Aïki Mag n°19 déc 09 à mai 2010
Aïki Mag n°19 déc 09 à mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de déc 09 à mai 2010

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : kinomichi, au regard de la tradition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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rencontre Hubert Boucniaux grades ; chacun peut ainsi évaluer les avancées de son travail. Il ne s’agit pas là d’une compétition, d’ailleurs aucune sorte de compétition ou rivalité n’existe ou ne doit exister en Aïkido. C’est un des fondements de notre art. Mais, à terme, c’est valorisant et bon pour la confiance en soi quand vos professeurs vous octroient une promotion au grade supérieur. J’aime faire passer des grades kyu car cela me permet de mesurer les points forts et les faiblesses de mes élèves et donc d’adapter ma pédagogie. Quelle place faites-vous au travail des armes en Aïkido ? Les armes sont des amplificateurs de défauts. La pratique avec armes permet de matérialiser le centrage, la distance. Avec le ken par exemple, on n’a pas le droit à l’erreur ; il oblige celui qui le tient à rester concentré sans relâche. De plus, tout le travail avec armes se retrouve dans la pratique à mains nues. Enseignez-vous les armes à tous les pratiquants, enfants comme adultes ou seniors ? Oui, quel que soit l’âge, l’arme dans l’Aïkido est un outil pédagogique indispensable. Les enfants les adorent, elles favorisent la prise de conscience des techniques tout en les aidant à se concentrer. Vous êtes très présent au plan fédéral, sur le terrain également où tous les aïkidoka du Nord de la France, entre autres, vous connaissent. Pourquoi autant d’investissement dans la ligue, le Collège Technique, etc. ? Tout d’abord j’aime donner, j’aime partager et, plus particulièrement, je veux aider les jeunes. À travers les structures fédérales mises à notre disposition, nous formons le futur de la ligue. J’ai le temps de le faire et j’aime l’Aïkido, alors pourquoi ne pas m’investir. Il faut aimer donner sans rien attendre en retour, c’est mon cas. 14 Pourquoi, au bout de 37 ans, pratiquez-vous avec toujours autant de ténacité ? Cela fait maintenant 33 ans que j’enseigne et 37 que je pratique. Sur le tatami, dans le dojo et même hors du dojo j’éprouve toujours le même bonheur à vivre l’Aïkido. Je vis rarement un cours sans faire une nouvelle découverte aussi bien sur le plan des techniques à mains nues qu’avec armes. Bientôt 40 années d’Aïkido et j’ai toujours envie de continuer avec beaucoup de plaisir dans cette recherche permanente. Sans doute est-ce dû à l’extrême richesse du contenu de cet art merveilleux qu’une seule vie ne suffira jamais à appréhender entièrement. Comment voyez-vous votre rôle d’enseignant ? Comme je vous l’ai dit, je fais tout ce que je peux pour aider les élèves. Pour les passages de grades je les suis d’un bout à l’autre. Le jour fatidique de l’examen je les accompagne car c’est mon rôle d’être à leurs côtés, de les soutenir même si, bien entendu, je ne peux et ne veux pas me substituer à eux sur le tatami. S’ils acceptent mes réprimandes et la « dureté » que je leur impose dans la préparation, je me dois d’être avec eux jusqu’au bout du parcours, c’est un contrat moral. Pour les plus jeunes, l’enjeu est de les mettre en situation, en confiance et de leur faire découvrir tous les aspects de la rigueur dans la discipline. Vous êtes très entouré, pourquoi avez-vous autant d’assistants dans vos clubs ? Je pense qu’il faut avoir une bonne équipe d’assistants pour être le plus efficace possible, d’abord parce que nous avons des groupes d’enfants, des seniors… donc beaucoup de cours et des niveaux différents. Les assistants sont une aide pour l’organisation et l’encadrement. De plus, prendre quelqu'un comme assistant c’est lui reconnaître une certaine valeur, non seulement technique mais aussi humaine et pédagogique. L’Aïkido a-t-il, à vos yeux, évolué durant toutes ces années ? Oui beaucoup, le mien déjà, car aujourd’hui à 70 ans je ne peux plus pratiquer comme il y a 35 ans. Je mets toujours beaucoup de puissance mais moins
de force avec plus de finesse et de technique. Il y a 35 ou 40 ans, au temps de l’UNA, l’Aïkido était plus dur, plus physique. De nos jours notre pratique est, pourrait-on dire, plus harmonieuse. Il y a toujours autant de ki mais certainement plus de aï dans notre do. Avec le temps la pratique a évolué et cela montre bien toute sa vigueur, son pouvoir d’adaptation. Cela témoigne bien de ce que l’Aïkido n’est pas un art passéiste mais en perpétuelle recherche. Nous évoluons tous, Christian Tissier ne travaille certainement plus comme il le faisait dans les années 70… Quel est pour vous la finalité de l’Aïkido après toutes ces années de pratique ? C’est difficile à dire, ce qui est certain c’est que j’y prends plaisir depuis des années et, énorme avantage avec l’Aïkido, c’est que l’on peut pratiquer même en prenant de l’âge. On a bien des petites séquelles, des douleurs par ci par là mais je pense que c’est...Tout doit être important pour l’aïkidoka quand il entre dans un dojo. Le plaisir de pratiquer, le respect et la recherche de la perfection technique... Pour Hubert Boucniaux la transmission est un devoir au cœur de sa pratique. secondaire car, si je n’avais pas fait d’Aïkido où en serais-je à l’heure actuelle ? C’est une discipline qui nous oblige à une hygiène de vie salutaire. Le fait de pratiquer quasiment tous les jours me pousse à être meilleur chaque jour. L’Aïkido n’empêche pas de vieillir mais permet de bien vieillir. Qu’attendez-vous aujourd’hui de l’Aïkido ? Incontestablement de pouvoir continuer à pratiquer le plus longtemps possible, à chercher, à progresser, à faire progresser l’autre et y trouver toujours autant de plaisir. L’Aïkido est un échange et comme je travaille avec des élèves beaucoup plus jeunes que moi c’est un échange qui est toujours enrichissant. Quel regard portez-vous sur votre passé de pratiquant ? Je peux quand même dire que je suis relativement heureux de mon passé, de ma "carrière" d'aïkidoka. Sur l'aspect technique j'ai commencé l'Aïkido dans des conditions difficiles. Le club qui m'a permis de préparer mon shodan était à Cambrai, à 70 kms de chez moi, la discipline étant très peu développée à l’époque dans la région Nord. J'aurais peut-être pu aller plus loin et, à un moment de ma vie, j'ai bien pensé préparer le BE2 pour essayer d'avancer plus dans la discipline, de prendre plus de responsabilités dans la ligue, dans la fédération, mais mon travail ne me le permettait pas et j'ai dû faire le choix de conserver mon travail pour ma famille. De plus, j'ai respecté tout au long de mon parcours le principe du bénévolat que je m’étais imposé. Aujourd’hui l’envie de pratiquer, de chercher et d’améliorer mon enseignement est toujours la même. 15 Au plan relationnel l'Aïkido m'a énormément apporté. J'ai toujours donné sans rien exiger en retour. Parfois on a des élèves qui ne restent qu’une, deux ou trois saisons et qui, pour des raisons plus ou moins évidentes, arrêtent. Cela peut donner l'impression que l'on a fait un gros travail pour rien, mais au fond on a beaucoup donné. Quand on a un retour positif c'est très fort ; tous ces efforts ne sont pas vains. Si ce n'est pas le cas, il faut rester philosophe et aller de l'avant... Quel message voudriez-vous faire passer aux jeunes générations de pratiquants ? Je ne peux que les encourager à persévérer dans la pratique de l'Aïkido. Pour eux, aujourd’hui, il est plus facile de trouver une structure qu'aux temps de mes débuts. Il suffit d'aller sur le web et l'on trouve un club près de chez soi en quelques clics. Il faut pratiquer l'Aïkido mais surtout il faut encourager les jeunes à avoir une activité physique et sportive. Certes, nous pratiquons non pas un sport mais un art martial dans lequel nous faisons du sport, mais il y a un aspect majeur dans notre art sans compétition : le développement d’un mental fort et d’une aptitude au contact. Cet aspect relationnel est de plus en plus négligé à l'heure actuelle dans notre société. Il me semble que l'Aïkido peut être un très bon vecteur de communication entre les hommes. ● Propos recueillis par Fabien Foulon Photos avec l’aimable autorisation de David Imadouchéne et William Souvembrie



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