Aïki Mag n°19 déc 09 à mai 2010
Aïki Mag n°19 déc 09 à mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de déc 09 à mai 2010

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : kinomichi, au regard de la tradition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Aïkido baissée le reste de la technique. Il n’y a pas de communication entre les deux partenaires. Or, une attitude soumise n’aide en rien tori à progresser. En aucun cas il ne s’agit de vouloir formater uke, mais de lui apprendre des règles de base. On ne peut pas attaquer n’importe comment ! On ne prête pas impunément son corps sans se prémunir, sans vigilance et sans savoir exactement ce qu’on a à faire, bref sans être en garde et sans se protéger. Il est hors de question de nous accabler de tous les maux, puisque uke c’est nous… pourtant il serait si simple de restaurer ce dialogue… tout au moins sur le papier. Nous savons d’où nous venons… mais où allons-nous ? 18 Nous savons d’où vient l’Aïkido : d’un Japon médiéval récent où une vie ne valait rien, d’un passé guerrier, de techniques de combat d’origines très différentes, structurées par O’Sensei seulement depuis une cinquantaine d’années. Nous sommes passés entre 1900 et 1950 de l’Aikijutsu à l’Aïkido, c'est-àdire d’un art martial de survie à un rituel convenu et c’est tant mieux. Mais ce grand nettoyage a considérablement lifté les différents arts martiaux, sans parler ici des techniques secrètes disparues, des compétitions, des règles, des catégories de poids etc… Cette adaptation n’a-t-elle pas endormi notre vigilance. À me lire, on pourrait peut être croire que je regrette la réalité de la violence d’antan…Pas du tout. Il faut bannir la violence quelle que soit son origine, mais restaurer la communication authentique entre tori et uke et insister sur le réalisme. Notre Aïkido ressemble souvent à une discussion dans laquelle notre interlocuteur se contente de hocher la tête en disant oui, oui !... Même s’il est nécessaire de répéter inlassablement les mouvements, il faut toujours avoir à l’esprit cette communication permanente, « d’avant le début jusqu’après la fin », le zanshin. Nous savons d’où vient notre Aïkido… Mais savons-nous où nous allons ? Maintenant que nous sommes au courant de tout grâce ou à cause d’internet, nous nous rendons compte de tous les différents courants qui existent aujourd’hui. Certains ont changé de nom et travaillent avec sincérité autre chose, d’autres ont renoué avec une brutalité démesurée utilisant uke comme de la chair à canon, d’autres encore sont les garants d’une certaine tradition japonaise. L’Aïkikaï est la source et le point d’encrage où il est bon de s’abreuver lorsqu’on doute. Quant à notre fédération, le travail entrepris depuis une quinzaine d’années est énorme. Et il se confirme dans les capacités d’enseignement et la pédagogie des enseignants en partie grâce à l’école des cadres. Mais une question doit être posée. Quel Aïkido voulons-nous pour demain, pour les nouvelles générations… ? Que voulons nous transmettre ? Un aïkidoka vigilant Nous aussi, c'est-à-dire vous, moi, à la fois tori et uke, nous pouvons contribuer à cette évolution en pensant davantage à notre ancêtre préhistorique ou, si vous préférez, à ce piéton vigilant, pour améliorer certains aspects de notre pratique : - Redéfinir et revaloriser le rôle d’uke (zanshin), le rendre plus réaliste notamment dans l’attaque, le suivi de l’action en essayant de récupérer son centre, sans passivité. Il faut tendre à ce que uke comme tori soient en vigilance tout au long de la technique. Vigilance ne veut pas dire tension musculaire… - Expliquer le rôle de l’atemi (zanshin), la sincérité du coup porté, dans le but de décentrer l’attaquant. Un atemi, ou une simulation d’atemi, en Aïkido, doit entraîner la réaction espérée qui est, en général, un décentrage d’uke et non pas un retrait ou une fuite de ce dernier… Ici aussi nous sommes passés de « l’atemi jutsu » à « l’atemi do ». L’agressivité n’est illustration : Claude Seyfried
