Aïki Mag n°20 jun à nov 2010
Aïki Mag n°20 jun à nov 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de jun à nov 2010

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre avec Sophie d'Auzac, l'énergie communicative.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
RENCONTRE Sophie d’Auzac C’est dans le Nord de la France que Sophie d’Auzac, 4 e dan, BE 1 er degré, s’est établie. Pratiquante passionnée, elle enseigne à tous avec une prédilection pour les plus jeunes. Toujours en recherche, elle a mis au point une méthode très personnelle avec une énergie communicative. transmission d’énergie Quand vous entendez « Aïkido » que vous vient-il immédiatement à l’esprit ? Sans réfléchir : l'Aïkido c'est l'art d'utiliser la force d'un adversaire contre lui-même. C'est aussi un art martial qui peut être pratiqué longtemps et ceci n'est pas négligeable car j'aime ça et je ne me vois pas arrêter ! Et puis cela me plaît aussi qu'il puisse être pratiqué par tout un chacun, des petits, des gros, des femmes, tous types de physique, des séniors également ! 10 De la patience et beaucoup d’attention chez Sophie d’Auzac pour ses graines d’aïkidoka. L’Aïkido commence et se termine toujours par une cérémonie formelle, en quoi cela conditionnet-il la pratique ? Le salut du début de cours, l'attente du professeur permettent de se vider la tête après une journée de travail. L'Aïkido est un art martial empreint de valeurs et j'apprécie d'avoir ce sas pour me reconnecter à sa pratique, à ses exigences. Quels senseï ont principalement influé sur votre pratique, pourquoi ? J'ai fait sept d'ans d'Aïkido enfant avec Régis Boulier qui enseignait au dojo de la Main d'Or à Paris. Il a réussi à m'emmener jusqu'au cours pour adultes. C'est
avec lui que j'ai découvert mes premières chutes enlevées, un bonheur !!! Devenue adulte il y a eu Arnault Waltz ; c'est avec lui que j'ai découvert une nouvelle dimension de l'Aïkido : sa martialité. Mon côté masculin s'est développé à son contact. Bernard Palmier m'a, lui, appris la pédagogie de l'enseignement de l'Aïkido à travers ses stages pour enseignants. J'apprécie beaucoup ses présentations de "squelettes de cours". J'ai aussi fait quelques stages avec Philippe Gouttard et j'ai adoré son entraînement physique ! Il sait donner le goût de l'effort et du dépassement de soi sur un tatami aussi bien en tant que professeur qu'en tant que partenaire ! Puis il y eut Christian Tissier qui, lui, m’a révélé son ingéniosité sur des applications de techniques ! Il y a dans sa pratique des moments où "il vous perd". Et vous vous demandez émerveillé "mais qu'a-t-il fait ? ", tout en vous promettant de tout mettre en œuvre pour essayer de reproduire ce dont vous n'avez pas saisi la subtilité !!! Il est bon d'avoir des enseignants difficiles d'accès car cela rend modeste et indique combien nous pouvons encore progresser… Tous les aïkidoka étudient les mêmes principes. S’il y a harmonie dans la forme et dans le fond, n’y a-t-il pas risque d‘uniformité ? Non car chaque enseignant développe sa propre forme de corps. Je pense d'ailleurs que c'est inévitable et heureux. Et de toutes les façons, nous restons uniques quand bien même nous apprenons les mêmes techniques : un grand, un petit, une femme ne réaliseront pas un ikkyo de la même façon ! Et c'est très bien car il y a les "virtuoses", qui nous éblouissent sur une technique, ceux qui ont laissé parler leur intuition, leur ki et qui, de fait, nous "inspire" ! C'est, je pense, dans cet esprit que Morihei Ueshiba a enseigné l'Aïkido. Sans inciter les professeurs à enseigner "leur Aïkido", il devait avoir conscience qu'ils distilleraient son enseignement avec quelques différences. La différence nous enrichit. La force de l’Aïkido ne réside pas dans la puissance musculaire mais dans une forme de relation plus subtile. Cela convient-il mieux aux femmes ? Cette question m'énerve. Oui les hommes ont potentiellement plus de force que les femmes, mais non "l'Aïkido ne convient pas mieux aux femmes", il leur convient autant ! Poser cette question c'est réduire la pratique féminine de l’Aïkido au simple fait qu'on y a moins besoin de force physique que dans d'autres arts martiaux. Ce qui me plaît c'est de pouvoir me confronter avec des hommes justement ! Alors que dans d'autres arts martiaux les compétitions se font par sexe, nous avons la chance de pouvoir simuler des combats avec le sexe masculin !!! C'est ça qui est intéressant par rapport à la différence de force musculaire des hommes et des femmes ! La composante martiale de l’Aïkido ne vous dérange-t-elle pas ? Au contraire, je la recherche ! Il est difficile de ne pas s'endormir et de ne pas tomber dans l’imitation du professeur. Même si c'est très bien qu'il n'y ait pas de compétitions en Aïkido, il est difficile de rester attaquant. Nous oublions vite de rester offensifs lorsque nous fatiguons, lorsque nous perdons un instant notre concentration… C'est avec un partenaire de même force ou de niveau 11...Le salut du début de cours, l'attente du professeur permettent de se vider la tête. L'Aïkido est un art martial empreint de valeurs et j'apprécie d'avoir ce sas pour me reconnecter à sa pratique, à ses exigences... égal que j'aime le plus travailler car je peux tout donner, quitte à avoir des bleus, et tant mieux ! C'est la mise en danger qui est bonne, agréable : je sais qu'en attaquant avec franchise, vélocité et beaucoup d'engagement, je risque de prendre un coup ailleurs que là où il était "convenu" que je le reçoive. Mais au moins, nous aurons réellement simulé l'engagement d'un combat. Donc, heureusement qu'elle existe cette martialité car sinon nous ne ferions que des simulations, de la représentation vide de sens. C'est cette martialité qui nous force à nous mettre en danger dans notre train-train d'aïkidoka et qui nous fait progresser. Car, sans se mettre en danger, on reste sur ses acquis, mais on ne progresse pas ; c'est d'ailleurs également vrai dans la vie, pas uniquement sur le tatami ! Trés facétieux, les jeunes aïkidoka dans la peau du « piranha », mais très sérieux aussi quand il s’agit de suivre et d’appliquer les conseils techniques de Sophie.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :