Aïki Mag n°20 jun à nov 2010
Aïki Mag n°20 jun à nov 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de jun à nov 2010

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre avec Sophie d'Auzac, l'énergie communicative.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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RENCONTRE Sophie d’Auzac Vous avez décidé d’enseigner, de transmettre, parlez-nous de cette expérience originale que vous avez mise en place. Je voulais enseigner depuis très longtemps. En tant que femme, je voulais montrer que même avec moins de force je peux donner beaucoup de puissance. Pour les enfants, les cours se montent comme une évidence. Des idées me viennent spontanément. En fonction de mon humeur, de mes envies, je peux utiliser pour certaines techniques des postures d'animaux. Je m'explique : sur une saisieuchiro kata dori pour réaliser un kokyu nage, je parlerais, voir imiterais un ours qui voudrait se défaire d'une saisie encombrante en roulant des épaules, en "donnant des coups de pattes" au-dessus de sa tête et vers l'avant. Et en avançant et me baissant j'amènerais uké sur l'avant pour le projetter. J'ai aussi inventé quelques jeux pour développer la force des cuisses ou celle du hara. Je cherche avant tout à amuser les enfants et, quand j'ai une "idée qui marche", j'évolue dans mon cours avec "ce que … Cela me plaît aussi que l’Aïkido puisse être pratiqué par tout un chacun, des petits, des gros, des femmes, tous types de physique, des séniors également ! … me donnent les enfants" ; comme m'a dit un jour Arnaud Waltz quand je lui demandais des conseils en jeune professeur d'enfants : "ce n'est pas moi qui fait le cours ce sont les enfants". Sa réponse m'avait beaucoup énervée et aujourd'hui je l'applique ! Pour les adultes, je rêvais d'un dojo avec un esprit d'équipe, d'émulation. Je m'efforce de rester humble comme lorsque j'essaye de faire découvrir une forme de koshinage apprise auprès de Christian Tissier ou une sensation ressentie avec un autre enseignant. Je précise toujours que c'est au cours d'un Autre que je me suis "nourrie", je ne m'approprie rien. Je me considère comme un "canal", pas comme une référence. J'invite beaucoup les pratiquants à aller "goûter" l'Aïkido chez d'autres enseignants, à s'ouvrir à d'autres applications que celles qu'ils ont l'habitude de pratiquer. Il n’existe pas de compétition en Aïkido, cela convient-il aux enfants ? En tant qu'enfant la compétition ne m'a pas manquée. Je répondrais : oui, sans compétition les enfants sont 12 protégés de parents qui seraient tentés de toujours pousser leur progéniture à devenir "le meilleur". Mais encore faut-il que l'enfant soit heureux ! Je me souviens encore d'une petite fille qui excellait dans sa pratique de jeune aïkidoka, c'était un bonheur de la voir pratiquer !!! Son frère, lui, était beaucoup plus dissipé... Un jour, au lieu de le ramener à l'ordre, je lui ai demandé s'il aimait l'Aïkido et il m'a répondu non ; il rêvait de faire de la poterie mais ses parents ne voulaient pas l'y inscrire ! J'en ai tout de suite parlé aux parents. Je ne voulais pas qu'ils obligent leur fils à continuer ; la pratique doit rester un plaisir ! Est-il important de travailler les armes en Aïkido, pour vous comme pour les jeunes pratiquants ? Avant de faire travailler des enfants avec les armes, il faut qu'ils aient une bonne appréhension de l'espace dans lequel ils évoluent, il faut qu'ils soient à l'aise sur le tatami. Il est difficile de travailler les armes lorsque vous n'avez qu'une heure de pratique hebdomadai-
