Aïki Mag n°21 déc 10 à mai 2011
Aïki Mag n°21 déc 10 à mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de déc 10 à mai 2011

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre... Gérard Méresse et la ligue de Bourgogne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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illustration Claude Seyfried ENTRETIENBruno Lemaître que les élèves proches du fondateur ne comprenaient pas toujours, surtout pour les plus jeunes, ce que celuici entendait par ces notions en dépit du fait qu’ils partageaient de longs moments de vie en sa compagnie. Vous référez-vous à des sensei particulièrement ? Quand j’ai débuté il n’y avait que la FFAB dans mon environnement, j’ai donc suivi l’enseignement de Tamura senseï, mais la seule démarche d’imitation me laissait à mes interrogations et ne me convenait pas vraiment. Plus tard avec quelques aïkidoka du Finistère nous avons rencontré Christian Tissier, sa pratique correspondait exactement à la recherche de construction qui nous animait. J’ai, par la suite, suivi les conseils d’autres hauts gradés de la fédération dont Patrick Benezi et Franck Noël qui m’ont apporté et m’apportent toujours les consolidations nécessaires pour prolonger cette démarche. Je suis redevable d’une évolution majeure de ma pratique grâce à ce changement. Je suis, par ailleurs, impressionné par le travail d’Endo senseï et j’ai un regret, celui de n’avoir jamais pu assister aux stages de Yamaguchi senseï. Depuis quelques années mon chemin a croisé celui de Saotome senseï puis d’Ikeda senseï. Ce dernier m’a donné, en particulier, de nouvelles clés pour continuer mon travail. Vous partagez, avec Gilles Rettel, des responsabilités au sein de votre ligue, pouvez-vous nous en préciser le contenu ? Sous l’égide de Marcel Dromer, alors président de la ligue de Bretagne, nous nous sommes partagés les tâches, Gilles a accepté d’être le DTR et moi de m’occuper de l’École des cadres. En fait, ce ne sont que des dénominations générales car nous sommes impliqués tous les deux dans l’animation de la ligue et partageons les interventions. J’apprécie d’autant plus cette collaboration qu’elle se nourrit d’échanges féconds. Nous avons en commun d’essayer de trouver des réponses scientifiquement acceptables à nos préoccupations de pratiquants, sans doute une influence de nos formations initiales respectives. 20 Quelle place faites-vous à la transmission aux plus jeunes ? Une pédagogie particulière s’impose-t-elle ? Les jeunes ne sont pas des adultes en miniature mais des individus à part entière à une période particulière de leur développement. De fait, la pédagogie doit s’adapter et ne doit pas être un ersatz d’une démarche envers les adultes. Je suis souvent surpris par les réponses des candidats au Brevet Fédéral ou au Brevet d’État qui oublient régulièrement de faire référence à leur public et d’expliquer ce qui le différencie d’un autre. L’Aïkido a cette particularité de ne pas être ludique en soi et de s’attacher à élaborer une construction technique, il est, par conséquent, nécessaire de prendre en considération en particulier les capacités d’attention des sujets et de s’enquérir des buts recherchés par ceux-ci afin d’adapter nos interventions. La question du développement des facultés d’observation chez les jeunes est importante, à mes yeux elle se pose avec d’autant plus d’acuité en Aïkido que la transmission se fait essentiellement par imitation. Mon travail d’enseignant d’EPS me renvoie tous les jours au constat que bien peu de mes élèves savent observer réellement. Cette préoccupation nous amène à réfléchir sur, d’une part, la validité du modèle et, d’autre part, sur le questionnement qui doit naître de l’observation. Existe-t-il une liberté d’interprétation dans l’application des techniques fondamentales ? Il ne me semble pas que le fondateur de l’Aïkido O senseï Morihei Ueshiba ait construit l’Aïkido dans le but d’enfermer les pratiquants dans un carcan technique. Il l’a voulu vivant, susceptible d’évoluer et de se transformer au fil du temps. La pseudo-liberté d’interprétation dépend en fait de ce que nous sommes, une part d’inné et d’acquis, elle est liée à notre perception des choses. Il existe donc une corrélation entre notre compréhension de l’Aïkido et la façon dont nous pratiquons, à ce titre, il ne s’agit pas vraiment d’une liberté d’interprétation mais plutôt d’une manière d’appréhender les techniques fondamentales qui nous est propre en fonction de notre vécu. Ceci dit les plus anciens et les plus gradés ont la responsabilité de corriger nos erreurs d’interprétation. À quoi faut-il attacher le plus d’importance dans la pratique de l’Aïkido, dans le dojo comme à l’extérieur ? L’Aïkido est, de mon point de vue, une approche permettant de développer des perceptions qui améliorent notre appréhension et notre compréhension de l’envi- photos Rémi Traverse
... Il ne me semble pas que le fondateur de l’Aïkido O senseï Morihei Ueshiba ait construit l’Aïkido dans le but d’enfermer les pratiquants dans un carcan technique. Il l’a voulu vivant,susceptible d’évoluer et de se transformer au fil du temps... ronnement physique et humain. Les conflits font partie de notre quotidien, à terme, il est possible que la pratique de l’Aïkido nous aide à transformer notre attitude face aux agressions du milieu. En ce sens, il importe de privilégier l’interaction avec l’autre, l’Aïkido n’est finalement peut-être qu’un prétexte à développer du lien social sous une forme de médiatisation différente. Sur quel aspect de la pratique vous concentrez-vous en ce moment ? Rechercher le déséquilibre est fondamental pour une réussite parfaite des techniques. Je continue à perfectionner les techniques en m’attachant à gommer les erreurs liées à un non-respect des principes de construction. Cependant, le relâchement et la disponibilité sont pour moi essentiels. J’attache beaucoup d’importance à la relation centre à centre et à la recherche, dans cette démarche, du déséquilibre de mon partenaire. Morihei Ueshiba, le fondateur de l’Aïkido, parlait d’harmonie universelle ; est-ce aussi votre conception ? Il s’agit d’un discours philosophique et religieux auquel je n’ai pas la prétention de participer par manque de 21 compétence dans ces domaines. J’en comprends le propos, l’idée est séduisante. Pour autant, en disserter relève d’une argumentation qui doit se tenir, car, ainsi que je l’ai précisé plus haut, la pensée d’O senseï est loin d’être aisément accessible. ● Propos recueillis par Albert Wrac’h 1- POCIELLO Christian, Sport et société, Approche socio-culturelle des pratiques, Ed. Vigot, Paris, 1981. 2- MEIRIEU Philippe, L’envers du tableau, Quelle pédagogie pour quelle école ?, Ed. ESF, Paris, 1993.



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