Aïki Mag n°2 jui à oct 2001
Aïki Mag n°2 jui à oct 2001
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jui à oct 2001

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : Saotome Mitsugi, l'harmonie dans la pratique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
aïkido Uke en extension, avec ses bras agissant comme des ressorts afin de se replier avant de se détendre à nouveau. Il doit inspirer lorsque Uke l'attrape, et expirer en renvoyant la force d'Uke. Son esprit doit rester souple et réceptif. Kokyu Tanden Ho n'est pas un exercice réclamant un esprit de compétition entre les partenaires, ce n'est pas un concours de force. Uke fournit suffisamment de force pour solliciter Nage, mais sans aucun excès, car alors l'exécution de l'exercice deviendrait impossible. Nage ne doit pas chercher à projeter Uke, mais doit se servir de cet exercice pour étudier l'équilibre, la respiration, et l'union des énergies physiques et mentales. Ainsi, au fur et à mesure de votre progression, vous découvrirez que la force de votre adversaire travaille à votre avantage. Et cela parce que Kokyu Tanden Ho travaille sur le principe du Musubi. En absorbant l'énergie et en la retournant, on aboutit à la combinaison des énergies de Uke et de Nage. Nage dispose ainsi de sa propre force, mais aussi de celle de Uke. Plus Uke résiste et mobilise sa force, plus l'outil dont dispose Nage sera important. Cette circularité de l'énergie est l'essence du Musubi. Vous devez appliquer les principes du Musubi lorsque vous vous entraînez, lors de l'exécution de Mitsugi Saotome s’est imprégné des principes fondamentaux de l’Aïkido comme Uchi deshi de Morihei Ueshiba. 6 Kokyu Tanden Ho, mais également dans chacune de vos techniques d'Aïkido. C'est Musubi qui vous permettra d'atteindre ce point où votre taille et votre force ne feront plus la différence dans votre habileté à exécuter la technique. Si vous échouez dans votre approche du Musubi, dans son intégration dans vos techniques, vous resterez toujours à la merci de la force des autres, vous serez toujours en danger de retomber dans la lutte et la compétition. O Senseï répétait encore et toujours à ses élèves que les principes qui gouvernent la nature sont les mêmes que ceux qui gouvernent l'Aïkido. Un petit oiseau peut voler dans un vent léger, mais il ne peut lutter contre son souffle. Il doit se servir de la force du vent pour aider sa progression. Vous pouvez piloter avec succès un petit bateau sur une mer démontée, mais uniquement si vous connaissez la façon de prendre les vagues. De la même façon, l'étudiant d'Aïkido doit apprendre à recevoir la force et à la transformer en alliée plutôt que de la combattre. C'est la sagesse, et c'est la réalité du Musubi. PRATIQUE ET CONFIANCE Alors que vous continuez à vous entraîner, votre habileté à utiliser les principes du Musubi doit s'accroître. Le débutant a besoin du contact physique pour ressentir le contact physique entre son partenaire et lui-même. Le pratiquant avancé apprend à maintenir cette connexion avec de moins en moins de contact physique. Certaines techniques peuvent même être exécutées sans le moindre contact physique. La pratique quotidienne augmente votre capacité à vous relier non seulement avec les personnes avec qui vous pratiquez, mais également avec tout le monde, parce que cette pratique élargie votre vision, votre intuition et votre sensibilité. Dans votre vie quotidienne, il y a moins de contacts physiques avec les autres, mais les leçons de votre entraînement peuvent être appliquées de façon profitable dans votre relation aux autres, et votre relation avec toute l'humanité. Ce processus de vous libérer de vos aveuglements, de permettre à votre conscience de s'épanouir, d'inclure tout ce qui se présente, ce processus la ne doit jamais prendre fin. Pour conclure, rappelez-vous que pour atteindre le Musubi dans votre pratique, vous devez établir des relations de confiance avec vos partenaires d'entraînement. Sans confiance, vous ne pouvez pratiquer l'Aïkido. Les Bujutsu anciens formaient des combattants redoutables, mais ils ne prônaient pas nécessairement l'illumination de l'esprit. La plupart du temps, les élèves des Bujutsu étaient sévèrement punis, cela développait en eux une méfiance exacerbée, une conscience paranoïaque, une mentalité de bagarreur de rue. Le propos de l'Aïkido, au contraire, est d'élever l'esprit, de l'améliorer, de gagner la force à travers la sagesse, et non à travers la brutalité. C'est pourquoi le processus « Vous devez appliquer les principes du Musubi lorsque vous vous entraînez, lors de l'exécution de Kokyu Tanden Ho, mais également dans chacune de vos techniques d'Aïkido. » de l'entraînement en Aïkido est si important. Par l'éducation graduelle qu'il reçoit, l'étudiant de l'Aïkido perfectionne son habileté et en vient à demander un entraînement plus sévère. La signification de son entraînement est alors modifiée. Les chutes brutales, les frappes sèches ne sont plus des instruments de menace, mais des outils qui servent à améliorer l'habileté du pratiquant. La différence entre les Bujutsu anciens et l'Aïkido dans la sévérité de l'entraînement est la même qu'entre un incendie de forêt et un feu de forge contrôlé. Le premier détruit, déforme et tue. Le second, avec une chaleur et une intensité égale, améliore le métal brut, le façonne, et le transforme en objet de beauté. Les pratiquants d'Aïkido doivent toujours se rappeler que le but de leur entraînement ne vise pas à intimider le partenaire, ou à masquer leur ego par une auto-indulgence lorsque le partenaire progresse. Il vise à les pousser au dépassement de soi, à une recherche de progression permanente. Si ces qualités de confiance, de coopération, d'ouverture d'esprit et de générosité dans la pratique de l'Aïkido permettent à ses pratiquants de rejeter la peur qui les limite, qui inhibe leurs capacité à agir avec les autres, si ces qualités les conduisent à gagner la confiance en eux-mêmes, à se mettre en communication harmonieuse avec les autres, alors le Musubi est accompli. Sans le Musubi, l'Aïkido n'est plus l'Aïkido, mais une technique de combat comme n'importe quelle autre. Mitsugi SAOTOME The Principles of Aïkido Traduit de l’américain par Christophe Champclaux
ON L’APPELAIT PROFESSEUR Ceux qui avait connu Jean Zin l’appelait ainsi car il refusait le titre de maître qu’il réservait strictement à Jigoro Kano fondateur du Judo et à Morihei Ueshiba, fondateur de l’Aïkido. Cet homme remarquable, à qui le Judo provençal et l’Aïkido français ne lui doivent rien d’autre que la vie, s’est éteint à l’âge de 86 ans, le 8 février dernier à Marseille. Né à Padoue en 1915, cet émigré italien a servi pendant la deuxième guerre sous le drapeau français et c’est en 1942 que ce grand gaillard (1,85m, 81kg), fit sa première rencontre avec le Judo. En effet, cette année là on proposait à une ligne de sous-officiers désœuvrés de se mesurer à un petit homme aux yeux bridés d’à peine 1,60 m… Comme tous ses collègues il se retrouva illico au tapis… Convaincu et enthousiasmé il décida de consacrer sa vie à cet art martial. En 1946 il fut ceinture noire de Judo puis sa soif de victoire lui ramènera plus de 280 titres et trophées au cours de sa carrière. En 1945 il fit partie d’un petit groupe qui déposa les statuts de la Fédération Française de Judo et Disciplines Associéesqui sera homologuée en 1946. A l’origine de la création de la ligue du Sud-est de Judo, il fonde en 1947 son propre club à Marseille : Le Judo Club de Provence. En 1952, il rencontrait un deuxième petit Japonais qui le marqua autant que le premier, un certain Tadashi Abe, venu du Japon avec une nouvelle discipline, l ‘Aïkido. Cela l’emballa autant que le fit le Judo quelques années auparavant, et il décida « donner sa chance » à cette dernière ; il hébergea donc cet expert dans un studio du rez-de-chaussée de son club où des experts de Judo avaient déjà séjourné (Ichiro Abe, Kenchiro Abe, Fukami). Par la suite d’autres experts japonais occuperont ce logement prés du Vieux Port de Marseille, les maîtres Noro, Nakazano, Tamura. Enfin, l’Aïkido français grâce à Jean Zin prenait ses marques « AÏKIDO, la référence des mouvements de base ». Dans cette K7 réalisée lors de ses séjours au Japon par Alain Guerrier 6è dan de l’Aïkikaï, vous pourrez voir O sensei Morihei Ueshiba montrant des techniques de base avec sesuchi-dechi de l’époque, T. Abé, K. Tohei, K. Ueshiba entre autres, mais également les plus grands maîtres de l’Aïkikaï, K. Osawa, S. Yamagushi, M. Saotome, M. Hikitsuchi etc. dans leurs démonstrations respectives. L’intention du réalisateur est de créer une référence didactique, en montrant les mouvements par O senseï puis tels qu’ils sont enseignés par ses élèves directs : « J'ai pu filmer quatre années consécutives tous les sensei que je désirais. Dans le montage que je viens de terminer sur ordinateur, j’ai fait précéder les sensei de l’Aïkikaï par O’Sensei lui-même. J’ai également filmé les démonstrations qui se déroulaient lors des Kagami-Biraki (fêtes de tous les dojos de budo en début d’année) ». VHS, PAL, durée 35 mm. 250 Frs. À commander auprès de l’auteur au : 0494531400 infos infos sur le sol français et Marseille était après Tokyo, la deuxième ville au monde ou l’on pratiquait l’Aïkido.De tous ces experts, seul Tamura sensei est resté dans la région. En Aïkido, Jean Zin a obtenu le shodan, le nidan, ainsi que le sandan (22-04-58) et le yondan (22-04-67) de l’Aïkikaï. En 1973, il est nommé dans l’ordre national du mérite. Après avoir mis en place plus de 400 dojos, et formé plus de 450 ceintures noires, il fêtera le 28 mai 1996, ses 50 ans de ceinture noire de Judo. Jean Zin avait dédié une phrase à ses deux maîtres Shozo Awazu et Mikinozuke Kawashi : « L’arbre qui a donné toutes ses graines peut disparaître, la forêt le remplacera… » Cette phrase, l’ensemble du Judo et de l’Aïkido français peut et doit la lui retourner. Nous ne te disons pas Adieu mais simplement Au Revoir, les 500000 licenciés de Judo, les 60000 licenciés d’Aïkido, graines issues de ton arbre formeront la forêt que tu as déjà entrevue et essaimeront pour former à leur tour quelques bosquets. Ces pratiquants, tous quelque part tes « enfants » ont perdu un père spirituel. Suzanne Moustier 4ème dan d’Aïkido. Présidente de la Ligue de Provence FFAAA HISTOIRE DE L’AÏKIDO 50 ans de présence en France Par Guy Bonnefond et Louis Clériot Cet ouvrage extrêmement complet, remarquable de précision, est indispensable à tout aïkidoka désireux d’être en harmonie avec l’histoire en France de l’Art martial qu’il pratique. Édité par Budo Éditions, HISTOIRE de L’AÏKIDO, 318 pages, format 215 X 300, est vendu 190 F - 28,95 Euros (broché) ou 240 F - 36,60 Euros (relié), dans toutes les bonnes librairies. Disponible sur commande à la FFAAA (frais de port : 30F par livre) EN KIOSQUE : Le nouveau dossier spécial AÏKIDO qui donne une large place au Doshu Moriteru Ueshiba ainsi qu’à Yamaguchi sensei et Christian Tissier entre autres, est actuellement disponible chez votre marchand de journaux. 7



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :