quotidien, mais plutôt l’Aïkido en général, la technique est le moyen qui le permet. C’est pour cela que l’Aïkido est un art de vivre. Lao Tseu nous dit « la perfection pour celui qui combat c’est d’être sans colère ; pour celui qui veut vaincre, de ne pas lutter, pour celui qui se sert des hommes, c’est de se mettre en dessous d’eux ». Pour arriver à cela nous devons développer l’attitude adéquate au quotidien en utilisant les trois forces à notre disposition. Ce sont la force physique musculaire, la force morale volontaire et la force vitale. Ces trois forces peuvent, par un phénomène de concentration, converger pour réaliser l’union qui permettra à l’être humain de mobiliser l’énergie indispensable pour mener à bien toute action. Aussi la technique donne à l’Aïkido toute sa puissance en mettant l’accent sur la diversité de ces forces ainsi que sur leur imbrication permanente. Elle propose des situations de combat où l’aïkidoka doit réagir immédiatement pour sauvegarder son intégrité symbolique et prépare ainsi les pratiquants à assumer leurs différences et à réagir dans l’adversité. ● Propos recueillis par Albert Wrac’h



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :