Aïki Mag n°20 jun à nov 2010
Aïki Mag n°20 jun à nov 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de jun à nov 2010

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre avec Sophie d'Auzac, l'énergie communicative.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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AÏKIBUDO L’Aïkibudo résulte d’une construction et d’une longue progression à partir de l’expérience d’individus, de budoka, qui ont, à chaque étape de l’histoire de cette pratique, apporté leur pierre à cet édifice aujourd’hui reconnu et pratiqué sur les cinq continents. un style, une histoire, des valeurs, une culture C’est un fait… c’est entré dans les pratiques usuelles. On se connecte sur internet et on pianote dans son navigateur « Aïkibudo vidéo » histoire de, on ne sait jamais, tomber sur une perle !... et on trouve le film d’une démonstration ou un vieux reportage réalisé alors qu’on n’était pas né. C’est ainsi que certains ont pu découvrir le film d’une démonstration qui a eu lieu à la Halle Carpentier en 1963 dans laquelle on peut reconnaître un jeune yudansha, Alain Floquet, faisant office de uke au jeune Hiroo Mochizuki envoyé en France par son père pour promouvoir l’Aïkido du Yoseikan. Un bijou, un document exceptionnel dans lequel on perçoit le chemin réalisé entre ce que les plus anciens d’entre nous ont appris à cette époque et la forme aboutie de l’Aïkibudo, tel qu’il est pratiqué et enseigné aujourd’hui. Comme un archiviste attentif aux informations rares et précieuses, on télécharge ce témoignage de notre histoire avant que celui qui l’a diffusé ne décide de l’enfouir dans les armoires de l’oubli. L’Aïkibudo n’est pas un simple mélange : il résulte d’une construction et d’une longue progression à partir de l’expérience d’individus d’exception qui ont, à chaque étape de l’histoire de la pratique, apporté leur pierre à cet édifice. Il en résulte un art complet, qui a son histoire, sa culture, une forme et une éthique. Alain Floquet en compagnie des sensei Mochizuki et Sugino lors d’un stage d’été de Temple-sur-Lot. L’Aïkibudo n’est ni un mélange, ni une synthèse Il est toujours difficile d’expliquer ce qu’est un art martial. Bien entendu, si vous parlez de Judo, de Karaté ou de Boxe, la plupart des gens se font une
idée assez précise de ce que c’est. Les arts « Aïki » sont souvent moins connus du grand public et, du coup, beaucoup de personnes cherchent à les définir comme étant « une sorte de mélange de… ». Alain Floquet, fondateur de l’Aïkibudo, refuse une telle approche réductrice de l’élaboration d’un art martial dans la mesure où elle est sujette à toutes les dérives : il ne suffit pas de s’autoproclamer « maître de… » en effectuant un amalgame de pratiques dans lesquelles on a picoré pour élaborer un budo. L’Aïkibudo, comme l’Aïkido, a une identité qui lui est propre et une histoire qui fonde sa légitimité. Minoru Mochizuki Dans les années 1930, Jigoro Kano, le fondateur du Judo a eu l’intention de renouer avec les arts traditionnels. À cette fin, il créa le Kobudo Kenkyukaï (centre de recherche sur les arts martiaux anciens) et envoya certains de ses jeunes yudansha (3 e et 4 e dan Judo Kodokan) pratiquer ces disciplines. Parmi eux, on comptait les grands maîtres Minoru Mochizuki et Yoshio Sugino qui étudièrent ce qui était alors appelé l’Aïki-jujutsu de maître Ueshiba et le Katori shintô ryu. Mais les hommes évoluent et enrichissent leur pratique de leur propre expérience. Par la suite, maître Sugino se consacra pleinement au Katori dont il devint l’un des plus brillants représentants tandis que maître Mochizuki, au sein de son dojo, le Yoseikan, proposa un enseignement issu de sa pratique du Judo, de l’Aïki-jujutsu Ueshiba-ryu, des sutemi avec maître Kyuzo Mifune. Il mit au point également des kata de base et proposa une interprétation pragmatique et éducative des kata du Katori qu’il avait étudiés. Il va sans dire que maître Mochizuki avait une légitimité telle que cette démarche était celle d’un homme à l’expérience exceptionnelle et non le bidouillage de choses prises à gauche et à droite. C’est cet enseignement du Yoseikan qu’Alain Floquet 19 Les techniques pratiquées au sein des arts martiaux appartiennent au patrimoine humain. reçut en premier lieu, d’abord par le biais de Jim Alcheik mort précocement en 1962, puis de 1963 à 1970 avec Hiroo Mochizuki (riche période d’évolution partagée) et enfin avec le grand maître Minoru Mochizuki lui-même, chez lequel il allait régulièrement étudier et pratiquer au Yoseikan à Shizuoka. « Le Daïto Ryu Aïki-jujutsu et le Katori Shinto Ryu sont les deux berges d’un fleuve, dont le Yoseikan shinto ryu 1 est le lit et dans lequel s’écoule l’Aïkibudo. Les berges de ce fleuve sont les rails de la tradition et l’Aïkibudo, le flux de la modernité. 2 » Mais une fois encore, les hommes évoluent et enrichissent ce qu’ils reçoivent par leur propre démarche. Policier de métier, Alain Floquet donna à sa pratique une dimension pragmatique issue de son expérience de terrain. De la même façon, il eut très vite le souci de renouer avec les arts martiaux traditionnels : le Kendo avec Shiga Tadakatsu, qui le conduisit à participer au premier championnat du monde à Tokyo et 1970, le Katori shintô ryu de Minoru Mochizuki sensei puis, sur sa recommandation, celui de maître Yoshio Sugino, enfin le Daito ryu aïki-jujutsu, avec l’assentiment de son maître, auprès du soké Takéda Tokimune. Cette culture des arts anciens constitue donc, en quelque sorte, une base historique qui permet de percevoir physiquement, techniquement, mentalement et culturellement l’évolution du mouvement « Aïki » popularisé par le maître Morihei Ueshiba. Cette expérience d’une grande richesse humaine et martiale trouve son assise structurelle au sein du Céra qu’Alain Floquet initie en 1973. Elle évolue si sensiblement que le maître Minoru Mochizuki lui demanda au début des années 1980 de donner un nom spécifique à sa pratique et à l’école qui en découle. L’Aïkibudo est donc un art dont les racines sont profondément ancrées dans le bujutsu et le budo japonais, mais cette école – fait exceptionnel – est le résultat de l’évolution d’un Occidental. Cette évolution fut néanmoins encadrée, accompagnée par l’un des maîtres qui comptaient parmi les plus grands experts du budo japonais du XX e siècle. L’Aïkibudo n’est donc ni une synthèse, ni un mélange. Une telle affirmation conduirait à nier le travail, le parcours, la maturation nécessaire à la construction d’un savoir. Elle prêterait à croire que cette recherche est triviale et laisserait planer l’illusion que chacun peut, dans son coin, construire et élaborer son école. Or cette construction doit avoir un contenu, des racines et une cohérence à la fois technique, historique et culturelle. Elle est aussi le fait d’individus dont l’expérience, le savoir-faire et le charisme ont permis l’édification de groupes dont la dimension humaine est



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