Aïki Mag n°21 déc 10 à mai 2011
Aïki Mag n°21 déc 10 à mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de déc 10 à mai 2011

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre... Gérard Méresse et la ligue de Bourgogne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENTRETIENBruno Lemaître aïkido breizh atao Membre du Collège Technique fédéral et responsable de l’École des cadres en ligue de Bretagne, Bruno Lemaître, 6 e dan, n’a de cesse de diffuser l’art de Morihei Ueshiba avec passion et sincérité. Entretien avec un technicien exigeant au parcours peu commun. CComment le message de l’Aïkido et sa pratique vous sont parvenus ? Quelle que soit l’activité, les pratiques sont issues de rencontres plus ou moins conscientes. Ce qui suscite l’intérêt pour l’une ou l’autre dépend de facteurs qui nous sont le plus souvent inconnus, notre histoire personnelle y est sans doute pour beaucoup. Il faudrait pousser loin les investigations pour en comprendre intimement les déclencheurs. Pour ma part, je n’ai pas 18 le souvenir de cette rencontre précisément, si ce n’est que, résidant avec mes parents en Polynésie française pendant une partie de mon adolescence, j’ai eu l’occasion de voir des démonstrations d’arts martiaux par des marins japonais lors de leurs escales à Tahiti. Mon intérêt pour l’Aïkido a grandi par opposition au monde du sport et à la compétition. La pratique d’une discipline non compétitive renvoie à nous-même quant à notre cheminement et à l’intensité de notre investissement. Déjà professeur d’Éducation Physique et Sportive lorsque j’ai débuté l’Aïkido, j’en ai ressenti d’emblée les aspects éducatifs et culturels, sans doute un peu influencé, à l’époque, par Christian Pociello 1 qui reprenait à son compte les conclusions de Pierre Bourdieu sur la distinction sociale des pratiques. Vous êtes membre du Collège Technique de la fédération, sur
quels principes fondez-vous votre enseignement ? Mon approche est fondée sur l’éducation par le geste et les possibilités offertes par l’Aïkido, à cet égard, sont immenses. Mes modèles sont orientés par deux aspects : - d’une part, deux principes définis par Philippe Meirieu 2, celui d’éducabilité qui veut que l’on attende toujours que l’autre réussisse et que l’on mette tout en oeuvre pour cela et celui de non-réciprocité qui veut que, si l’on a tout à donner à l’autre, on n’a rien à exiger de lui, ni sa reconnaissance, ni sa soumission, ni même sa réussite ; - d’autre part, le fait que l’apprentissage du geste se fait par l’exemple. Il est, par conséquent, nécessaire de former les professeurs à la pédagogie et de les aider à construire leurs savoirs en Aïkido. La démarche s’apparente à celle du compagnonnage, celle du maître qui conduit le geste, le corrige, rend l’élève habile pour une plus grande autonomie et capable de créer son propre parcours, tout ceci en acceptant notre impuissance à toujours réussir. La pratique des armes est-elle le prolongement du travail à mains nues ou est-ce plutôt l’inverse ? Peut-elle améliorer la maîtrise de l’art martial ? ll ne s’agit pas, à mon avis, d’un prolongement mais d’une autre forme de travail qui confronte l’élève à des perceptions plus fines des notions de temps et d’espace ainsi qu’une approche plus immédiate de l’intégrité. La pratique des armes est une En Bretagne, l’estran propose un dojo exceptionnel pour une pratique énergétique. autre forme de la compréhension du rapport qui se met en scène dans l’interaction entre les individus à travers l’Aïkido. C’est sans doute pour cela qu’elle peut apparaître à la fois utile et inutile. Référons nous aux passages de grade : lors de l’interrogation sur le buki waza la prestation à mains nues du candidat peut être questionnée à la suite de son travail aux armes quant à la profondeur de sa compréhension des principes de construction. Pourtant nous refusons souvent de prendre en compte réellement le résultat de cette pratique. Où se trouve l’efficacité réelle de l’Aïkido ? Elle se trouve dans ce que l’Aïkido apporte aux pratiquants au plus profond d’eux-mêmes. La pratique interpelle l’individu sur ce qu’il est, son efficacité s’étend bien au-delà de la seule acquisition des techniques. Il s’agit donc de transformer des attitudes et d’appréhender différemment son environnement. La grande 19 force de la pratique que nous a laissée Morihei Ueshiba est bien cette démarche qui, à partir du geste, nous conduit à un regard intérieur et à une ouverture sur les autres. Quelle conception faut-il avoir du ki, des kokyu nage ? Je suis toujours un peu mal à l’aise avec ces notions. Beaucoup d’aïkidoka en parlent et même en abusent sans pouvoir en donner une réelle définition d’autant plus qu’elles font référence à une culture qui nous est étrangère. Au-delà de la seule traduction en français des termes, il nous faudrait avoir une démarche de compréhension des conceptions philosophiques qui les soustendent pour en comprendre profondément l’essence. Il nous est souvent relaté dans les ouvrages sur l’Aïkido photos Rémi Traverse



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