Aïki Mag n°20 jun à nov 2010
Aïki Mag n°20 jun à nov 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de jun à nov 2010

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre avec Sophie d'Auzac, l'énergie communicative.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ENTRETIENPhilippe Tramon mon enseignement. Les transferts entre travail à mains nues et avec armes sont nombreux et enrichissants. J’utilise beaucoup les armes comme outil pédagogique pour matérialiser les directions, un danger, le sens de la coupe. Avec les enfants c’est le jo que je propose essentiellement car il permet une pratique symétrique facilitant l’apprentissage de la latéralité ; il permet aussi de très nombreux exercices de maniabilité ; il facilite l’appréciation des distances et du danger. Dans notre région, nous avons depuis longtemps pour principe, dans les stages de ligue, d’avoir une partie à mains nues et une avec armes. Provoquer le déséquilibre comme passer sous le centre de gravité est essentiel pour une bonne pratique de l’Aïkido. Quelle place donnez-vous aux kokyu nage dans votre pratique ? Les techniques de kokyu nage permettent de développer les possibilités de déséquilibre sans passer par...C’est vers une pratique la plus conservatrice possible pour le corps que je me suis très tôt orienté. C’est certainement ma profession de masseur-kinésithérapeute qui m’a amené vers cette tendance... 16 des positions articulaires contraignantes. La recherche est plus axée sur les déplacements et placements par rapport à uké. Pour ce dernier, les capacités de chute sont développées avec un minimum de risque articulaire par rapport à des techniques comme shiho nage, kotegaeshi ou irimi nage. L’attention peut être facilement portée sur la respiration en alliant ouverture et inspiration et fermeture avec expiration. Ce sont des techniques que je préfère utiliser en début de cours pour prolonger l’échauffement. Avec les enfants, j’ai, au fur et à mesure des années, développé beaucoup d’éducatifs à partir des kokyu
nage pour l’apprentissage des chutes et l’aspect ludique. Vous référez-vous à des sensei en particulier ? Non, mais il est évident que ma pratique et mon enseignement ont été influencés par les nombreux professeurs que j’ai suivis depuis plus de 30 ans. J’ai puisé dans leurs cours les éléments qui me convenaient le plus pour me construire. Chronologiquement, c’est mon premier professeur qui m’a donné de bonnes bases et qui m’a incité à suivre d’autres professeurs comme Louis Clériot qui venait à Cambrai. Ce dernier nous poussait à découvrir Christian Tissier. Étant kyu à cette époque, j’avais été impressionné et depuis, j’ai toujours autant de plaisir et d’intérêt à suivre ses stages. Puis ce furent Arnaud Waltz, Pascal Norbelly, Jean- Michel Mérit, Bernard Palmier, Franck Noel, Patrick Bénézi. Des maîtres japonais que j’ai pu voir, ce sont Yamaguchi sensei, Endo sensei et Yasuno sensei dont la pratique m’a le plus marqué. Quel est le sens de l’harmonie dans la pratique d’un art martial comme l’Aïkido ? L’absence de compétition dans la discipline amène un sens particulier : c’est le fait de pratiquer avec un partenaire et non de se battre contre un adversaire. L’objectif de réaliser une technique à partir d’une attaque, non pas à tout prix, mais en respectant l’intégrité des deux protagonistes me paraît spécifique et essentiel. Cette stratégie de gagnant-gagnant, où chacun exprime le meilleur de soi en fonction de ses capacités et tire un bénéfice de l’échange, donne sens au principe « aïki » : union des énergies physiques et psychologiques de uké et tori séparément et dans leur relation. Comment évoluent votre pratique et votre enseignement ? C’est vers une pratique la plus conservatrice possible pour le corps que je me suis très tôt orienté. C’est certainement ma profession de masseur-kinésithérapeute qui m’a amené vers cette tendance. Les deux activités s’enrichissent mutuellement. Sur les tatamis, c’est la recherche du déséquilibre et sa gestion qui prime. Avec les patients, c’est la préservation ou la récupération des capacités à tenir ou récupérer l’équilibre dans la marche, les changements de position, les escaliers… D’un côté comme de l’autre, l’indolence est prioritaire et si la douleur peut apparaître elle n’est jamais un but. Par ailleurs, je travaille sur la lutte contre les algies rachidiennes et les troubles musculo-squelettiques (TMS) depuis de nombreuses années. J’utilise les principes d’ergonomie préconisés en rééducation et dans les formations à la manutention que j’anime. Par exemple, l’action prépondérante des membres inférieurs et l’utilisation du poids du corps pour créer un déséquilibre ; l’utilisation des différents leviers essentiellement dans les saisies ; l’utilisation de la réactivité de uké pour conduire le déséquilibre ; préférer les déplacements peu nombreux et précis : irimi, tenkan, henka, tsugi ashi ; coordonner la respiration avec le geste effectué ; utiliser l’association d’appui et contre-appui ; passer sous le centre de gravité de la charge à soulever comme dans les koshi nage ; verrouillage de colonne vertébrale pendant l’effort. Tout cela m’amène à penser que l’Aïkido est une voie pour le dos ! ● Propos recueillis par Albert Wrac’h Illustration Claude Seyfried 1- CSGDE : Commission Spécialisée des Dans et Grades Équivalents.



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