Aïki Mag n°19 déc 09 à mai 2010
Aïki Mag n°19 déc 09 à mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de déc 09 à mai 2010

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFAAA

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : kinomichi, au regard de la tradition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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les armes du budo Le tanto courte mais efficace De tous temps les couteaux ont été présents et utilisés dans le contexte martial, tant en Occident qu’en Orient. Le tanto, arme blanche courte japonaise, de sacrifice ou de combat, que l’on retrouve dans l’Aïkido, a été magnifié par les samouraï qui ne s’en séparaient jamais. LLe tanto (couteau) est une composante essentielle des arts de combat. De par ses caractéristiques d’arme blanche particulièrement compacte, mais également silencieuse, il est d’une effroyable efficacité (port discret, rusticité de fabrication, dissimulation et port légitime facilités) et demeure d’une redoutable dangerosité entre les mains d’un combattant entraîné. De tous temps, les couteaux ont été représentés et utilisés dans le contexte martial, tant en Occident qu’en Orient. Pour les entraînements « modernes » en club, on utilise généralement des copies en bois et permettre un travail en sécurité. Mais il est vrai que les législations et le mode de vie occidental ne permettent plus de se promener en tous temps et tous lieux porteur d’un couteau, indépendamment d’habitudes localisées tenaces (Laguiole, couteau suisse, Opinel, etc.). Il reste cependant, qu’en France, le port d’un couteau tombe sous le coup de la législation sur les armes ! Il est vrai que l’arme blanche reste un moyen redoutable de porter atteinte à autrui tant la discrétion et le danger réel sont importants. Ce n’est pas un hasard si d’innombrables exemples d’attentats réussis ou non ont été perpétrés avec un couteau comme ceux contre feu Nobusuke Kishi (Premier Ministre), Inéjiro Asanuma (chef de parti) ou Kazuo Nagano (Président de Toyota)… Tout samouraï portait un ensemble de trois armes à la ceinture, le daisho, composé d’un sabre long (katana) d’un sabre court (wakizashi) et d’un couteau (tanto). Il constituait avec le chignon caractéristique de la caste des guerriers les signes distinctifs qu’ils avaient, seuls, le droit de porter. Ces armes avaient toutes une fonction particulière et leurs port et transport faisaient l’objet d’une réglementation et d’une étiquette précises, en fonction du rang du porteur. Si le samouraï devait se séparer de son katana dans l’enceinte des palais, il conservait ses tanto et wakizashi pour se défendre. Constitution du tanto Fabriqué par un maître forgeron, la lame des tanto est généralement constituée d’un seul tenant (méthode muku-gitai outsukuri) et, exceptionnellement, Quelques exemples de tanto, en acier ou en bois, utilisés aujourd’hui dans la pratique avec armes de l’Aïkido. 10 selon la méthode des replis utilisée pour les katana (Tamagane et Shingane). La lame (yaïba) est dotée d’un tranchant (ha), d’une pointe (kissaki - boshi), d’un dos (mune), d’une soie (nakago) elle-même dotée d’un trou destiné à la cheville de fixation (mekugi-ara). Le tranchant pouvait avoir deux trempées (yakiba) qui se distinguent par la ligne de trempe éventuelle… On observe deux formes de section de lame (hasaki) : soit dotée de deux flancs plats (jigane), soit pourvue d’une arête latérale (shinogi). Les tanto étaient montés avec un sabot de lame (habaki) en cuivre et, pour certains, avec une garde (tsuba) placée entre deux rondelles (seppa) de cuivre. La poignée (tsuka) comprend le corps recouvert de peau de requin (same) et une tresse de soie (tsuka-ito) qui
Trois réponses à une attaque tsuki qui montrent bien l’efficacité du tanto dans le combat. maintient le menuki et terminée par la kashira. La liaison entre la poignée et la soie est assurée par une cheville de bois (mekugi). Le fourreau (saya), toujours réalisé en bois laqué ou gainé, est doté d’un orifice en forme de bouche de carpe (koiguchi), parfois d’un système d’attache pour le maintien à la ceinture par le biais d’un cordon (sageo) inséré dans un passant (kurigata). Le cas échéant il comportait un ou deux logements latéraux pour recevoir un petit couteau (kozuka) ou un poinçon (kogaï). Il est intéressant de noter que les lames de type jigane permettaient une meilleure coupe tandis que celles de type shinogi étaient plus solides. Les différents types de tanto L’idéogramme tanto se décompose en deux parties, tan (court) et to (katana, sabre, lame, etc). Ce terme désigne ainsi l’ensemble des différents types de couteaux dont la lame est inférieure à un shaku (303mm). Il existe différents types de tanto : hamidashi, poignard avec une garde épaisse, koshigana, poignard avec une garde épaisse et un fourreau terminé par une proéminence arrondie (XVI e), aikichi, poignard dépourvu de garde (fin XVIII e) plus particulièrement utilisé par les personnes d’un certain rang sous les Tokugawa, les religieux et les dames de cour, kaiken, petit poignard fin porté en permanence dans le obi ou les manches du kimono par les femmes, destiné à leur permettre de pratiquer le suicide rituel plutôt que d’être prise vivante, c'est-à-dire de s’ouvrir la carotide selon les précises règles en vigueur, himogatama, poignard en forme de stylet réalisé d’une seule pièce de métal, dans un fourreau fin constitué d’une tige de bambou. Intérêt et logique du travail aux couteaux Comme nous l’avons précédemment écrit, la place des armes dans l'Aïkido est l'objet d'un vif débat. Les techniques à mains nues occupent donc généralement l'immense majorité du temps d'étude. Le Tanto jutsu est une composante des arts martiaux japonais consistant à utiliser différents types de couteaux et comporte en premier lieu la maîtrise de l’arme en tant que telle, c'est-à-dire l’apprentissage des techniques d’attaques associées à la connaissance des points vitaux et des dégâts importants susceptibles d’en découler… Cette arme très légère ne peut être efficace que comme arme de taille (coupes rapides et peu profondes) et d’estoc (entailles en pique profondes). En second lieu, le Tanto jutsu inclut l’ensemble des techniques de travail au couteau contre un adversaire armé de l’ensemble des armes du champ de bataille japonais, mais également de travail avec ou sans arme contre un adversaire armé d’un couteau (buki waza). Ce travail fondamental reste disparate tant l’approche peut s’avérer différente selon les écoles : Ce pragmatisme ancestral forcené vise à reproduire des techniques réalistes et efficaces dans le but de sauver sa vie et de détruire définitivement l’agresseur. Ce travail se retrouve essentiellement dans les écoles anciennes au niveau des programmes supérieurs (gokui et okuden) des écoles concernées comme 11 la Kubo ryu qui n’utilise que des aïkuchi dépourvus de garde et la Shinkage ryu qui l’utilise conjointement à la naginata et uniquement à l’usage des femmes. Il s’agit d’un entrainement spécifique des plus réalistes, basé sur des attaques authentiques, mais réservé aux professionnels de la sécurité (police, gendarmerie, armée, etc.). Ce travail se retrouve essentiellement dans les disciplines populaires auprès de ces pratiquants dont les enseignants sont le plus souvent issus comme le Yoseikan budo et le Michi wa enseignant la composante de buki dori mais également celle du buki waza (arme contre arme), etc. En conclusion, nous pouvons constater que l’ensemble des écoles, qui se revendiquent directement ou indirectement du principe aïki, englobe, à côté de la pratique de techniques manuelles, une maîtrise de diverses armes, dont les couteaux (tanto). Elles justifient par ailleurs largement une certaine intimité entre ces deux composantes, en référence au caractère authentiquement martial de leur origine… Toutefois, cette exigence permanente ne se retrouve pas toujours dans Deux superbes les programmes généraux tanto des passages de grades, en d’époque dans général à partir du 2 e dan, leur fourreau selon les écoles. en bois Elle se fait plus volontiers au laqué avec sein d’écoles ancestrales (ryu) incrustations. ou dans d’autres entités plus modernes vers lesquelles nous renvoyons le pratiquant intéressé. ● Jean-Pierre Vallé Tora budokan-Académie de budo-bujutsu



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