pas de mise, c’est plus une prise de distance par rapport à un uke fougueux. C’est aussi une manière de faire comprendre à uke qu’une attaque n’est jamais anodine et qu’elle entraîne toujours une réaction, quelle qu’elle soit. - Utiliser davantage le regard (zanshin) pour rectifier son attitude, ses hanches et ne pas perdre de vue l’adversaire. - Revenir plus souvent à la source des armes qui nous aide à activer davantage notre vigilance et à comprendre d’où viennent certaines techniques. - Privilégier le relâchement et le placement, oublier la force. Si tori utilise la force c’est que le placement n’est pas ajusté. - Etre à l’écoute de l’autre pour modifier son attaque ou sa défense, en fonction du niveau des protagonistes. - Travailler sur les ouvertures et fermetures, les contres (kaeshi), de temps en temps, dans le but d’affiner la lecture du mouvement et découvrir d’éventuelles failles, non pas pour s’y engouffrer violemment, mais pour faire progresser tori. Le kaeshi nous apprend à comprendre que rien n’est jamais acquis, qu’il faut savoir accepter de s’être trompé, changer de trottoir, rentrer dans une nouvelle spirale pour peut-être mieux la contrôler. « Une bonne attitude, une bonne posture reflètent un bon état d’esprit » disait O´sensei. L’homme préhistorique avait-il de l’humour ? Pour enlever un peu de sérieux à ce texte, j’ajouterai à la vigilance, l’adaptation et l’anticipation une autre qualité qui nous différencie des autres mammifères à quatre pattes. Je ne sais pas si les hommes préhistoriques en étaient pourvus, quoique, peut-être davantage que certains d’entre nous quand nous oublions les préceptes d’O sensei « toujours pratiquer l’art de la paix d’une manière vibrante et joyeuse », c’est l’humour, l’autodérision, capable bien souvent de désamorcer des conflits plus sûrement que notre Aïkido. Savoir se défendre et attaquer c’est bien, apprendre à gérer des situations conflictuelles sans combattre c’est mieux et c’est, sans doute, la finalité de notre pratique. La vigilance, l’adaptation et l’anticipation nous éviteront de nous mettre en mauvaise posture pour aller à l’essentiel. Si nous ajoutons l’humour, nous serons des homo sapiens aïkidoka joyeux ! Olivier Rousselon, enseignant d’Aïkido, Iaïdo et Taichi Chuan. Conserver Transmettre Protéger Le FIPAM, Fonds International pour la Préservation des Arts Martiaux, vient d’être créé. Cet organisme non gouvernemental ouvert à tous, dont Thierry Plée est le Président-fondateur, a plusieurs objectifs très concrets comme la collecte et la conservation d’archives (documents, films, enregistrements, livres), la création d’un musée des arts martiaux, etc.. Un Conseil de Sages a été créé, en son sein, réunissant les plus grands noms parmi les pionniers, et leurs successeurs, des arts martiaux de France comme d’ailleurs. Des colloques de réflexion seront organisés (en 2010 le thème en sera « violence, société et arts martiaux »). Programme à découvrir sur : www.fipam.org LES SECRETS DU REIKI Brian Cook Dans la collection « Les chemins de l’énergie et de la santé » un petit livre qui propose d’utiliser l’énergie vitale pour vous aider à réaliser pleinement votre potentiel à tous les niveaux. vous y trouverez les bonnes postures et les bons gestes pour aider à votre guérison et celle de ceux qui vous entourent. Guy Trédaniel Éditeur, 64 pages, illustré, 7,90 € ZEN SHIATSU et les mouvements intérieurs du corps Danielle Iwahara-Chevillon Dans ce livre les néophytes découvriront le Shiatsu d’une manière complété et unique, tandis que les praticiens avertis verront se dévoilér les richesses infinies de cet art. L’auteure qui enseigne et pratique le Shiatsu depuis 1980, a été formée à l’institut Iokai au Japon auprès de Shizuto Masunaga. Guy Trédaniel Éditeur, pages, € AIKIDO Progression Aïkikaï Moriteru Ueshiba Partant des points techniques les plus élémentaires, Moriteru Ueshiba présente les clés pour reconnaître la position correcte des mouvements. Un ouvrage fondamental tant pour le novice que pour le pratiquant confirmé. Budo Éditions, 196 pages, très illustré, 36 € 19 LIRE VOIR ÉCOUTER Bien vivre, c’est simple ! Le ki, la santé et vous Par Tôhei Koichi Selon la tradition sino-japonaise, nous avons tous, humains, animaux, végétaux, une énergie vitale appelée ki. Tout est manifestation du ki. C’est la force de vie principale de l’univers. Cela signifie que bien utilisée, cette énergie peut nous conserver un bon équilibre ainsi qu’une certaine joie de vivre. L’auteur, Tôhei Koichi 10 e dan, a été un des aïkidoka les plus proches de Morihei Ueshiba, le fondateur de l’Aïkido. Budo Éditions, 160 pages, 13,50 €



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