Aïki Mag n°2 jui à oct 2001
Aïki Mag n°2 jui à oct 2001
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jui à oct 2001

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : Saotome Mitsugi, l'harmonie dans la pratique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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entretien anne-marie porcino C’est la curiosité qui a poussé « Nanou » Porcino à passer la porte d’un dojo. Le Judo d’abord, la rudesse des combats, convenait parfaitement à son dynamisme sportif. Après quelques années consacrées à la danse elle découvre l’Aïkido, une voie d’harmonie qu’elle ne quittera plus. Plus de 20 années de pratique, aujourd’hui 4ème dan, elle enseigne à Marseille où son enthousiasme ne laisse personne indifférent. 8 La fidélité à un sensei ou à une école vous paraît-elle nécessaire ? Au départ, quand on aborde une nouvelle discipline, il est parfois difficile de trouver le senseï avec qui l'on va pratiquer. L'affinité entre ces 2 personnes est importante, la méthode qu'il va employer pour faire aimer ou découvrir ce qu'il enseigne vous conviendra ou non, sa personnalité vous séduira ou vous repoussera. Mais lorsqu'on a trouvé son senseï, il faut essayer d'y rester fidèle. J'ai eu la chance de commencer avec Lilou Nadenicek il m'a insufflée sa passion et transmis son savoir pendant des années. J'ai aussi découvert un autre aspect de l'Aïkido avec Denis Martin. Tous deux m'ont enseignée un Aïkido qui appartient à la même école, mais avec une approche différente. J'ai également suivi avec beaucoup d’intérêt les stages internationaux de Christian Tissier. Durant toutes ces années, j'ai suivi une même école, issue de la pensée de Kishomaru Ueshiba et de Yamaguchi Seigo. Ces grands maîtres japonais ont légué leur savoir, leur passion à mes senseï et c'est tout naturellement que je suis restée fidèle à cette école née de la passion et du goût du perfectionnement. Le respect de l’étiquette est particulièrement important en Aïkido, cela doit-il avoir une influence sur le quotidien du pratiquant ? Lorsqu'on rentre pour la première fois dans un dojo, on sent immédiatement une ambiance différente de celle des clubs de sport. Puis l'on fait ses premiers pas sur le tatami, LES ARMES NATURELLES DU COEUR on est un peu perdu avec le regard assez timide. Alors viennent les anciens qui vous guident et répondent à vos interrogations muettes et vous parlent des principes, de l'étiquette. Comment monter sur le tatami, le salut en début de cours, comment inviter un partenaire. Enfin tous ces gestes, attitudes et pensées qui nous font découvrir, pas seulement un art martial où la force physique prime, mais aussi une philosophie, une voie où respect, reconnaissance, échange, entraide, tiennent une place fondamentale. Cette philosophie imprègne peu à peu notre for intérieur et dérange notre ego, alors bien des questions commencent à se poser. L'orgueil, l'égoïsme, l'égocentrisme font loi dans notre monde moderne, mais ils n'ont pas leur place dans les cours d'Aïkido et ne peuvent que dénaturer la pensée de Maître Ueshiba. Si nous voulons évoluer et progresser et là, je parle de la technique, il faudra être modeste, accepter les corrections de nos anciens et même parfois des débutants qui, gênés par leur propre corps, se placent comme ils peuvent et c'est alors qu'on effectue notre mouvement malgré toutes ces difficultés présentes. Partager notre savoir, mettre en confiance notre partenaire et l'aider à réussir. Toutes ces leçons que nous prenons dans les cours doivent nous servir dans notre vie quotidienne, et c'est de cette façon que l'Aïkido passera les limites des dojos pour faire partie intégrante de notre vie. La mixité dans la pratique de l’Aïkido surprend bien des observateurs ; pour vous
les femmes ont-elles leur place sur le tatami parmi les hommes ? Le temps est bien loin où les arts martiaux n’étaient réservés qu’aux hommes. A cela, il y avait une raison : les guerres féodales. Eux seuls combattaient et sacrifiaient leur vie sur les champs de bataille. Force bestiale et violence faisaient loi. De nos jours les guerres ont bien changé et je vois très mal, même les pratiquants les plus émérites se battrent contre des chars et des missiles. Alors l'idée que seuls les hommes ont leur place sur un tatami, équivaut à penser que nous en sommes restés à cette époque féodale. De nos jours, les arts martiaux ne sont plus pratiqués dans ce but, mais pour suivre une voie, un travail sur le corps et l'esprit, où l'on recherche toujours à entrer en harmonie avec soi-même, dans nos gestes, nos actions, nos pensées et avec les autres pour dépasser ces relations conflictuelles qui ne font que s’intensifier dans notre mode moderne. La présence des femmes en constante progression dans la pratique des arts martiaux en est bien la preuve. Il est vrai que l'Aïkido de par sa nature spirituelle attire un nombre toujours plus grand de femmes, mais n'est-ce pas à travers cette échange que l'Aïkido continuera son évolution, la force intrinsèque de l'homme accouplée à la souplesse, à la non violence de la femme. Force tranquille, non opposition, souplesse, caractéristiques bien féminines, n'est-ce pas ça l'Aïkido. Contrôle, immobilisation, projection,toute technique demande au pratiquant d’acquérir une bonne stabilité physique et mentale. 9



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