re. Je préfère privilégier, dans ce cas-là, la pratique de l'Aïkido à mains nues. Par contre, lors d'un camp de 9 jours 1, que j'anime régulièrement et où les enfants pratiquent tous les jours l'Aïkido, je les fais pratiquer 45 minutes sur l'herbe, pieds nus. L'année passée, j'ai même laissé les plus avertis inventer des kata avec les quelques techniques que je leur avais apprises. J'ai été relativement surprise de certains enchaînements ! Même si c'était toujours les mêmes qui revenaient, les enfants avaient construit des minis kata qui s'enchaînaient dans une certaine logique. Et ceux qui n'étaient pas à l'aise dans leur Aïkido se révélaient meilleurs aux armes, ils s’étaient mis en valeur par la pratique des armes. Quant à ma pratique des armes, elle est primordiale. J'aimerais en faire davantage ; j'y gagne en matialité et en concentration. Accordez-vous une importance particulière au travail des suwari waza, pour vous et dans votre enseignement ? J'aime à dire aux enfants que la pratique des suwari waza vient de la culture japonaise : les Japonais vivant à genoux, il était évident que Morihei Ueshiba invente des techniques de défense en suwari. Car, si assis en Sophie d’Auzac, technicienne accomplie au service de tous, aïkidoka confirmés comme débutants. seiza, vous êtes attaqué, il faut pouvoir riposter. Auparant je commençais régulièrement mes cours par quelques suwari waza. Mais aujourd'hui je commence toujours par échauffer mes élèves avant de les mettre à genoux. Beaucoup d'adultes souffrent des genoux ou ont été blessés, alors rester longtemps sur les rotules peut être douloureux. Mais la pratique des suwari waza permet d'acquérir une bonne assise, un bon équilibre, réinvestissable dans la pratique des tachi waza ; ils font donc partie d'une pratique régulière d'aïkidoka. Quelles qualités le pratiquant doit-il chercher à développer pour espérer acquérir le fond de l’Aïkido ? Avec humilité, je répondrais qu'il faut pratiquer en se mettant régulièrement en danger, afin de rester offensif en tant que uké et vigilant en tant que tori. Nous n'avons pas de compétition pour nous évaluer, il faut donc rester vigilant et ne pas nous contenter de ce que nous avons appris. Il faut aussi faire avec son corps qui "avance en âge" et donc le respecter si l'on veut continuer longtemps pour "aller au fond de l'Aïkido". L’Aïkido n’est-il qu’un simple art de défense ? 13 Dans les quelques forums d'associations auxquels j'ai participé, je devais souvent répondre aux personnes qui me demandaient si on pouvait se défendre avec l'Aïkido. Je leur disais : l'Aïkido vous permettra d'être bien dans votre corps, de bien gérer l'espace dans lequel vous évoluez. Mais malgré l'apprentissage des armes, il n'y a que quelques techniques rapides qui vous permettront d'immobiliser un agresseur rencontré. Si vous voulez apprendre à vous battre, l'Aïkido n'est peut-être pas le plus adapté des arts martiaux. Je pense, mais c'est beaucoup plus dur à réaliser qu'à énoncer, que ça peut aussi être un art de vivre… Comme, par exemple, pour éviter tout conflit. Désamorcer une mésentente qu'on sent arriver par une question agréable pour l'interlocuteur qu'on percevait agressif ou des petites choses comme ça. En quel sens l’Aïkido peut-il être un art de santé, de bien-être ? Je ne le pratique pas pour tel. Ce que j'aime c'est "tremper mon kimono" et repousser mes limites physiques ou mentales ! Quels sont les points essentiels que l’Aïkido doit faire passer ? Le respect de son partenaire, surtout quand il vous énerve ! Et donc la maîtrise de soi : apprendre à pratiquer avec quelqu'un avec qui ça s'est mal passé une fois n'est pas chose évidente ! Soyons honnête ! Et la fuite n'est pas non plus une solution d’"aïkidoka sincère" ! ● Propos recueillis par Albert Wrac’h Illustration Claude seyfried 1- Musaïki avec l’association irimivivace : www.irimi-vivace.fr



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